Vous rêvez de récolter des pommes, des poires, des cerises ou des prunes directement dans votre jardin ? Pour profiter de belles récoltes dans les années à venir, tout commence par une plantation réussie de vos arbres fruitiers. Bonne nouvelle : cette opération est à la portée de tous les jardiniers, à condition de respecter quelques règles essentielles.
Choix de la période, préparation du sol, profondeur de plantation, arrosage et tuteurage : voici 7 étapes pour planter un arbre fruitier et lui donner les meilleures chances de bien s’enraciner.
Le meilleur moment pour planter dépend de l’espèce, du climat et du conditionnement de l’arbre.
Pour les arbres fruitiers à racines nues, comme les pommiers, poiriers, pruniers et cerisiers, la plantation s’effectue généralement de novembre à mars, pendant le repos végétatif, hors périodes de gel et lorsque le sol n’est pas détrempé.
La plantation d’automne présente un avantage : les racines peuvent commencer à s’installer avant la reprise de végétation au printemps.
Les arbres vendus en conteneur peuvent être plantés sur une période plus large, mais il est préférable d’éviter les fortes chaleurs, les sécheresses et les périodes de gel.
Attention aux agrumes : citronniers, orangers et mandariniers sont plus sensibles au froid. Dans les régions où les gelées sont possibles, leur plantation en pleine terre se fait plutôt au printemps, lorsque les températures sont suffisamment douces.
Avant d’acheter un arbre fruitier, assurez-vous qu’il convient au climat de votre région et aux caractéristiques de votre sol.
Le choix du porte-greffe est également important : il influence notamment la vigueur de l’arbre, son développement et son adaptation au terrain.
Un jeune arbre d’un ou deux ans reprend souvent plus facilement qu’un sujet âgé, notamment lorsque son système racinaire est en bon état.
Vérifiez enfin ses besoins en pollinisation : certaines variétés de pommiers, poiriers ou cerisiers nécessitent la présence d’une autre variété compatible pour produire des fruits.
Si vous envisagez de planter plusieurs arbres fruitiers, préparez leurs emplacements dès l’automne et renseignez-vous sur leur vigueur et leurs besoins en pollinisation avant l’achat. Un arbre bien choisi et planté au bon endroit demandera moins d’interventions par la suite et pourra produire pendant de nombreuses années.
La plupart des arbres fruitiers apprécient une exposition ensoleillée, indispensable à la maturation des fruits.
Choisissez si possible un emplacement bénéficiant d’environ six heures de soleil direct par jour, voire davantage pour les espèces les plus exigeantes.
Privilégiez également un endroit :
Évitez les fonds de terrain où l’air froid peut s’accumuler au printemps, car les fleurs des fruitiers peuvent être endommagées par les gelées tardives.
Une bonne préparation du terrain favorise l’installation des racines.
Commencez par retirer les mauvaises herbes et ameublir la terre sur une surface suffisamment large. Creusez ensuite un trou d’environ deux fois la largeur du système racinaire ou de la motte, sans le faire inutilement profond.
Le fond doit permettre à l’arbre de reposer sur une terre stable, afin d’éviter qu’il ne s’enfonce après la plantation.
Si le sol est pauvre, vous pouvez incorporer une quantité modérée de compost bien mûr à la terre de surface. Évitez toutefois de remplir le trou uniquement avec du terreau : les racines doivent pouvoir coloniser naturellement la terre du jardin.
Dans une terre lourde et régulièrement gorgée d’eau, améliorer le drainage global ou planter sur une légère butte peut être préférable à un simple apport de gravier au fond du trou.
La plantation varie légèrement selon que l’arbre est vendu à racines nues ou en conteneur.
Faites tremper la motte si elle est sèche, puis retirez délicatement le pot. Si les racines forment un chignon très serré, desserrez-les avec précaution avant la mise en terre.
Placez la motte de manière à conserver le collet au niveau approprié, généralement proche de celui qu’il occupait dans le conteneur.
Dans tous les cas, veillez à ne pas enterrer le point de greffe. Il doit rester au-dessus du niveau du sol, selon les recommandations propres au fruitier et à son porte-greffe.
Un jeune arbre fruitier peut avoir besoin d’un tuteur pour rester stable pendant son enracinement, notamment dans les jardins exposés au vent.
Pour un arbre à racines nues, installez le tuteur avant de replacer les racines afin d’éviter de les endommager.
Utilisez une attache souple, qui maintient le tronc sans le comprimer. Le tuteur doit stabiliser l’arbre tout en lui permettant de légers mouvements.
Ajoutez ensuite une couche de paillage organique autour du pied pour conserver l’humidité et limiter la concurrence des mauvaises herbes.
Laissez toutefois quelques centimètres libres autour du tronc afin d’éviter une humidité permanente contre l’écorce.
Une fois l’arbre planté, réalisez un arrosage copieux pour mettre la terre en contact avec les racines et éliminer les poches d’air.
Durant les premières années, surveillez régulièrement l’humidité du sol, particulièrement au printemps et en été.
Il vaut généralement mieux arroser suffisamment pour humidifier la zone racinaire, puis laisser le sol ressuyer, plutôt que de multiplier de très petits arrosages superficiels.
La fréquence dépend de la météo, de la nature du sol et de la taille de l’arbre. Même un fruitier planté en automne peut avoir besoin d’eau lors de son premier été.
Enfin, retirez les branches cassées ou endommagées, mais évitez les tailles sévères systématiques à la plantation. La taille de formation doit être adaptée à l’espèce fruitière et à la forme recherchée.
Quelques erreurs fréquentes peuvent ralentir la reprise d’un jeune arbre fruitier :
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.