La tourbe est une matière organique fossile, issue de l’accumulation et de la lente décomposition de débris végétaux dans des milieux saturés en eau, comme les tourbières. Elle se forme sur des milliers d’années : il faut en moyenne un siècle pour constituer seulement 5 cm de tourbe. Longtemps utilisée comme base des terreaux grâce à ses excellentes qualités agronomiques, elle est aujourd’hui considérée comme une ressource non renouvelable, dont l’extraction est très encadrée et de plus en plus remise en question pour des raisons environnementales.
Côté jardinage, la tourbe a longtemps été très prisée : elle possède une excellente capacité de rétention en eau, tout en restant suffisamment aérée pour que les racines puissent respirer. C’est la raison pour laquelle elle est devenue la matière première traditionnelle dans l’élaboration de nombreux terreaux horticoles.
On regroupe la tourbe en trois grandes catégories, qui correspondent à des stades de décomposition différents :
En pratique, les terreaux classiques mélangent souvent tourbe blonde et tourbe brune pour concilier légèreté, rétention en eau et stabilité. Mais pour mieux respecter l’environnement, il existe aujourd’hui des terreaux contenant une proportion de tourbe réduite, voire nulle, tout en offrant des performances proches. Ils intègrent par exemple de la terre noire de Brière, des fibres de bois comme l’Hortifibre, de la fibre de coco, ou encore des écorces compostées.
La composition de la tourbe dépend surtout :
De manière générale, la tourbe est principalement constituée d’eau et de matière organique peu décomposée :
C’est cette richesse en carbone qui a longtemps permis d’utiliser la tourbe comme combustible pour se chauffer ou cuisiner, en particulier dans les régions où le bois était rare.
Si la tourbe reste très intéressante agronomiquement, son usage au jardin pose aujourd’hui de véritables questions environnementales :
C’est pourquoi de nombreux jardiniers, collectivités et professionnels se tournent désormais vers des terreaux sans tourbe ou à faible teneur en tourbe, basés sur des ressources renouvelables : composts végétaux, fibres de bois, écorces, fibres de coco, terreau de feuilles… Pour les plantes de terre de bruyère, on privilégie également des mélanges acides sans tourbe.
Non. Si elle a longtemps été la référence en horticulture, il existe aujourd’hui des alternatives performantes pour la plupart des usages : terreaux sans tourbe, compost, fibres de bois, coco, écorces compostées, terre végétale améliorée, etc.
Oui, sur le plan technique : elle retient très bien l’eau, reste aérée, est légère et facile à travailler. Mais ces avantages peuvent être obtenus avec d’autres matériaux plus durables, ce qui incite à réduire fortement son usage.
La tourbe blonde, en particulier, est fortement acide. C’est pourquoi elle a été très utilisée pour les plantes de terre de bruyère (rhododendrons, azalées, camélias…). Cependant, on préfère aujourd’hui des substrats acides sans tourbe, plus respectueux des tourbières.
D’un point de vue légal, son utilisation reste possible, mais elle est de plus en plus déconseillée. L’idéal est de réserver son usage, quand il existe encore, à des cas très spécifiques et de privilégier autant que possible les produits « zéro tourbe ».
On trouve notamment : la fibre de bois (Hortifibre), la terre noire, la fibre de coco, les écorces compostées, le compost de déchets verts bien mûr, et le terreau de feuilles. Bien formulés, ces mélanges offrent une structure, une rétention en eau et une aération proches de celles de la tourbe.
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