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Tussilage (pas-d’âne) : usages traditionnels, préparation et précautions

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Le tussilage, ou « pas-d’âne », fleurit jaune vif au bord des chemins bien avant ses feuilles. L’herboristerie ancienne en a fait sa « herbe à la toux ». Voici ce que contient la plante, quelle partie se récolte et quand, comment la préparer en infusion, en sirop ou en inhalation — et les précautions strictes qui accompagnent son emploi.

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Les fleurs se récoltent dès leur éclosion, avant les feuilles

Carte d’identité du tussilage

Nom latin Tussilago farfara
Autres noms Pas-d’âne, chasse-toux, herbe à la toux
Famille Astéracées (Composées)
Parties utilisées Capitules floraux, feuilles (jeunes pour la cuisine)
Formes d’emploi Infusion, sirop maison, inhalation, cataplasme, cuisine
Récolte Fleurs en tout début de printemps, dès l’éclosion ; feuilles jeunes ensuite
Milieu Lisières humides, talus, rives, chemins, champs et jachères
Goût Doux et légèrement miellé en fleur, un peu astringent et végétal en feuille

Ce qu’on lui prête

Le tussilage fait partie des plantes à fleurs les plus citées en phytothérapie occidentale, et son usage remonte à l’Antiquité. Voici ce que la tradition lui attribue — des usages, non des promesses.

  • Toux grasse : l’herboristerie classique l’a longtemps employé comme plante expectorante, réputée aider à fluidifier et à évacuer les mucosités.
  • Toux sèche et irritative : son surnom de « chasse-toux » vient de l’usage traditionnel que l’on en faisait pour calmer les quintes irritatives.
  • Gorge irritée et enrouement : la naturopathie lui prête une action adoucissante liée à sa richesse en mucilages, ces fibres végétales qui forment un film sur les muqueuses.
  • Voies respiratoires encombrées : les herboristes l’ont traditionnellement proposé en inhalation pour dégager le nez et la gorge lors des refroidissements passagers.
  • Petites irritations de la peau : en usage externe, la tradition populaire recourait au cataplasme de feuilles fraîches sur les démangeaisons et les zones irritées.
  • Cuisine sans sel : les cendres tamisées de feuilles séchées étaient utilisées comme condiment salé de remplacement, un usage culinaire ancien lié à leur teneur en sels minéraux.
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Fleurs et feuilles n’ont ni la même saison ni le même emploi

Comment l’employer

En infusion

  • Compter une à deux cuillères à café de fleurs ou de feuilles séchées pour une tasse d’eau bouillante.
  • Couvrir et laisser infuser une dizaine de minutes, puis filtrer soigneusement — un filtre fin ou une étamine retient les poils floraux, qui peuvent gratter la gorge.
  • Se boit tiède, plutôt en soirée. Le goût est doux ; une pointe de miel s’y marie bien.
  • Usage ponctuel uniquement, sur quelques jours au maximum (voir les précautions).

En sirop maison

  • Faire bouillir les fleurs dans l’eau un quart d’heure environ, à couvert.
  • Filtrer, ajouter du miel hors du feu et mettre en bouteille propre.
  • Se conserve au réfrigérateur ; se prend à la cuillère, en dépannage, sur une durée courte.

En inhalation

  • Jeter une poignée de fleurs ou de feuilles séchées dans un bol d’eau très chaude.
  • Se pencher au-dessus, tête couverte d’une serviette, une dizaine de minutes.
  • Attendre ensuite au moins une demi-heure avant de sortir au froid.

En cataplasme

  • Écraser des feuilles fraîches jusqu’à obtenir une pâte grossière.
  • Appliquer sur la zone irritée, recouvrir d’un linge propre, retirer après quelques minutes et rincer.
  • À réserver à la peau saine : ni plaie ouverte, ni brûlure, ni lésion suintante.

En cuisine

  • Les fleurs se mangent crues en salade ou cuites, en très petite quantité.
  • Les feuilles se consomment jeunes et crues, avant qu’elles ne durcissent.
  • Les cendres tamisées de feuilles séchées servent de condiment à la place du sel.
  • Dans tous les cas, quelques bouchées d’appoint : ce n’est pas un légume du quotidien.

Quelle forme pour quel moment ?

Forme Préparation Ce qu’on lui prête
Infusion Fleurs ou feuilles séchées, 10 min à couvert, filtrage fin Usage traditionnel pour la gorge irritée et la toux passagère
Sirop Fleurs bouillies 15 min, filtrées, miellées Forme de dépannage réputée adoucissante, appréciée pour son goût
Inhalation Poignée de plante séchée, bol d’eau chaude, 10 min Traditionnellement employée pour dégager le nez et la gorge
Cataplasme Feuilles fraîches écrasées, application brève Usage populaire externe sur les démangeaisons et irritations légères
Cuisine Fleurs crues ou cuites, jeunes feuilles crues, cendres tamisées Condiment d’appoint, substitut de sel dans la tradition culinaire

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : filtrez toujours très finement l’infusion de tussilage, et réservez cette plante à un usage bref et occasionnel.

Pourquoi appelle-t-on le tussilage « herbe à la toux » ?

Son nom latin Tussilago farfara vient de tussis, la toux, et de agere, chasser. La tradition lui a donc prêté très tôt une action apaisante sur la toux, d’où ses surnoms de chasse-toux et d’herbe à la toux. C’est un usage traditionnel documenté depuis l’Antiquité, pas une promesse de résultat.

Quelle partie de la plante utilisé-t-on ?

Les capitules floraux jaunes, récoltés dès leur éclosion en tout début de printemps, et les feuilles, qui apparaissent après la floraison. Les fleurs sont les plus employées en infusion et en sirop, les feuilles fraîches en cataplasme et les jeunes feuilles crues en cuisine.

Peut-on en boire tous les jours ?

Non. La plante contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques toxiques pour le foie, même à faible dose. L’usage doit rester ponctuel et de courte durée, en évitant toute prise prolongée ou répétée dans l’année.

Qui doit s’abstenir complètement ?

Les enfants de moins de six ans, les femmes enceintes, les personnes souffrant d’une maladie du foie. Par prudence, on l’écarte aussi pendant l’allaitement, en cas de traitement en cours et chez les personnes allergiques aux Astéracées.

Comment récolter et sécher les fleurs ?

Cueillez-les dès qu’elles s’ouvrent : ensuite, elles mûrissent leurs fruits pendant le séchage et deviennent cotonneuses. Faites sécher rapidement à plat, dans un local sec, aéré et à l’ombre, puis conservez en bocal hermétique à l’abri de la lumière.

Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.