Calla palustris : l’arum des marais, une vivace aquatique élégante, même à l’ombre
L’arum des marais Calla palustris peut être placé à l’ombre tout en donnant de jolies fleurs de milieu aquatique. Cette plante vivace émergente est l’une des rares “aracées” capables d’apporter une vraie présence décorative dans une zone humide fraîche, là où beaucoup d’espèces végètent. Son feuillage en cœur, sa spathe blanche autour d’un spadice jaune-vert, puis ses baies rouges très visibles, en font une plante à la fois graphique et lumineuse, particulièrement intéressante au bord d’un bassin naturel, d’une tourbière ou d’un fossé lent.
Souvent méconnue, elle mérite pourtant sa place dans les jardins d’eau : elle tolère l’ombre, s’étend avec mesure par rhizomes et peut former, au fil des années, de beaux tapis très naturels. À condition de lui offrir ce qu’elle demande : un sol acide, riche en humus, et surtout jamais sec.
Calla palustris est une plante vivace émergente. Originaire des régions froides et tempérées de l’hémisphère nord, elle pousse naturellement dans les tourbières et les étangs. Les feuilles sont en forme de cœur. La floraison en début d’été donne une spathe blanche qui encercle le spadice jaune-vert. Le fruit est constitué d’une grappe de baies rouges, comme pour la plupart des arums. Fleurs et fruits sont voyants.
D’ailleurs, à l’ombre, cet arum palustre n’a pratiquement pas de concurrence et il peut former des groupes denses.
Lecture “expert” (ajout) : on classe Calla palustris parmi les plantes émergentes, c’est-à-dire capables de vivre avec le rhizome dans un sol saturé d’eau ou sous une faible lame d’eau, tout en gardant ses feuilles et ses fleurs hors de l’eau. C’est précisément ce qui la rend si utile en bordure : elle fait la transition entre la zone aquatique et la berge, sans demander de taille, ni de “nettoyage” permanent.
Stop : l’arum des marais est une espèce protégée en France. Ainsi, il est interdit de la ramasser directement dans la nature. Achetez des plantes en jardinerie.
Plantation de l’arum des marais
La plantation de Calla palustris doit intervenir le plus rapidement possible après l’achat. Le commerce propose le plus souvent la plante en pot, mais parfois en racines nues. Les plantes à racines nues peuvent être plantées par temps froid ou à chaque fois que le sol n’est pas gelé.
Les pots sont disponibles généralement au printemps, de début mai à juin, et ceux d’automne, de fin août à septembre.
Plantez le contenu du pot dans des sols acides, riches en humus, boueux (humides) à mi-ombre.
Les plantes tolèrent presque complètement l’ombre, mais peuvent devenir faibles et maigres.
Les plantes peuvent croître dans de l’eau peu profonde (jusqu’à 5 cm au-dessus du collet) avec des feuilles hors de l’eau.
N’enfoncez pas le rhizome à plus de 10 cm de profondeur.
Espacez chaque plant de 20 cm au moins.
La zone de plantation préférée est une tourbière, des marais, des périphéries d’étang, des bords de cours d’eau lents.
Plantation de l’arum des marais : sol humifère, boueux, et lumière douce
Conseils de pro (ajout) : pour réussir durablement, le point clé n’est pas “l’eau” au sens large, mais la stabilité de l’humidité. Calla palustris supporte très bien un sol saturé, mais supporte mal les alternances “trempé puis sec”. Si votre bord de bassin descend fortement en été, installez la plante un peu plus bas (toujours en gardant les feuilles hors d’eau) ou créez une petite cuvette avec une terre riche en matière organique qui reste fraîche plus longtemps.
Sol et pH (ajout) : cette espèce affectionne les substrats acides à neutres (tourbeux, riches en humus). En sol franchement calcaire, elle peut dépérir. Au besoin, améliorez la zone avec un mélange de terre de bruyère, compost de feuilles, fibre de coco ou sphaigne, et évitez les amendements calcaires autour.
Culture et entretien
La culture des arums ne demande aucun entretien quand le sol reste constamment humide, voire mouillé. En conséquence, laissez faire la nature une fois que les plants sont en place.
Toutefois, un paillis léger est nécessaire lors des hivers extrêmement froids et sans neige. L’arum des marais ne survivra pas à une période de sécheresse.
Entretien pratique : au jardin, le geste le plus utile est souvent un paillage organique (feuilles mortes, compost de feuilles, écorces fines non calcaires) qui maintient la fraîcheur et nourrit le sol en se décomposant. En bord d’eau, évitez simplement les paillis trop “flottants” qui partent au premier coup de vent ou de crue.
En pot aquatique : si vous cultivez Calla palustris en panier ou dans un bac, utilisez un mélange lourd (terre argileuse + compost de feuilles), recouvrez de gravier pour éviter la remontée de particules, puis placez le contenant à faible profondeur. Surveillez l’été : un pot peut sécher plus vite qu’une berge naturelle.
Multiplication du calla palustris
Calla palustris se propage naturellement par ses graines et ses rhizomes, sans rien faire de plus.
Semis :
Cette espèce peut être lente à germer avec un semis de graines. En effet, des mécanismes de dormance empêchent la graine de germer. Le jardinier doit briser cette dormance avant que les graines ne poussent. Aussi, interrompez artificiellement la dormance des graines par une réfrigération prolongée des graines humides.
De plus, elle atteint souvent difficilement la maturité à partir d’un semis. Les graines de cette espèce doivent être conservées au frais pendant l’hiver (y compris au réfrigérateur).
Une approche moins compliquée consiste à laisser la nature gérer la stratification par un semis dormant, en semant des graines à la surface d’un site sans mauvaises herbes à la fin de l’automne ou en hiver. Alors nichées en toute sécurité sous la neige, les graines seront conditionnées par les intempéries pour permettre la germination au cours des saisons de croissance suivantes. Notez que la première floraison peut demander 2 à 3 ans.
Division :
La méthode la plus simple au jardin consiste à diviser un rhizome au printemps (ou en fin d’été dans les régions fraîches), en prélevant un tronçon portant au moins un bourgeon.
Replantez immédiatement dans un sol boueux et riche : la reprise est meilleure si le rhizome ne sèche jamais, même quelques minutes.
Maladies et soucis de l’arum des marais
Pas de problèmes d’insectes ou de maladies graves.
À surveiller malgré tout : en culture, les soucis viennent surtout de conditions inadaptées : substrat trop calcaire, sol qui sèche, eau stagnante “chaude” et pauvre en oxygène dans un petit bassin, ou concurrence trop agressive de certaines vivaces de berge. Dans ces cas, la plante s’épuise, devient “maigre” et fleurit moins.
À propos des arums des marais
L’espèce Calla palustris ressemble à Zantedeschia aethiopica. Attention à ne pas confondre Calla et Caltha, notamment Caltha palustris. Les deux genres sont aquatiques mais les plantes sont assez différentes malgré la proximité (et confusion possible) des noms.
Le nom du genre vient vraisemblablement du mot grec kallos qui signifie beauté. L’épithète spécifique signifie « l’amour des marais ».
Associations de berge (ajout) : pour composer une scène cohérente, associez Calla palustris à des plantes aimant les sols acides et frais : Osmunda regalis (osmonde royale), Carex (laîches), Primula japonica, Iris de milieux humides (selon pH), ou encore des mousses et sphaignes en tourbière. L’objectif est de créer un “microclimat” humide et ombré qui limite la concurrence des plantes plus gourmandes en lumière.
Feuillage en cœur et floraison en spathe : une silhouette très graphique en zone humide
Toxicité du calla des marais
Toutes les parties de la plante (comme pour la globalité des arums) sont toxiques. L’ingestion provoque une douleur intense dans la bouche. Les symptômes comprennent des brûlures et un gonflement des lèvres, de la bouche, de la langue et de la gorge. Cela finit par provoque une difficulté à parler. Le principe toxique est constitué par la présence de cristaux d’oxalate de calcium.
Précaution : manipulez la plante avec des gants lors d’une division ou d’un nettoyage, surtout si vous avez la peau sensible. Et évitez de l’implanter près des zones de jeux si de jeunes enfants ont tendance à porter des baies ou des feuilles à la bouche.
Conseils du jardinier – FAQ
Peut-on vraiment cultiver Calla palustris à l’ombre ?
Oui. La mi-ombre et l’ombre lumineuse lui conviennent très bien, surtout si le sol est riche et humide. En ombre dense, elle peut pousser, mais la plante devient parfois plus “allongée” et moins florifère.
Quelle profondeur d’eau accepte-t-il ?
Il peut pousser en eau peu profonde, typiquement jusqu’à environ 5 cm au-dessus du collet, avec le feuillage hors de l’eau. Au-delà, la plante s’affaiblit généralement.
Pourquoi mon arum des marais dépérit en été ?
La cause la plus fréquente est une zone qui s’assèche (même brièvement). Un substrat trop calcaire ou trop pauvre en humus peut aussi bloquer sa croissance. Stabilisez l’humidité et enrichissez avec matière organique non calcaire.
Faut-il le tailler ou enlever les feuilles ?
Non. Laissez le feuillage se gérer : il nourrit les rhizomes. En fin de saison, vous pouvez simplement retirer les parties abîmées si elles deviennent inesthétiques.
Est-il dangereux pour les animaux et les enfants ?
Oui, la plante est toxique (oxalate de calcium). Les baies rouges attirent l’œil : installez-la avec prudence et privilégiez une zone peu accessible.
Comment le multiplier facilement ?
Le plus simple est la division de rhizomes (au printemps). Replantez immédiatement dans un sol boueux riche, sans laisser sécher.