La maca du Pérou : ce que l’herboristerie lui prête et comment l’employer
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Cultivée à plus de 3 800 mètres dans les Andes péruviennes, la maca arrive chez nous sous forme de poudre beige au goût de noisette maltée. Racine de la famille des choux, elle est classée parmi les plantes dites adaptogènes. Voici ce que la tradition andine et la naturopathie lui prêtent, comment la doser au quotidien, dans quoi la mélanger, et à qui elle ne convient pas.
La fiche d’identité de la maca
Nom latin
Lepidium meyenii
Famille
Brassicacées (comme le chou et le radis)
Origine
Hauts plateaux des Andes, Pérou et Bolivie, entre 3 800 et 4 500 m
Partie utilisée
La racine tubérisée, séchée puis réduite en poudre
Racines arrachées en fin de cycle, après sept à neuf mois, puis séchées au soleil plusieurs semaines
Goût
Noisette grillée et malt, avec une pointe terreuse et légèrement piquante en fin de bouche
Classement en naturopathie
Plante dite adaptogène, au même titre que le ginseng ou l’éleuthérocoque
Une racine de haute altitude, consommée depuis des millénaires
La maca était déjà cultivée bien avant l’Empire inca, qui régna sur les Andes du XIIIe au XVIe siècle et lui attribuait force physique et fécondité.
Les agriculteurs andins en consomment quotidiennement, cuite ou en poudre, pour supporter les contraintes de la vie à très haute altitude.
Ses mécanismes d’adaptation au froid, au vent et aux ultraviolets sont, dans la lecture naturopathique, à l’origine des vertus qu’on lui prête.
Sa racine ne se mange pas crue au Pérou : elle est traditionnellement cuite, grillée ou fermentée en boisson.
Ce qu’on lui prête
Tonus et coup de fouet doux : la naturopathie la classe parmi les plantes adaptogènes et la conseille en cas de fatigue passagère, de baisse de forme saisonnière ou de période de surcharge.
Endurance et effort : les sportifs l’emploient traditionnellement dans les phases d’entraînement soutenu, pour accompagner la récupération.
Vie intime : dans les Andes, la maca est réputée aphrodisiaque depuis des siècles ; on lui prête un effet sur le désir, en particulier chez l’homme, et ses alcaloïdes (macaènes, macamides) sont souvent cités à ce propos.
Fécondité : l’usage andin en a toujours fait un aliment de la fertilité, pour l’homme comme pour la femme, et les herboristes la citent volontiers à ce titre.
Confort féminin : la naturopathie l’emploie traditionnellement pour accompagner l’inconfort de la ménopause — bouffées de chaleur, irritabilité, sommeil agité — et les cycles irréguliers.
Mémoire et concentration : on lui prête un soutien de la clarté mentale pendant les périodes d’étude ou de travail intense, sa richesse en phosphore étant souvent mise en avant.
Apport nutritionnel : en pratique, la poudre de maca est aussi employée comme complément alimentaire riche en protéines, minéraux et oligo-éléments.
La racine séchée, réduite en poudre beige au goût de noisette
Jaune, rouge ou noire : laquelle choisir ?
Les trois couleurs proviennent de la même espèce et se ressemblent beaucoup sur le plan nutritionnel. La tradition andine leur attribue cependant des usages différents.
Type de maca
Ce qu’on lui prête
Goût et disponibilité
Maca jaune
La plus courante ; employée traditionnellement pour le tonus général et l’usage quotidien
Goût doux, noisette ; la plus facile à trouver et la moins chère
Maca rouge
Réputée dans les Andes pour le confort féminin et l’accompagnement de la ménopause
Plus douce, légèrement sucrée ; récolte plus limitée
Maca noire
La plus rare ; l’usage traditionnel la réserve au tonus masculin, à l’effort et à la concentration
Plus marquée, un peu amère ; la plus coûteuse
Comment l’employer
La poudre, la forme la plus simple
Quantité d’usage courant : une demi-cuillère à café rase pour commencer, puis une à deux cuillères à café par jour (soit environ 3 à 6 g) une fois l’habitude prise.
Moment : le matin ou en début d’après-midi, jamais le soir : son effet tonique est réputé gêner l’endormissement.
Durée : en naturopathie, on l’emploie en cures de trois à quatre semaines, suivies d’une semaine de pause, plutôt qu’en continu toute l’année.
Où la mettre : dans un porridge, un yaourt, une compote, un smoothie banane-cacao, une purée d’amande, une pâte à pancakes.
La boisson chaude
La maca ne s’infuse pas comme une fleur séchée : c’est une racine amidonnée, on la délaye.
Délayez une cuillère à café dans un fond de lait végétal froid, puis complétez avec la boisson chaude en fouettant, pour éviter les grumeaux.
Le cacao, la cannelle, la vanille et la chicorée masquent très bien sa pointe terreuse.
Évitez l’eau bouillante versée directement dessus : elle fait « prendre » la poudre en pâte.
Crue ou gélatinisée ?
La poudre crue garde le goût le plus franc, mais son amidon est parfois mal toléré : ballonnements, lourdeur, gaz.
La poudre gélatinisée a subi une cuisson qui casse l’amidon : plus digeste, plus douce, c’est la forme la plus adaptée aux estomacs sensibles.
Les gélules dispensent du goût mais apportent des quantités faibles ; lisez l’étiquette et respectez les indications du fabricant.
En cuisine
Au Pérou, la racine fraîche se consomme cuite, en purée, en soupe ou grillée.
Sous nos latitudes, la poudre s’intègre aux barres maison, aux boules d’énergie dattes-amandes, aux granolas et aux crèmes dessert.
Ajoutez-la en fin de préparation dans les plats chauds : une cuisson longue en efface le parfum de noisette.
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : délayez une cuillère à café de poudre gélatinisée dans un fond de liquide froid avant d’ajouter la boisson chaude, et prenez-la le matin.
Quelle quantité de maca par jour ?
L’usage courant se situe autour d’une à deux cuillères à café de poudre par jour, soit environ 3 à 6 g. On commence par une demi-cuillère à café pendant quelques jours pour vérifier sa tolérance digestive. En gélules, suivez les indications du fabricant.
Faut-il la prendre le matin ou le soir ?
Le matin, ou au plus tard en début d’après-midi. La maca est réputée tonique et sa prise en soirée est souvent citée comme gênant l’endormissement. C’est la raison pour laquelle la naturopathie en fait un geste de petit-déjeuner.
Poudre crue ou poudre gélatinisée ?
La poudre crue a le goût le plus franc mais son amidon est parfois mal toléré. La poudre gélatinisée, précuite, est plus douce et plus digeste : c’est le meilleur choix si vous avez l’intestin sensible ou si vous débutez.
Quel goût a la maca et avec quoi la mélanger ?
Elle rappelle la noisette grillée et le malt, avec une pointe terreuse un peu piquante en finale. Cacao, cannelle, vanille, banane, purée d’amande et chicorée s’y marient très bien et arrondissent son caractère.
Peut-on en prendre toute l’année ?
La pratique naturopathique privilégie des cures de trois à quatre semaines entrecoupées d’une semaine de pause, plutôt qu’une consommation continue. En cas de traitement en cours, de grossesse, d’allaitement ou de trouble thyroïdien, l’avis d’un professionnel de santé est nécessaire avant toute cure.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.