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Le ver de terre : auxiliaire indispensable au jardin 

ver de terre

Le poids des vers de terre en France serait vingt fois supérieur à celui de la population française. Ce chiffre étonnant nous laisse deviner le travail colossal et indispensable que peuvent accomplir ces ouvriers de l’ombre.

Incursion sous terre pour mieux comprendre le rôle crucial du ver de terre au jardin, et surtout comment préserver (et booster) cette armée silencieuse qui transforme un sol « dur et pauvre » en terre vivante.

Le ver de terre

  • Ils représentent 70 % de la biomasse terrestre.
  • On en dénombre 150 espèces en France et 5000 espèces dans le monde.
  • C’est un invertébré.
  • Il ne possède ni œil ni oreilles.
  • Le ver de terre est pourvu de cinq cœurs.
  • Il est hermaphrodite.

Un corps complexe :

En France, le ver de terre mesure entre 30 et 40 cm. Son corps longiligne est plus complexe qu’il n’y paraît.

Ver de terre

Un corps en anneaux, une peau qui respire, un mucus protecteur : tout est pensé pour la vie sous terre.

  • Il est constitué d’anneaux recouverts de poils (soies) qui l’aident à se déplacer et à s’ancrer dans le sol.
  • Les micro-orifices présents sur sa peau lui permettent de respirer, car il n’a pas de poumons. Cette peau est visqueuse et recouverte d’un mucus qui l’empêche de se déshydrater.
  • À chaque extrémité de son corps se trouve un anneau important. Le plus fin, c’est la tête. Le plus gros, c’est l’anus.
  • Au milieu de ce corps, on trouve un anneau plus gros, mou et de couleur violacée (le clitellum). Il intervient dans la reproduction.

Le saviez-vous ?

Si l’on coupe un ver de terre après l’anneau reproducteur du côté de l’anus, il pourra vivre, car tous ses organes vitaux se trouvent de l’anneau reproducteur à la tête. Dans le cas contraire, il mourra.

En aucun cas, un ver de terre coupé en deux ne repousse comme on l’entend parfois.

Rôle et utilité du ver de terre

Leur présence au jardin indique que la qualité du sol est bonne, car le ver de terre ne se plaît pas dans un milieu acide, sableux, aride, labouré ou nu.

  • Le ver de terre est un véritable tube digestif. Son anneau le plus fin (équivalent à sa tête) se nourrit de matières organiques, de végétaux en décomposition, de bactéries, de champignons et de protozoaires sans jamais s’attaquer aux cultures.
  • Son anneau le plus gros (anus) rejette cette nourriture sous la forme d’une terre fine appelée turricules.

Les turricules :

Les excréments des vers de terre participent à l’enrichissement des sols et à la fertilisation des plantes. Ils sont riches en magnésium, en azote, en phosphore, en calcium et en potassium. On les observe sur les pelouses sous la forme de petits tortillons.

  • On peut utiliser cette terre fine et riche pour le rempotage des plantes (en petite proportion, mélangée à un terreau), ou comme « top-dressing » au pied de certaines cultures gourmandes.

 

Ver de terre utilite jardinUn partenaire du jardinier très productif :

On trouve environ deux cents vers de terre au m2 sous une profondeur de deux à quatre mètres.

  • En se nourrissant, ils recyclent les matières organiques et accélèrent la transformation des déchets végétaux en humus.
  • Ils labourent sans relâche, fertilisent et structurent les sols, participant activement à la bioturbation (mélange naturel des couches du sol).
  • En creusant des galeries, ils permettent une meilleure pénétration des eaux de pluie, une meilleure aération des racines et une circulation plus efficace des nutriments.
  • Les galeries profondes des anéciques servent de « drains » naturels : elles limitent le ruissellement et améliorent la résistance du sol aux périodes de sécheresse.

Pourquoi ils rendent le potager plus facile à cultiver

  • Sol plus meuble : moins de croûte de battance, plus de porosité, donc des semis plus réguliers.
  • Racines plus profondes : les jeunes racines suivent les galeries et s’installent mieux, même en sol lourd.
  • Meilleure réserve en eau : un sol vivant retient plus d’humidité utile, tout en évacuant l’excès.
  • Fertilité plus stable : l’humus produit par le travail des vers agit comme une « éponge » à nutriments, qui les libère progressivement.

Attirer les vers de terre au jardin

Certains éléments sont propices à la présence des vers de terre au jardin.

  • Les débris végétaux comme les feuilles mortes.
  • Le fumier fait leur délice (bien composté ou très mûr, pour éviter les excès).
  • Les sols argileux et frais.
  • Le renouvellement et le changement de variétés dans les plantations.

Les gestes qui fonctionnent vraiment

  • Ne laissez pas le sol nu : un paillage (paille, feuilles, tonte sèche, BRF composté) protège du soleil, garde l’humidité et nourrit la faune.
  • Réduisez le travail du sol : préférez la grelinette, le croc, le simple griffage en surface. Moins on retourne, plus les galeries restent stables.
  • Apportez du compost mûr régulièrement, en fine couche : c’est un « carburant » continu, mieux qu’une grosse dose ponctuelle.
  • Semer des engrais verts (phacélie, moutarde, vesce, trèfle) : les racines structurent et nourrissent le sol.
  • Arrosez intelligemment : les vers fuient les sols trop secs. Un arrosage profond, moins fréquent, plus un paillage, crée un milieu stable.

Le jardin idéal pour les vers de terre doit respecter le cycle des saisons avec ses temps de repos et un entretien réfléchi. Il faut conserver des zones sauvages.

Conseils du jardinier – FAQ

  • Pourquoi je n’ai presque pas de vers de terre dans mon potager ?
    Les causes les plus fréquentes sont un sol nu, des arrosages irréguliers (sol qui sèche), un travail du sol trop agressif, ou un sol très acide et pauvre en matière organique. La solution la plus simple est d’apporter du compost mûr et de pailler.
  • Les vers de terre sont-ils compatibles avec le potager « propre » (sans feuilles, sans paillis) ?
    Très difficilement. Un sol propre et nu se réchauffe, se dessèche, et manque de nourriture. Pour des vers de terre actifs, il faut une litière : paillis, débris végétaux, engrais verts.
  • Peut-on en « introduire » en achetant des vers ?
    Ce n’est pas la meilleure approche si le milieu n’est pas favorable. Il vaut mieux rendre le sol accueillant (compost, paillis, moins de bêchage). Les vers viendront ensuite d’eux-mêmes ou se multiplieront.
  • Les turricules sur la pelouse, c’est un problème ?
    Non, c’est plutôt un signe de sol vivant. On peut les étaler au râteau si l’aspect gêne, mais ils participent à l’enrichissement. Des turricules très nombreux peuvent indiquer une forte activité après pluie et une terre riche en matière organique.
  • Les vers de terre mangent-ils les racines des légumes ?
    Non. Ils se nourrissent surtout de matière organique en décomposition et de micro-organismes. Ils peuvent « déplacer » de la terre autour des racines, mais ils ne sont pas responsables d’attaques sur les cultures.

©Christian Dahlhaus


Écrit par Lydie Dronet | En immersion dans le monde animalier depuis plus de 20 ans, Lydie partage son expérience et son expertise. Ses autres sujets de prédilection, la nutrition et les vertus des plantes.