Amaryllis belladonna, parfois appelée lis belladonne, est un bulbe originaire d’Afrique du Sud cultivé pour sa floraison rose en trompette, légèrement parfumée, qui surgit en fin d’été alors que beaucoup de massifs commencent à s’essouffler. C’est un point important : l’“amaryllis” vendue en intérieur (fleurs géantes en hiver) appartient le plus souvent au genre Hippeastrum. Ici, on parle bien de l’amaryllis botanique, rustique seulement en climat doux, et très différente dans son cycle.
Sa particularité la plus déroutante, mais aussi la plus charmante, est sa floraison sur tiges nues : l’amaryllis belladonne fait partie des bulbes “surprise”, capables d’émettre des hampes florales sans feuillage apparent. Les feuilles, elles, se développent à une autre saison. Cette stratégie, typique des plantes adaptées aux climats méditerranéens, explique aussi la règle d’or de sa culture : sol drainé, repos sec en été, et arrosages ciblés au bon moment.
En résumé, ce qu’il faut savoir :
Noms communs : amaryllis belladonne, lis belladonne.
Amaryllis belladonna est une bulbeuse à gros bulbe brun, qui forme des touffes de feuilles rubanées vert vif pouvant atteindre environ 60 cm de long. Le feuillage est caduc et disparaît avant l’émission des tiges florales, d’où l’aspect “magique” des fleurs surgissant d’un sol presque nu.
La floraison intervient de la fin de l’été jusqu’en octobre selon les régions. Elle est généralement légèrement parfumée et se présente sous forme de couronnes de 5 à 12 fleurs rose tendre à rose soutenu, en trompette, portées par des hampes dressées de 60 à 70 cm. L’ensemble est élégant, aérien, très “jardin de fin d’été”.
À noter : l’amaryllis belladonne ne doit pas être confondue avec l’amaryllis d’intérieur (Hippeastrum). Même si l’allure est proche, le cycle, la rusticité et l’usage au jardin sont différents.
Pour cultiver l’amaryllis belladonne “comme une pro”, il faut raisonner comme dans son climat d’origine : été sec (repos du bulbe), puis reprise en fin d’été (floraison), ensuite période feuillée en saison plus fraîche (fabrication des réserves).
Le lis belladonne se cultive en pleine terre dans les régions au climat doux. Il s’adapte aux conditions climatiques du littoral, de la Bretagne, du Cotentin, du Sud-Ouest et du Midi, surtout si l’emplacement est abrité et le sol drainant. Idéal dans un massif de vivaces ou d’annuelles tardives, ce bulbe forme des touffes très ornementales lorsqu’il est planté en groupes.
Dans les autres régions, il est préférable de le cultiver en pot, afin de pouvoir le protéger du froid et surtout de l’humidité hivernale, souvent plus dangereuse que le froid lui-même.
En pot, choisissez un contenant de 30 à 40 cm de diamètre, plutôt profond, et impérativement percé. Un pot trop petit limite la reconstitution des réserves et retarde la floraison.
Amaryllis belladonna a besoin d’une situation ensoleillée et bien abritée des vents froids. Dans les régions très chaudes, il est judicieux de lui offrir un peu d’ombre l’après-midi pour éviter le stress du soleil brûlant, surtout en sol léger.
Le lis belladonne apprécie les sols légers, meubles et drainés. Il accepte beaucoup de terres de jardin si elles ne retiennent pas l’eau. Les sols lourds et asphyxiants sont à éviter : le bulbe y pourrit plus facilement, et l’eau stagnante peut aussi geler en hiver, ce qui aggrave les dégâts.
Conseil de terrain : une amaryllis belladonne aime la stabilité. Une fois placée au bon endroit, évitez de la déplacer “pour voir”. Les meilleurs sujets sont souvent ceux qu’on laisse tranquilles plusieurs années.
Beaucoup de floraisons décevantes viennent d’une erreur simple : on néglige le feuillage après les fleurs. Or, c’est le feuillage qui fabrique le carburant du bulbe. Après floraison :
Le lis belladonne est globalement robuste si son point sensible est respecté : le drainage. Les problèmes observés proviennent le plus souvent d’un sol trop humide :
La meilleure protection reste un sol drainé, des arrosages au bon moment, et un repos sec en été.
La floraison tardive de l’amaryllis belladonne est parfaite pour prolonger l’intérêt d’un massif. Comme ses tiges florales apparaissent souvent sur sol dégagé, l’astuce consiste à l’installer parmi des plantes qui prennent le relais visuel sans l’étouffer :
En pot, il devient une star de terrasse en fin de saison : placez-le là où vous passez le soir pour profiter du parfum, et rentrez-le facilement à l’approche du froid.
Photos : ©Jean-Michel Moullec, ©Daniela, ©Leonora (Ellie) Enking, ©Forest and Kim Starr