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Thé du Labrador : ce que l’herboristerie traditionnelle en fait

Thé du Labrador bienfaits

Le thé du Labrador, ou lédon du Groenland, est un petit arbrisseau des tourbières nordiques dont on infuse les feuilles depuis très longtemps. Voici ce que la tradition amérindienne et l’herboristerie lui prêtent, comment préparer l’infusion et la limonade, quel goût attendre, et surtout les limites d’usage à respecter — elles sont réelles.

Carte d’identité de la plante

Nom latin Rhododendron groenlandicum (syn. Ledum groenlandicum)
Autres noms Lède, lédon du Groenland, thé velouté, thé des nations Innus et Inuits
Famille Éricacées
Partie utilisée Les feuilles, fraîches ou séchées ; parfois les jeunes rameaux en cuisine
Formes d’emploi Infusion courte, limonade froide, compresse, aromate de cuisine, sachet répulsif
Saison de récolte Possible toute l’année, de préférence au printemps
Goût Résineux et balsamique, légèrement camphré, avec une pointe amère si l’infusion est longue
the-du-labrador-feuilles - Thé du Labrador : bienfaits et vertus
Feuilles vertes dessus, feutrées d’orangé dessous : le repère

Où pousse-t-il et à quoi le reconnaît-on

  • Un sous-arbrisseau en buisson, qui peut atteindre environ 1 mètre de haut.
  • Il colonise les sols acides et froids : tourbières, marais, toundras, sous-bois de conifères, rochers dénudés.
  • Son aire va du Groenland à l’Alaska ; il est très peu répandu en France, où on le trouve surtout en boutique sous le nom de « thé du Labrador ».
  • Ses feuilles enroulées sur les bords se conservent longtemps après la cueillette, ce qui explique son usage ancien comme boisson d’hiver.
  • Ses baies sont une ressource pour les oiseaux d’eau : oies, cygnes, canards, échassiers.

Ce qu’on lui prête

Tout ce qui suit relève du savoir d’usage : traditions amérindiennes, herboristerie et naturopathie. Rien ici ne constitue un avis médical.

  • Les peuples amérindiens du Nord, dont les ancêtres des Apaches et des Navajos, en faisaient une boisson quotidienne appréciée pour son parfum autant que pour ses usages.
  • En herboristerie traditionnelle, la feuille est réputée pour accompagner les inconforts respiratoires saisonniers : gorge irritée, poitrine encombrée.
  • La naturopathie lui prête des propriétés apaisantes et lui associe des moments de nervosité ou de sommeil difficile, en infusion du soir.
  • On lui attribue traditionnellement un rôle antispasmodique et digestif, la tisane étant prise après le repas.
  • En usage externe, la tradition employait une préparation concentrée en compresse froide sur le front et la nuque, lors de maux de tête.
  • Elle est réputée antiseptique dans les écrits d’herboristerie, en raison de sa richesse en huiles essentielles.
  • Usage non alimentaire bien documenté : les feuilles séchées et écrasées servent à éloigner les mites des armoires.
the du labrador
La plante entière, telle qu’on la récolte en tourbière

Comment l’employer

L’infusion, la forme de base

  • Comptez 2 à 3 feuilles séchées par tasse, pas davantage : le parfum est puissant.
  • Versez dessus de l’eau frémissante, couvrez pour retenir les huiles essentielles.
  • Laissez infuser 5 minutes, puis filtrez et buvez.
  • Ne laissez jamais mijoter longuement : une cuisson prolongée libère des principes indigestes et rend la boisson amère.
  • Moment d’usage courant : en fin de journée ou après le repas du soir. Une tasse par jour suffit.

La limonade froide, pour l’été

  • Faites fondre 2 cuillères à café de miel dans un peu d’eau chaude.
  • Dans une demi-tasse d’eau chaude, extrayez le parfum d’une douzaine de feuilles.
  • Ajoutez 4 à 5 tranches de citron, mélangez le tout, puis versez sur des glaçons.
  • Allongez d’eau froide au moment de servir, jusqu’à obtenir environ 1 litre.
  • Cette forme diluée reste une boisson plaisir : elle ne dispense pas de la limite d’une prise par jour.

La compresse, en usage externe

  • Préparez un concentré avec 1 cuillère à soupe de feuilles séchées et broyées dans une demi-tasse d’eau.
  • Laissez infuser, puis refroidir complètement.
  • Imbibez une compresse et appliquez sur le front et la nuque, à plat, quelques minutes.
  • Ne jamais appliquer sur une peau lésée ni près des yeux.

En cuisine

  • Certains peuples du Nord mâchent les feuilles crues pour leur saveur résineuse.
  • Séchées et broyées, elles servent d’épice à viande, façon romarin, sur gibier, agneau ou volaille.
  • Feuilles et jeunes rameaux peuvent être ajoutés à une marinade ou à un bouillon de cuisson de la viande.
  • Dosez la main légère : le parfum camphré domine très vite un plat.

Contre les mites

  • Séchez et écrasez les feuilles, glissez-les dans un petit sachet de tissu.
  • Placez le sachet dans l’armoire, le placard ou le tiroir à lainages.
  • Froissez le sachet de temps en temps pour relancer le parfum.

Quelle forme pour quel moment

Forme Préparation Usage courant
Infusion 2 à 3 feuilles séchées, eau frémissante, 5 minutes à couvert Boisson du soir, une tasse par jour au maximum
Limonade Douzaine de feuilles, citron, miel, allongée d’eau froide Boisson rafraîchissante d’été, très diluée
Compresse 1 cuillère à soupe de feuilles broyées, infusées puis refroidies Application externe sur le front et la nuque
Aromate Feuilles séchées broyées, ou rameaux dans une marinade Viandes, gibier, bouillons, à très petite dose
Sachet sec Feuilles séchées écrasées dans un sachet de tissu Armoires et placards, contre les mites

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : 2 à 3 feuilles, 5 minutes à couvert, une tasse par jour — jamais plus, jamais plus longtemps.

Pourquoi ne faut-il pas faire bouillir longuement le thé du Labrador ?

Une infusion prolongée ou une longue ébullition libère des principes indigestes et rend la boisson très amère. Cinq minutes à couvert suffisent à extraire le parfum. Au-delà, on perd en agrément et on gagne en inconfort digestif.

Quelle quantité peut-on en boire par jour ?

Une tasse par jour suffit. À forte dose, cette plante peut provoquer des spasmes, des irritations gastro-intestinales et des troubles d’origine nerveuse. Il ne s’agit pas d’une tisane que l’on boit à volonté comme une verveine.

Une femme enceinte peut-elle en consommer ?

Non. La consommation d’infusion de thé du Labrador est formellement déconseillée aux femmes enceintes. Des récits traditionnels amérindiens évoquent un usage en toute fin de grossesse, mais ils ne doivent pas être reproduits. L’allaitement et les jeunes enfants appellent la même prudence.

Quel goût a cette tisane ?

Résineux et balsamique, légèrement camphré, avec une allure de romarin ou de conifère. Une pointe d’amertume apparaît si l’infusion dure trop. Le citron et le miel, comme dans la limonade traditionnelle, l’arrondissent agréablement.

Quelles feuilles récolter et quand ?

Ce sont les feuilles qui s’utilisent, reconnaissables à leur face supérieure verte et à leur dessous feutré orangé. La récolte est possible toute l’année, de préférence au printemps. Elles se conservent longtemps après cueillette, une fois bien séchées et mises en bocal hermétique.

Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.