Angraecum sesquipedale : l’étoile de Madagascar, orchidée mythique au parfum nocturne
Le genre Angraecum réunit près de 200 espèces d’orchidées, toutes originaires d’Afrique tropicale, des Comores et de Madagascar. Un genre tout à fait étonnant qui abrite une vedette dont la découverte a notamment longtemps fait polémique parmi les biologistes : l’Angraecum Sesquipedale. Celle que l’on appelle aussi l’étoile de Madagascar ou grande comète, fait partie des plus belles espèces malgaches existantes, et offre de surcroît un parfum envoûtant !
L’étoile de Madagascar en résumé :
Nom latin : Angraecum Sesquipedale
Nom commun : étoile de Madagascar, grande comète
Famille : Orchidaceae
Genre : Angraecum
Type : épiphyte
Origine : Madagascar
Hauteur : 1 m
Port : monopodial
Floraison : juillet à novembre
Couleur des fleurs : blanc ivoire à verdâtre
Rempotage : tous les 3 ans
Exposition : très lumineuse
Rusticité : non rustique
Substrat : sans, ou spécial orchidée épiphyte
Utilisation : pot, panier, plaque
Multiplication : division des rejets
L’orchidée Angraecum Sesquipedale
L’étoile de Madagascar est une orchidée épiphyte (qui croît sur d’autres plantes). De croissance lente et monopodiale (un seul pied), elle peut atteindre jusqu’à 1 m de hauteur. Elle produit des feuilles allongées à bouts arrondis, et de nombreuses racines aériennes.
Une floraison spectaculaire et une silhouette élégante, portée par un feuillage robuste et des racines aériennes actives
Ses hampes florales, d’une à trois fleurs, se forment à l’aisselle des feuilles principales et font leur apparition à partir du mois d’avril, alors que les premières fleurs ne s’ouvrent qu’au début du mois de juillet. Des fleurs qui arborent alors une couleur blanche à légèrement verdâtre. La disposition des trois sépales et des pétales forme une grande étoile à six branches, à l’origine du nom commun de cette orchidée. À partir du label, ces fleurs produisent également un éperon long de 25 à 30 cm dont la base est remplie de nectar.
Par ailleurs, la floraison exceptionnelle d’Angraecum Sesquipedale exhale un agréable parfum capiteux à la tombée de la nuit.
Un parfum qui prend des notes de vanille à la fin de leur vie (c’est-à-dire au bout d’environ 1 mois), alors que les fleurs se fanent et prennent peu à peu une teinte brune.
Pourquoi cette orchidée est-elle si particulière ?
Parmi les orchidées de collection, Angraecum sesquipedale occupe une place à part. D’abord, parce qu’elle est très graphique : une fleur large, régulière, presque géométrique, mise en valeur par la sobriété du feuillage. Ensuite, parce qu’elle est olfactive. Contrairement à de nombreuses orchidées dont le parfum est discret, l’étoile de Madagascar embaume réellement, surtout en soirée, quand la température retombe et que l’air se charge d’humidité.
Enfin, elle est célèbre pour son éperon extrêmement long. Dans la nature, cet éperon est une adaptation destinée à un pollinisateur capable d’atteindre le nectar tout au fond. Pour l’amateur, c’est surtout un indicateur : lorsque la plante est bien cultivée, l’éperon est ferme, bien formé, et la fleur garde sa tenue plusieurs semaines.
Comprendre sa croissance : monopodiale, lente, mais régulière
Le port monopodial signifie que la plante pousse par le sommet, en allongeant son axe principal, et en produisant des feuilles successives de part et d’autre. Elle ne forme pas de pseudobulbes comme beaucoup d’orchidées sympodiales. Cette particularité explique deux points importants :
la plante aime la stabilité (emplacement, orientation, arrosage, lumière) ;
elle n’apprécie pas d’être trop souvent manipulée, surtout au niveau des racines.
Sa croissance lente n’est pas un défaut. Elle traduit une stratégie de plante épiphyte, adaptée à un milieu où l’eau arrive par intermittence et où l’ancrage se fait sur un support (tronc, branche). En culture, l’objectif est de reproduire ce rythme : alternance d’humidification, d’aération, et de lumière abondante.
Entretien de l’étoile de Madagascar
Emplacement et exposition
Non rustique, l’étoile de Madagascar ne doit jamais être exposée à des températures inférieures à 13°C. Dans l’idéal, installez-la dans une pièce maintenue à une température comprise entre 18 et 25°C.
Des boutons qui se développent lentement. Une lumière forte et une hygrométrie stable favorisent une floraison réussie
Par ailleurs, Angraecum Sesquipedale a besoin d’une exposition très lumineuse pour prospérer. En particulier en hiver, où elle doit être exposée au plein soleil. Durant l’été, préférez l’installer en situation lumineuse, mais sous un soleil tamisé aux heures les plus chaudes du jour. Une bonne luminosité est une des conditions à la floraison.
Exposition en intérieur
Près d’une fenêtre très lumineuse, idéalement orientée est ou sud-est.
Éviter les courants d’air froid (fenêtre entrouverte en hiver, porte d’entrée).
Éviter la proximité immédiate d’un radiateur, qui assèche l’air et déshydrate les racines aériennes.
Substrat
S’agissant d’une orchidée épiphyte, la grande comète préfère une culture aérienne en panier (gros sujets) ou sur plaque de Liège (petits sujets), à la culture en pot.
Si vous n’avez pas d’autres choix que de cultiver votre Angraecum Sesquipedale en pot, utilisez alors un substrat bien drainé spécial orchidée épiphyte, composé d’un mélange bien tassé d’écorces et de sphaigne.
Pot, panier, plaque : que choisir ?
Le choix du support influence directement la fréquence d’arrosage et la santé racinaire.
Plaque : très naturel, mais exigeant. Il faut brumiser souvent et maintenir une hygrométrie élevée.
Pot : possible, à condition d’être très vigilant sur le drainage et l’aération. Un pot trop grand ou un substrat trop compact favorise l’asphyxie racinaire.
Arrosage de Angraecum Sesquipedale
En culture aérienne, il est important de brumiser votre étoile de Madagascar tous les jours avec de l’eau non calcaire, afin de maintenir un taux d’hygrométrie élevé.
Si elle est cultivée en pot, bassinez-la une fois par semaine, toujours avec de l’eau non calcaire et à température ambiante.
Le bon rythme, selon la saison
Printemps-été : croissance active. Arrosages plus fréquents, brumisations régulières, et bonne aération. Le support doit sécher entre deux apports, sans rester détrempé.
Automne : ralentissement progressif. On espace légèrement, sans laisser la plante se déshydrater.
Hiver : lumière maximale, arrosages plus espacés, mais hygrométrie surveillée. Une plante en intérieur chauffé peut nécessiter des brumisations même en hiver si l’air est sec.
Engrais
Du printemps à l’été, des apports réguliers en engrais sont également utiles, à raison d’un tous les quinze jours. En automne, optez pour un engrais moins azoté qu’à la belle saison, et stopper vos apports durant l’hiver.
En pratique, mieux vaut un engrais faiblement dosé mais régulier qu’un apport trop concentré. Rincez de temps en temps à l’eau claire pour limiter l’accumulation de sels, surtout en culture en pot.
Taille
Une fois que les fleurs ont fané, couper les hampes florales. Vous pouvez également supprimer les feuilles jaunies et les racines mortes.
Rempotage de l’orchidée
Si nécessaire, rempotez votre étoile de Madagascar tous les 3 ans après sa floraison. Attention toutefois, car les racines des Angraecum n’apprécient pas du tout d’être perturbées, et la plante peut mettre du temps à refleurir après l’opération.
Signes de bonne santé
Ce qui indique que tout va bien
Feuilles fermes, épaisses, vert soutenu, sans rides marquées.
Racines aériennes actives, qui verdissent rapidement après brumisation.
Croissance régulière au niveau de l’apex, avec apparition de nouvelles feuilles sur la saison.
Les erreurs fréquentes
Manque de lumière : plante qui végète, feuilles très vert foncé, floraison absente.
Substrat trop humide : racines qui brunissent, odeur de “moisi”, feuilles qui se ramollissent.
Air trop sec : racines aériennes qui se dessèchent, feuilles qui se plissent malgré un arrosage correct.
Chocs de température : boutons qui avortent, croissance stoppée.
Multiplication : division des rejets
La multiplication se fait principalement par division des rejets lorsqu’ils sont suffisamment développés. Comme la plante est monopodiale, cette opération reste plus rare que chez des orchidées à pseudobulbes. Il faut attendre que le rejet dispose de ses propres racines et qu’il soit assez robuste. Une division trop précoce affaiblit durablement la plante mère.
Conseils du jardinier – FAQ
Pourquoi mon Angraecum ne fleurit-il pas ?
La cause la plus fréquente est un manque de lumière. En deuxième cause, une instabilité des conditions (déplacements, variations de température, air trop sec) peut empêcher l’induction florale.
Faut-il absolument le cultiver sur plaque ou en panier ?
C’est préférable, car la plante est épiphyte et aime l’air autour des racines. En pot, c’est possible avec un substrat très drainant, un arrosage maîtrisé et une excellente aération.
À quelle fréquence brumiser ?
En culture aérienne, souvent, surtout si l’air est sec. L’objectif est de maintenir une hygrométrie confortable sans détremper durablement. En pot, la brumisation complète l’arrosage mais ne remplace pas un bon cycle humide-séchage.
Les racines aériennes sont-elles normales ?
Oui. Elles sont essentielles. Elles captent l’humidité et participent à la nutrition. Il ne faut pas les couper sauf si elles sont clairement mortes.
Le parfum est-il toujours présent ?
Il est surtout perceptible le soir et la nuit, et varie selon la température, l’hygrométrie et l’âge de la fleur.
Écrit par Solenne Ricard | Diplômée d'Art et passionnée de botanique, Solenne a choisi d'utiliser sa sensibilité aux questions environnementales pour écrire sur les plantes et le jardinage. Cette amatrice de bonne cuisine cultive son potager en permaculture et utilise ses récoltes pour concocter quotidiennement de petits plats bio et écolos. Rédactrice confirmée, boulimique de littérature et amoureuse du beau, elle dévore tous les livres à sa portée.