Le cèdre est un arbre majestueux, emblématique des grands parcs et jardins paysagers. Avec son port pyramidal ou étalé, ses aiguilles souples et ses cônes dressés caractéristiques, il incarne à la fois force, longévité et sérénité. Originaire des montagnes d’Asie et d’Afrique du Nord, le cèdre est un conifère rustique, ornemental et durable, parfait en sujet isolé dans les grands espaces.
En résumé, ce qu’il faut savoir :
Le cèdre est un arbre d’exception, mais ce n’est pas seulement une “belle silhouette”. Dans un grand jardin, il joue plusieurs rôles à la fois : arbre repère (structuration du paysage), brise-vent à long terme, et véritable abri pour la faune (oiseaux, insectes, microfaune du sol). Sa longévité en fait un arbre “patrimonial” : on le plante souvent pour les générations suivantes.
Bien qu’étant un conifère appréciant souvent les sols légèrement acides, le cèdre se plaît dans presque tous les types de sols, qu’ils soient calcaires, acides, lourds ou caillouteux. Sa grande adaptabilité explique en grande partie son succès dans les parcs historiques. Contrairement à d’autres conifères plus exigeants, il supporte assez bien les sols pauvres à condition qu’ils soient bien drainés.
Le cèdre présente une très bonne résistance au froid, pouvant supporter des températures allant jusqu’à -20 °C, voire moins pour certaines provenances et espèces robustes comme le cèdre de l’Atlas. Pourtant, les jeunes plants restent plus sensibles : au cours des 2 à 3 premières années, ils peuvent souffrir des vents desséchants, d’un sol détrempé en hiver ou d’un stress hydrique en été.
Sa croissance, bien que variable selon les espèces, est généralement régulière. Comme il peut atteindre des dimensions impressionnantes, il est primordial de le planter de manière isolée, assez loin des bâtiments, toitures, terrasses, clôtures et réseaux souterrains. En pratique, prévoyez large : un cèdre adulte développe une envergure de branches importante et un système racinaire étalé.
La meilleure période pour planter un cèdre reste l’automne, car l’arbre a alors toute la saison froide pour développer ses racines. Une plantation jusqu’au printemps reste possible hors gel, en surveillant davantage l’arrosage la première année.
Une fois bien installé, le cèdre est un arbre qui réclame très peu d’entretien. Son feuillage persistant et sa résilience en font un conifère simple à vivre. Les soins se concentrent principalement sur les premières années suivant la plantation.
Sur certains jeunes cèdres, il arrive que deux tiges dominantes se développent (double flèche). Cela peut fragiliser la charpente à long terme. Si cela se produit, on conserve la flèche la plus vigoureuse et la mieux placée.
Le cèdre est naturellement résistant aux maladies. Quelques stress climatiques extrêmes peuvent toutefois provoquer un dépérissement partiel de branches, notamment chez Cedrus deodara, parfois sensible aux gelées tardives.
Le cèdre ne requiert aucune taille de formation : son architecture naturelle est déjà harmonieuse. Cependant, pour préserver sa stabilité et sa sécurité, certaines interventions peuvent s’avérer utiles :
Le cèdre est un arbre imposant : un diagnostic par un arboriste peut s’avérer prudent dans les jardins publics ou près des habitations.
Il n’existe que quatre espèces de cèdres, mais chacune présente une silhouette, une vigueur et une couleur de feuillage différentes. Ces différences permettent de choisir un cèdre adapté à la configuration du jardin.
| Espèce / variété | Nom français | Hauteur adulte | Rusticité (°C) | Caractéristiques principales | Utilisation au jardin |
| Cedrus libani | Cèdre du Liban | 30 à 40 m | -20 | Port étalé en plateau à maturité, aiguilles vert foncé, silhouette majestueuse. Feuillage vert bleuté, rameaux étalés en plateaux. | Grand parc, arbre d’ornement isolé. |
| Cedrus atlantica | Cèdre de l’Atlas | 25 à 35 m | -18 à -20 | Croissance rapide, aiguilles vert bleuté, port conique. Originaire d’Afrique du Nord, feuillage bleu argenté, Très utilisé en grands parcs, existe en formes bleues très décoratives. | Alignement, sujet isolé. |
| Cedrus atlantica ‘Glauca’ | Cèdre bleu de l’Atlas | 20 à 30 m | -18 | Aiguilles bleu argenté très décoratives. | Arbre ornemental emblématique. |
| Cedrus atlantica ‘Pendula’ | Cèdre pleureur | 6 à 10 m (palissé) | -18 | Rameaux très retombants, port sculptural. | Jardin contemporain, sujet graphique. |
| Cedrus deodara | Cèdre de l’Himalaya | 30 à 40 m | -15 à -18 | Port élancé, flèche retombante, aiguilles vert clair. Branches très décoratives, feuillage vert doux. Peut atteindre 30 m. Plus sensible aux froids tardifs et aux vents secs dans certaines situations. | Parc, grand jardin. |
| Cedrus deodara ‘Aurea’ | Cèdre doré de l’Himalaya | 15 à 20 m | -15 | Jeunes pousses jaune doré, décoratif toute l’année. | Arbre d’ornement lumineux. |
| Cedrus brevifolia | Cèdre de Chypre | 15 à 20 m | -15 | Aiguilles courtes, croissance lente, espèce rare. Adaptée aux sols secs et pauvres | Collection botanique, jardin sec. |
Le cèdre (Cedrus) n’est pas à confondre avec l’arbre qui donne l’essence du Red Cedar (souvent appelé “cèdre rouge”), qui provient du thuya géant de la côte ouest d’Amérique du Nord. Ce bois prend une teinte rouge en vieillissant et sert à la construction et à l’ameublement. À noter que les thuyas sont parfois appelés “cèdres” au Canada, mais ne font pas partie de la même famille botanique.
Le cèdre est l’un des conifères les plus imposants et les plus symboliques du bassin méditerranéen et de l’Asie de l’Ouest. On lui prête une longévité impressionnante : certains sujets dépassent 2000 ans. Sa croissance régulière, sa silhouette graphique et sa présence élégante en font un arbre profondément inspirant.
Arbre sacré dans l’Antiquité, il servait à la construction des temples et navires, car son bois résiste bien aux insectes et à l’humidité. Aujourd’hui encore, il est apprécié pour les boiseries, certains usages en charpente et les coffres parfumés.