Connexion
Accueil / Le Jardinage / Maladies et parasites / Reportage / Le cloporte : un auxiliaire détritivore essentiel

Le cloporte : un auxiliaire détritivore essentiel

cloporte
0

Le cloporte n’est pas un auxiliaire de jardin au sens « classique » du terme : il ne chasse pas les nuisibles et ne contribue pas à la pollinisation.

En revanche, en tant que détritivore, il est à la base même du jardinage, puisqu’il contribue à alimenter les sols et les plantes en dégradant les déchets végétaux (bois pourris, feuilles mortes, etc.). Partez à la découverte de cet allié insoupçonné du jardinier.

Le cloporte : fiche d’identité

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le cloporte n’est pas un insecte. En effet, il fait partie de la classe des crustacés et de l’ordre des isopodes.

Description :

Un cloporte se reconnaît très facilement :

  • une forme ovale et plate caractéristique ;
  • 7 paires de pattes et 2 grandes antennes ;
  • 2 appendices à l’extrémité de l’abdomen qui lui permettent de respirer ;
  • une couleur grise plus ou moins prononcée ;
  • une taille allant de 5 mm à 2 cm.

Les espèces que l’on trouve le plus souvent au jardin sont :

  • Le cloporte des caves (Porcellio scaber), mesurant jusqu’à 1,7 cm et de couleur gris acier. C’est lui que l’on rencontre le plus dans les maisons.
  • Le cloporte des murs (Oniscus murarius) qui se distingue par une teinte de gris plus clair, presque blanc.
  • Le cloporte des mousses (Philoscia muscorum), de coloris gris‑brun et allant jusqu’à 1 cm de long.
  • Et enfin, l’armadille commune (Armadillidium vulgare), mesurant près de 2 cm, de couleur grise et qui a la particularité de se mettre en boule si elle se sent menacée.

Reconnaitre cloporte

Biologie :

Le cloporte est un crustacé terrestre qui a conservé de ses ancêtres marins des branchies pour respirer et une carapace non‑étanche. Ces caractéristiques le rendent donc sensible au dessèchement et il ne peut survivre que dans une atmosphère humide. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il sort surtout la nuit et les jours de pluie.

Recycleur et détritivore, le cloporte se nourrit de matières organiques mortes : écorces de bois pourrissantes, feuilles mortes, voire cadavres d’insectes ou d’animaux. Il peut compléter ce régime alimentaire par des champignons, des racines ou encore de jeunes pousses. Cependant, cette part végétarienne de son alimentation n’est pas suffisante pour causer des dégâts dans les cultures.

Le saviez‑vous ?

À l’instar du lichen sur les arbres qui est synonyme d’atmosphère non‑polluée, le cloporte est un excellent indicateur de la bonne santé du sol. En effet, il est particulièrement sensible aux métaux lourds (plomb, zinc, cuivre, etc.) et disparaît si ces derniers sont présents en trop grande quantité.

Habitat du cloporte :

Au jardin, vous trouverez le cloporte partout où il fait suffisamment humide pour lui :

  • sous des écorces ou des pierres ;
  • dans un tapis de mousse ;
  • caché dans des matières végétales pourrissantes au sol.

Il se peut que vous rencontriez un cloporte dans votre maison (cave, cuisine, garage, etc.). Seul, il ne pose aucun problème. En revanche, s’il est présent en plus grand nombre, cela peut signifier qu’il y a une infiltration ou une fuite d’eau quelque part. Vous devrez alors mener l’enquête.

Utilité du cloporte pour le jardinier

Utilite cloporte jardinTout comme le ver de terre, le cloporte est essentiel à la bonne santé de la terre de votre potager ou de votre jardin. En décomposant la matière organique morte, il la rend de nouveau disponible pour les plantes et contribue ainsi au bon équilibre écologique du sol. Il convient donc de le protéger.

Comment attirer et protéger le cloporte dans votre jardin ?

Pour cela, rien de plus simple. Il suffit de fournir au cloporte un abri, notamment à proximité des zones où il sera le plus utile. Vous pouvez par exemple :

  • déposer quelques bûches ou branches mortes en tas près du compost ou du potager ;
  • disposer des pierres plates, des tuiles ou des planchettes en bordure de parterre ;
  • etc.

Enfin, même si cela peut vous paraître aberrant, résistez à l’envie de retirer systématiquement la mousse du gazon. Elle constitue en effet un biotope idéal pour le cloporte. Si possible, conservez une partie du jardin avec quelques plaques de mousses, vous ferez des heureux.

Pour résumer, loin d’être un nuisible, le cloporte joue un rôle essentiel pour la bonne santé de votre sol en recyclant la matière organique morte. Il ne vous reste plus qu’à lui installer quelques refuges bien placés afin de lui faciliter la vie dans votre jardin.


Pour aller plus loin :

©Turtleman, ©Beverly Buckley, ©Membio


Écrit par Christophe Dutertre | Diplômé en aménagement paysager et amoureux des jardins, Christophe vous accompagne dans cette passion qui nous réunit. Découvertes, conseils pratiques et écologie sont au programme.
Un commentaire ?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vos réactions
  • Miya a écrit le 28 mai 2021 à 17 h 33 min

    J’en ai pleins au jardin et comme absolument tout les insectes et autres êtres vivants il ne me serait jamais venu à l’esprit de les tuer. 🙄