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Millepertuis : ce que l’herboristerie lui prête, et comment l’employer

Millepertuis bienfaits

Le millepertuis, ou « herbe de la Saint-Jean », est l’une des plantes les plus connues — et les plus délicates à manier — de l’herboristerie occidentale. Voici comment la reconnaître, quelles parties récolter, sous quelles formes on l’emploie traditionnellement, quel goût attendre en tisane, et surtout les nombreuses situations où il vaut mieux s’en abstenir.

millepertuis
Herbe de la Saint-Jean, cueillie traditionnellement autour du 24 juin

Carte d’identité de la plante

Nom latin Hypericum perforatum
Famille Hypéricacées (anciennement Clusiacées)
Partie utilisée Sommités fleuries : fleurs et jeunes feuilles du haut de tige
Formes d’emploi Infusion, teinture, macérat huileux dit « huile rouge », extraits secs du commerce
Saison de récolte Plein été, à partir de la Saint-Jean, par temps sec et en fin de matinée
Goût Franchement amer, légèrement astringent et résineux

Comment le reconnaître au jardin

  • Feuillage : petites feuilles opposées, sessiles, parsemées de micro-glandes translucides bien visibles à contre-jour.
  • Fleurs : jaune vif, cinq pétales, nombreuses étamines en pinceau ; floraison en été.
  • Tige : dressée, un peu ligneuse à la base, souvent marquée de deux lignes saillantes.
  • Test du doigt : un bouton floral frais écrasé tache la peau en rouge violacé — signature de l’espèce.
  • Milieu : talus, friches, bords de chemins ensoleillés et sols plutôt secs.
millepertuis vertus
Fleurs jaunes et feuilles « percées » : la signature du millepertuis

Ce qu’on lui prête

  • Humeur et moral : depuis l’Antiquité grecque et romaine, on employait traditionnellement le millepertuis pour « chasser la mélancolie » ; l’herboristerie occidentale l’a conservé dans cette famille d’usages, pour les passages à vide passagers.
  • Nervosité : la naturopathie lui prête une action apaisante sur la nervosité et les tensions physiques liées à la contrariété.
  • Confort du sommeil : il est réputé, en usage traditionnel, accompagner les nuits agitées des périodes de contrariété.
  • Confort digestif : les herboristes le rangent parmi les plantes dites antispasmodiques, pour les crampes et les ventres noués.
  • Usage externe : le macérat huileux est traditionnellement appliqué sur les gerçures, les petites brûlures superficielles, les coups de soleil légers et les ecchymoses ; on lui prête des propriétés adoucissantes et apaisantes pour la peau.
  • Composition (niveau factuel) : la plante contient de l’hypéricine, de l’hyperforine, des flavonoïdes comme la rutine et l’hypéroside, des tanins, des procyanidines et des traces d’huile essentielle.

Comment l’employer

En infusion

  • Comptez une cuillère à café rase de sommités fleuries séchées par tasse d’eau frémissante.
  • Couvrez et laissez infuser une dizaine de minutes : couvrir évite de perdre les composés volatils.
  • Filtrez et buvez tiède. Le goût est amer : la mélisse, le tilleul ou un peu de miel d’acacia l’arrondissent très bien.
  • L’usage traditionnel privilégie une prise régulière, à heure fixe, plutôt qu’une tasse isolée — et sur une période limitée.

En teinture

  • Elle se trouve toute prête en herboristerie ; on la dilue dans un verre d’eau chaude ou dans une infusion neutre.
  • Forme concentrée : suivez la notice du fabricant et demandez conseil au pharmacien, en particulier si vous prenez un médicament.

En macérat huileux (huile rouge)

  • Remplissez un bocal de sommités fleuries fraîches légèrement ressuyées, couvrez d’huile d’olive ou de tournesol.
  • Laissez macérer au soleil trois à quatre semaines, en remuant tous les deux ou trois jours : l’huile prend une belle teinte rouge.
  • Filtrez en pressant, conservez en flacon teinté, au frais et à l’abri de la lumière.
  • Application locale uniquement, sur peau saine, et jamais avant une exposition au soleil.

Les formes du commerce

  • Gélules et comprimés d’extrait sec existent en pharmacie : ce sont des formes concentrées, à n’utiliser que sur avis d’un professionnel de santé, notice en main.
  • Quelle que soit la forme, l’usage traditionnel ne se conçoit pas au long cours sans réévaluation.
Forme Préparation Usage qu’on lui prête
Infusion Sommités séchées, eau frémissante, 10 minutes à couvert Voie interne traditionnelle : moral en berne passager, nervosité
Teinture Extrait alcoolique prêt à l’emploi, dilué dans l’eau chaude Même famille d’usages, sous forme concentrée
Macérat huileux Fleurs fraîches dans l’huile, 3 à 4 semaines au soleil, puis filtrage Usage externe : gerçures, petites brûlures, ecchymoses
Extrait sec Gélules ou comprimés du commerce, notice du fabricant Forme concentrée, à réserver à un accompagnement encadré
millepertuis sante
Sécurité d’abord : cette plante interagit avec de nombreux médicaments

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : avant toute prise de millepertuis, faites vérifier vos médicaments par votre pharmacien — c’est le geste qui compte le plus avec cette plante.

Quelle partie du millepertuis utilisé-t-on ?

Les sommités fleuries, c’est-à-dire les fleurs accompagnées des jeunes feuilles du haut de tige. On les récolte en plein été, par temps sec, et on les utilisé fraîches pour le macérat huileux ou séchées pour l’infusion.

Peut-on le prendre avec la pilule ?

Non. Le millepertuis est réputé diminuer l’efficacité des contraceptifs oraux. Il en va de même pour de nombreux autres médicaments : anticoagulants, antirétroviraux, immunosuppresseurs, antiépileptiques, entre autres. L’avis du médecin ou du pharmacien est indispensable.

Pourquoi éviter le soleil pendant la prise ?

La plante est photosensibilisante. Pendant la période de prise, on évite les expositions solaires ou aux UV intenses, cabines comprises, avec une vigilance particulière pour les peaux claires. Après une application de macérat huileux sur la peau, on ne s’expose pas au soleil.

Comment prépare-t-on l’huile rouge ?

On tasse des fleurs fraîches légèrement ressuyées dans un bocal, on couvre d’huile végétale, puis on laisse macérer trois à quatre semaines au soleil en remuant régulièrement. L’huile rougit, on la filtre et on la conserve en flacon teinté. Elle est traditionnellement appliquée sur les gerçures, petites brûlures superficielles et ecchymoses.

Faut-il arrêter brutalement ?

Non : après un usage prolongé, il est recommandé de réduire progressivement plutôt que de stopper d’un coup. Et avant une intervention chirurgicale, l’arrêt se fait une à deux semaines à l’avance, en raison d’interactions possibles avec les anesthésiques.

Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.


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Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.