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Astragale (Huang qi) : ce que l’herboristerie chinoise en fait et comment la préparer
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La racine d’astragale, séchée et coupée en lanières beiges, s’utilisé surtout en décoction longue ou glissée dans un bouillon. Cette fiche rassemble l’essentiel : quelle partie de la plante, sous quelle forme, combien de temps la faire frémir, quel goût attendre, et surtout les situations dans lesquelles il vaut mieux s’en abstenir.
Nord de la Chine, provinces du Sichuan et du Yunnan ; forêts de pins, estuaires et rivages d’Asie
Goût
Doux, légèrement sucré, boisé, avec une pointe de haricot sec ; jamais amer
La racine séchée, seule partie employée en herboristerie
Ce qu’on lui prête
L’astragale occupe une place ancienne dans la médecine traditionnelle chinoise, où elle est classée parmi les plantes dites toniques. Voici ce que la tradition et l’herboristerie lui attribuent :
La médecine traditionnelle chinoise la considère depuis plus de deux millénaires comme un tonique général, employé pour accompagner les périodes de fatigue et de convalescence.
Les herboristes la présentent volontiers comme une plante de terrain, que l’on prend sur des périodes espacées plutôt qu’en réaction immédiate.
En pharmacopée chinoise, la racine entre dans la composition de la formule traditionnelle « Yu Ping Feng San » (« poudre du paravent de jade »), réputée pour accompagner les personnes sujettes aux refroidissements à répétition, aux affections respiratoires saisonnières et aux terrains sensibles aux allergies.
Au XIXe siècle, une école de médecine américaine a contribué à faire connaître la racine d’astragale en Occident, dans cette même logique de plante tonique.
La naturopathie lui prête un intérêt pour les personnes âgées ou affaiblies, et l’associe souvent à une reprise de l’appétit.
On lui attribue traditionnellement un rôle de soutien de l’organisme lors des changements de saison, en cures ponctuelles plutôt qu’en usage continu.
Ces usages relèvent d’un savoir traditionnel : ils ne constituent ni un traitement ni un avis médical.
Comment l’employer
La racine d’astragale est fibreuse et dure : elle ne libère rien en simple infusion de cinq minutes. Il lui faut de l’eau frémissante et du temps.
La décoction, la forme de base
Comptez environ une cuillère à soupe de racine séchée coupée (ou deux ou trois lanières) pour un demi-litre d’eau froide.
Portez à ébullition, puis baissez le feu et laissez frémir à couvert un bon quart d’heure, jusqu’à vingt minutes pour des morceaux épais.
Filtrez et buvez tiède, dans la journée. Le goût est doux : nul besoin de sucrer.
La décoction se conserve une journée au réfrigérateur ; réchauffez-la doucement sans la refaire bouillir.
Dans la cuisine, la façon la plus simple
Glissez deux ou trois lanières de racine dans un bouillon de volaille, une soupe ou un pot-au-feu, dès le départ de la cuisson.
Retirez-les avant de servir : la racine reste ligneuse et ne se mange pas.
Elle se marie bien avec le gingembre, le shiitaké, les jujubes et les carottes.
Les formes prêtes à l’emploi
Poudre de racine : à incorporer dans un yaourt, une compote, une pâte à tartiner ou un potage, hors du feu.
Teinture : quelques gouttes diluées dans un fond d’eau, selon les indications du fabricant.
Gélules : la concentration varie beaucoup d’un procédé de fabrication à l’autre, suivez la notice du produit.
Comparer les formes d’emploi
Forme
Préparation
Quand on la choisit
Décoction
Racine coupée, départ eau froide, 15 à 20 min à frémissement
La forme traditionnelle ; goût doux, à boire dans la journée
Bouillon
Lanières ajoutées en début de cuisson, retirées avant de servir
Pour intégrer la plante aux repas sans préparation à part
Poudre
Mélangée à froid dans un aliment onctueux
Quand on n’a pas le temps de faire bouillir ; goût plus marqué
Teinture
Quelques gouttes diluées dans un peu d’eau
En déplacement ; goût alcoolisé, à éviter chez l’enfant
Gélules
Poudre de racine séchée encapsulée, selon la notice
Pour ceux que le goût rebute ; concentration variable selon les marques
Idée recette : le « beurre » d’astragale
Une pâte à tartiner qui se substitue au beurre de noix, facile à préparer chez soi.
Au bain-marie et à feu doux, faites chauffer un verre à moutarde de tahini avec sept cuillères à soupe de beurre de graines de citrouille.
Ajoutez trois cuillères à soupe de poudre de racine d’astragale, puis trois cuillères à soupe d’huile de sésame.
Mélangez jusqu’à obtenir une pâte lisse et homogène ; si elle est trop ferme, ajoutez jusqu’à une cuillère à soupe d’huile de sésame et remuez de nouveau.
Conservez au réfrigérateur et consommez dans les quinze jours.
À noter : ces ingrédients se trouvent en magasin bio.
Une fabacée d’Asie dont on ne récolte que la souche
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : la racine d’astragale ne s’infuse pas, elle se fait frémir un quart d’heure — ou se glisse simplement dans un bouillon.
Quelle partie de l’astragale utilisé-t-on ?
Uniquement la racine, et seulement celle de plants âgés de quatre à sept ans. Elle est récoltée au printemps puis séchée avant d’être coupée en lanières. Ni les feuilles ni les fleurs ne sont employées en herboristerie.
Pourquoi faut-il la faire bouillir plutôt que l’infuser ?
La racine est dure et fibreuse : une infusion courte ne l’ouvre pas. On la met dans l’eau froide, on porte à ébullition, puis on laisse frémir à couvert quinze à vingt minutes. C’est ce qu’on appelle une décoction, la forme d’emploi traditionnelle de cette plante.
Quel goût a l’astragale ?
Doux, légèrement sucré et boisé, avec une note de haricot sec. Elle n’est pas amère, ce qui la rend facile à boire nature et explique son usage courant dans les bouillons et les soupes.
Qui doit éviter l’astragale ?
Les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les personnes souffrant d’une infection aiguë en cours. Les personnes atteintes d’une maladie auto-immune, celles ayant reçu une greffe récente et toute personne sous traitement doivent demander l’avis de leur médecin avant d’en prendre.
Peut-on en prendre toute l’année ?
La tradition l’emploie plutôt en cures ponctuelles, espacées, qu’en usage continu. Une prise prolongée à fortes doses est déconseillée. En cas de doute sur la durée, l’avis d’un praticien formé en médecine traditionnelle chinoise reste le plus sûr.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.