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Orchidées Paphiopedilum : 5 espèces d’exception incontournables

Orchidées Paphiopedilum

Orchidées Paphiopedilum : 5 espèces incontournables. Le genre Paphiopedilum comporte 79 espèces d’orchidées, toutes plus stupéfiantes les unes que les autres. Le plus souvent terrestres, elles sont originaires d’Asie tropicale et on les surnomme couramment « Sabot de Vénus ». Leur charme vient autant de leur fleur en « pantoufle » que de leurs feuillages souvent marbrés, très décoratifs en intérieur. Mais ce sont aussi des orchidées qui demandent un peu de méthode : lumière douce, substrat aéré, arrosages précis et bonne hygiène de culture. Voici 5 espèces d’orchidées Paphiopedilum à découvrir.

Réussir un Paphiopedilum en pot

  • Lumière. Visez une lumière vive mais filtrée, sans soleil direct. Un rebord de fenêtre Est ou Nord-Est fonctionne souvent très bien, avec un voilage au besoin. Si les feuilles jaunissent ou rougissent, c’est généralement trop lumineux. Si la plante s’allonge et fleurit peu, c’est souvent trop sombre.
  • Température. On distingue, en pratique, des espèces « tempérées fraîches » (qui apprécient des nuits plus fraîches) et des espèces « chaudes » (qui réclament plus de 18 à 20 °C). Dans tous les cas, une différence jour / nuit de 4 à 8 °C aide beaucoup à l’induction florale.
  • Substrat. Un substrat très aéré est indispensable : écorces de pin calibrées, perlite ou pierre ponce, un peu de sphaigne selon votre intérieur, et parfois des éléments calcaires (chips de marbre, coquilles d’huîtres concassées) pour les espèces calcicoles. L’objectif est simple : des racines oxygénées, jamais asphyxiées.
  • Arrosage. Arrosez à fond, puis laissez égoutter complètement. N’arrosez de nouveau que lorsque le mélange a bien ressuyé en surface. Évitez les « petits verres » répétés qui finissent par tasser et saturer le pot. Une eau peu minéralisée convient à beaucoup d’orchidées, mais certains Paphiopedilum tolèrent bien une eau légèrement calcaire : adaptez selon l’espèce et observez la plante.
  • Hygrométrie et ventilation. Une humidité de 50 à 70 % est confortable, mais elle doit aller avec une bonne aération. C’est un point clé pour limiter les maladies cryptogamiques. Un plateau de billes d’argile humides sous le pot (sans que le fond du pot trempe) aide en hiver dans les intérieurs chauffés.
  • Rempotage. Tous les 12 à 24 mois, quand le substrat se dégrade. Un substrat vieux retient trop l’eau et favorise les pourritures. Rempotez après floraison, en conservant un pot plutôt étroit : les Paphiopedilum aiment être un peu à l’étroit.
  • Engrais. Faible mais régulier en période de croissance. Un engrais orchidées à demi-dose, une fois sur deux (ou une fois sur trois) lors des arrosages, puis rinçage à l’eau claire de temps en temps pour éviter l’accumulation de sels.
  • Attention réglementation. De nombreux Paphiopedilum sont protégés (CITES). Achetez toujours des plantes issues de culture, avec traçabilité, plutôt que des prélèvements.

5 espèces d’orchidées Paphiopedilum à découvrir

Paphiopedilum bellatulum

L’orchidée Paphiopedilum bellatulum est une espèce originaire de Chine, d’Assam, de Myanmar et de Thaïlande, où elle pousse sur la roche calcaire à une altitude comprise entre 1000 et 1300 m dans les régions soumises à la mousson.

Orchidée dépourvue de pseudobulbe, Paphiopedilum bellatulum se caractérise par une tige florale très courte et surmontée, du printemps à l’été, d’une à deux fleurs surprenantes de 5,5 à 8 cm de diamètre, blanches ou crèmes et tachetées de brun.

De culture délicate, cette orchidée apprécie les climats tempéré froid ou chaud et les expositions ombragées. Elle demande un substrat très drainant et alcalin, ainsi que des arrosages abondants. En hiver, on l’installe dans un espace bien ventilé et frais, autour de 10 °C. Attention, ce Paphiopedilum est notamment sensible aux maladies cryptogamiques.

  • À retenir. Substrat alcalin très aéré, arrosages francs mais pot jamais gorgé d’eau, ventilation irréprochable.
  • Point de vigilance. En intérieur humide et frais, surveillez vite les taches foliaires et les débuts de pourriture au collet.

 

Orchidée Paphiopedilum bellatulum

Paphiopedilum bellatulum, floraison claire tachetée.

Paphiopedilum dayanum

L’orchidée Paphiopedilum dayanum est une espèce terrestre endémique de Bornéo. On la rencontre à l’état sauvage sur le Mont Kinabalu, entre 300 et 1450 m d’altitude.

Ce Sabot de Vénus se caractérise par des feuilles tachetées de vert foncé et de jaune et des inflorescences à fleur unique et proéminente (de 12 à 15 cm de diamètre). Une floraison facilement identifiable en raison de son staminode réniforme (en forme de rein) et de son pavillon dorsal strié.

Paphiopedilum dayanum demande une température moyenne toute l’année, et aucun repos hivernal. On l’installe dans un substrat standard pour Paphiopedilum, sous une exposition assez lumineuse, mais sans soleil direct. Cette orchidée apprécie les différences de températures marquées entre le jour et la nuit.

  • À retenir. Stabilité thermique avec nuits un peu plus fraîches, lumière douce mais présente, substrat standard très drainant.
  • Astuce culture. Une aération quotidienne et un pot bien percé limitent fortement les soucis racinaires.

 

Orchidée Paphiopedilum dayanum

Paphiopedilum dayanum, fleur unique très graphique.

Paphiopedilum charlesworthii

Présente en Chine, Thaïlande, Myanmar et Assam, l’orchidée Paphiopedilum charlesworthii pousse en altitude (1200 à 1600 m) dans les anfractuosités de roche calcaire des régions soumises à la mousson.

Ce Sabot de Vénus terrestre se caractérise par ses petites dimensions (de 10 à 15 cm de hauteur) et ses feuilles vert clair et tachetées de pourpre sur la face inférieure. Son inflorescence porte une fleur unique de 6 à 8 cm de diamètre.

Ce Paphiopedilum demande un climat tempéré en été et frais en hiver, ainsi que des arrosages réguliers toute l’année, bien que plus espacés par températures basses. Une exposition lumineuse, mais sans soleil direct, lui est également profitable.

  • À retenir. Fraîcheur hivernale utile, mais substrat jamais détrempé : le ressuyage est votre meilleur repère.
  • Bon geste. En hiver, arrosez le matin pour que la plante sèche partiellement avant la baisse nocturne des températures.

 

Orchidée Paphiopedilum charlesworthii var alba

Paphiopedilum charlesworthii var. alba.

Paphiopedilum concolor

On rencontre l’orchidée Paphiopedilum concolor en Chine, au Cambodge, au Laos, à Myanmar, en Thaïlande et au Vietnam, où elle pousse en altitude (entre 100 et 1000 m) dans des poches d’humus.

Ce Sabot de Vénus, terrestre ou épiphyte selon la variété, est une espèce naine (de 10 à 15 cm de hauteur) qui pousse en touffes. Son feuillage et ses fleurs offrent notamment de nombreuses variations de couleurs.

De culture délicate, ce Paphiopedilum se montre sensible aux maladies cryptogamiques. On le cultive à chaleur tempérée et sous une exposition ombragée. Les arrosages doivent être réguliers, mais sans excès, et interviennent uniquement lorsque le substrat est sec. Un substrat que l’on choisit très drainant et à tendance alcaline. En hiver, cette orchidée apprécie d’être installée dans un endroit un peu plus frais.

  • À retenir. Arrosez seulement quand le mélange est sec en surface, et privilégiez un substrat drainant à tendance alcaline.
  • Astuce pratique. Un pot transparent (ou un pot intérieur perforé) aide à contrôler l’état des racines et le niveau d’humidité.

 

Orchidée Paphiopedilum concolor 'Select' x 'Fox Valley'

Paphiopedilum concolor ‘Select’ x ‘Fox Valley’.

Paphiopedilum delenatii

Originaire du Sud-Est du Vietnam, Paphiopedilum delenatii est une orchidée qui pousse en altitude (entre 800 et 1300 m) dans les sols acides où ses racines sont en contact avec la roche.

Ce Sabot de Vénus terrestre se caractérise par un feuillage marbré de vert foncé et vert clair. De l’automne jusqu’au printemps, son inflorescence porte une unique fleur de 7,5 à 8,5 cm de diamètre, de couleur rose et au labelle en poche arrondie d’un rose plus soutenu.

Ce Paphiopedilum demande une température de plus de 20 °C toute l’année. On le cultive dans un substrat acide, frais et très drainant. De culture délicate, cette orchidée se montre sensible aux maladies cryptogamiques et au froid.

  • À retenir. Substrat acide, chaleur stable, pas de froid : c’est l’espèce « cocon » par excellence.
  • Point de vigilance. En dessous de 18 °C, ralentissez nettement les arrosages et renforcez la ventilation.

 

Orchidée Paphiopedilum delenatii

Paphiopedilum delenatii, floraison rose très élégante.

Maladies et parasites

  • Maladies cryptogamiques. Taches brunes sur les feuilles, pourriture au collet, racines qui noircissent : ce sont les alertes classiques. Elles apparaissent souvent quand l’air est trop humide sans circulation, quand le substrat est dégradé, ou quand l’eau stagne au cœur de la rosette. Retenez une règle simple : air qui circule, substrat qui respire, eau qui s’écoule.
  • Cochenilles et thrips. Les cochenilles se logent volontiers à l’aisselle des feuilles et sur les hampes, tandis que les thrips marquent parfois les fleurs et les jeunes feuilles. Inspectez régulièrement, isolez une plante suspecte et nettoyez mécaniquement (coton légèrement humidifié) avant tout traitement.
  • Acariens. En air très sec et chaud, de fines ponctuations claires sur le feuillage peuvent apparaître. Augmentez l’hygrométrie sans détremper, et améliorez l’aération.
  • Prévention. Rempotage régulier, outils propres, feuilles sèches la nuit, et pas d’eau stagnante dans les cache-pots. Ce sont les gestes les plus efficaces sur le long terme.

Conseils du jardinier – FAQ

  • Où placer un Paphiopedilum dans la maison ?
    Installez-le près d’une fenêtre lumineuse sans soleil direct, idéalement exposition Est. Évitez les courants d’air froid et les radiateurs qui assèchent l’air.
  • Quand arroser un Paphiopedilum ?
    Arrosez quand le substrat a ressuyé en surface. Arrosez abondamment puis laissez égoutter, sans eau stagnante. En hiver, espacez davantage si la température baisse.
  • Quel substrat utiliser pour un Paphiopedilum ?
    Un substrat très drainant et aéré : écorces, perlite ou pierre ponce, parfois un peu de sphaigne. Certaines espèces calcicoles aiment une tendance alcaline, d’autres (comme P. delenatii) préfèrent un mélange plus acide.
  • Pourquoi mon Paphiopedilum ne fleurit-il pas ?
    Les causes les plus fréquentes sont un manque de lumière, l’absence d’écart de température jour / nuit, ou un substrat trop vieux qui affaiblit les racines. Une fertilisation trop riche en azote peut aussi favoriser les feuilles au détriment des fleurs.
  • Faut-il couper la hampe florale après floraison ?
    Oui, une fois la fleur fanée et la hampe jaunie, coupez proprement au ras, avec un outil désinfecté. La rosette qui a fleuri ne refleurit généralement pas, mais la plante produit de nouvelles pousses à la base.
  • Les Paphiopedilum sont-ils difficiles à cultiver ?
    Ils peuvent l’être si l’arrosage est irrégulier ou si l’air est stagnant. Avec un substrat aéré, une lumière douce et une bonne ventilation, beaucoup d’espèces deviennent très fiables et durables en intérieur.

Photos : Isabela Cocoli, Felix, Naoki Takebayashi, Alvin Kho, Maja Dumat

 


Écrit par Solenne Ricard | Diplômée d'Art et passionnée de botanique, Solenne a choisi d'utiliser sa sensibilité aux questions environnementales pour écrire sur les plantes et le jardinage. Cette amatrice de bonne cuisine cultive son potager en permaculture et utilise ses récoltes pour concocter quotidiennement de petits plats bio et écolos. Rédactrice confirmée, boulimique de littérature et amoureuse du beau, elle dévore tous les livres à sa portée.