Besoin d'un conseil ? ☎ 02.40.73.98.29
★★★★★4,9
Accueil / Plantes et Bien-Être / Alchémille : ce que l’herboristerie prête à « l’herbe aux femmes »

Alchémille : ce que l’herboristerie prête à « l’herbe aux femmes »

Alchemille bienfaits

Petite vivace duveteuse aux feuilles rondes et dentelées, l’alchémille est l’une des plantes les plus citées de l’herboristerie féminine. Feuilles séchées, infusion du soir, décoction plus corsée, bain de jambes : voici ce que la tradition en fait, comment la préparer chez soi, et surtout dans quels cas il vaut mieux s’en abstenir.

alchemille sante
Les feuilles duveteuses, partie récoltée pour les tisanes

Carte d’identité de l’alchémille

Nom latin Alchemilla spp., surtout Alchemilla vulgaris
Famille Rosacées
Autres noms Pied-de-lion, manteau de Notre-Dame, porte-rosée, herbe aux femmes
Partie utilisée Feuilles et parties aériennes fleuries, séchées
Formes d’emploi Infusion, décoction, bain et compresse en usage externe, teinture
Saison de récolte Du début de la floraison à la fin de l’été, par temps sec
Goût Herbacé, légèrement amer, nettement astringent (bouche sèche, comme un thé trop infusé)

Ce qu’on lui prête

L’alchémille traîne derrière elle une longue réputation de « plante des femmes », largement documentée dans les herbiers anciens. Voici ce que la tradition lui attribue — et rien de plus :

  • Le confort du cycle féminin : les herboristes la conseillent traditionnellement aux femmes pendant les périodes de règles inconfortables ou de syndrome prémenstruel. C’est son usage le plus ancien et le plus constant.
  • Un rôle dit « lutéinique » : la naturopathie lui prête une action de soutien de la seconde partie du cycle, d’où son surnom d’herbe aux femmes.
  • Les jambes lourdes : elle est réputée décongestionnante en application externe, et c’est à ce titre qu’on la retrouve dans les bains de jambes et les compresses de l’herboristerie traditionnelle.
  • Le confort digestif : sa forte teneur en tanins lui vaut une réputation astringente, et l’usage populaire y recourait en cas de transit passager trop rapide.
  • Les soins externes de la peau : en herboristerie traditionnelle, les compresses de décoction refroidie étaient appliquées sur de petites irritations cutanées superficielles.
  • La bouche et la gorge : son astringence explique sa présence historique dans les bains de bouche et gargarismes de la tradition.

Ces emplois relèvent du savoir d’usage transmis par l’herboristerie et la naturopathie. Ils ne se substituent à aucune prise en charge.

Comment l’employer

Tout part de la feuille séchée. On la trouve en herboristerie, en vrac, ou on la sèche soi-même. Trois préparations couvrent l’essentiel des usages.

L’infusion, la forme du quotidien

  • Comptez une cuillère à café bien pleine de feuilles séchées émiettées pour une tasse d’eau (environ 200 ml).
  • Portez l’eau à frémissement, versez sur les feuilles, couvrez.
  • Laissez infuser 8 à 10 minutes, puis filtrez.
  • Moment d’usage courant : en fin de journée ou après le repas. Le goût est franchement astringent ; une rondelle de citron ou une pointe de miel l’adoucit.
  • La tradition la consomme par cures courtes, de quelques jours à une dizaine de jours, plutôt qu’en continu.

La décoction, plus concentrée

  • Deux cuillères à café de parties aériennes séchées pour une tasse d’eau froide.
  • Portez le tout à ébullition, puis laissez frémir 3 à 5 minutes à couvert.
  • Laissez reposer 10 minutes hors du feu avant de filtrer.
  • Le liquide est plus sombre, plus âpre : elle s’utilisé ponctuellement, rarement sur la durée.

Le bain et la compresse, en usage externe

  • Pour un bain de jambes : une grosse poignée de parties aériennes séchées (une cinquantaine de grammes) dans un litre d’eau bouillante, 15 minutes d’infusion à couvert, puis filtrez et ajoutez à l’eau du bain ou de la bassine.
  • Terminez à l’eau fraîche, des chevilles vers les genoux : c’est ce geste, plus que la plante, qui procure la sensation de légèreté immédiate.
  • Pour une compresse : imbibez un linge propre de décoction refroidie et appliquez quelques minutes sur une peau intacte.

En cuisine

  • Les très jeunes feuilles se glissent, hachées finement, dans une salade composée ou un fromage frais.
  • Leur astringence est marquée : dosez-les comme une herbe d’accent, pas comme une salade à part entière.

Quelle forme pour quel usage ?

Forme Préparation Usage qu’on lui prête
Infusion 1 c. à café de feuilles séchées / tasse, 8 à 10 min à couvert Forme de base de l’herboristerie pour le confort du cycle et la digestion
Décoction 2 c. à café / tasse, 3 à 5 min d’ébullition douce Version plus concentrée, réservée aux usages ponctuels par la tradition
Bain de jambes Une poignée de plante séchée par litre, infusée 15 min puis filtrée Usage externe réputé décongestionnant sur les jambes lourdes
Compresse Décoction refroidie, linge propre imbibé Application externe traditionnelle sur petites irritations de peau intacte
Teinture Extrait alcoolique prêt à l’emploi, du commerce Forme pratique en voyage, à utiliser selon les indications du fabricant

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : une cuillère à café de feuilles séchées, dix minutes à couvert, en cure courte plutôt qu’en tisane quotidienne toute l’année.

Quelle partie de l’alchémille utilisé-t-on ?

Les feuilles et les parties aériennes fleuries, séchées. La racine n’entre pas dans les usages courants de l’herboristerie domestique. On récolte de la floraison à la fin de l’été, par temps sec, et l’on sèche à l’ombre.

Pourquoi la tisane a-t-elle un goût si sec en bouche ?

C’est l’astringence des tanins galliques, très présents dans la feuille. Cette sensation de bouche sèche est normale et signe une infusion bien chargée. Si elle vous gêne, raccourcissez l’infusion à cinq minutes ou associez l’alchémille à de la mélisse.

Peut-on en boire tous les jours ?

La tradition herboriste privilégie les cures courtes, de quelques jours, plutôt qu’un usage continu. Prise longtemps ou à fortes doses, l’alchémille peut favoriser la constipation. Et plusieurs situations la contre-indiquent totalement : contraceptif oral, gastrite, ulcère, risque de thrombose ou de phlébite, traitement par anti-vitamines K.

Comment l’utiliser pour les jambes lourdes ?

En usage externe : faites infuser une poignée de parties aériennes séchées dans un litre d’eau bouillante, filtrez et ajoutez à l’eau du bain ou d’une bassine. Terminez par un jet d’eau fraîche des chevilles vers les genoux, geste auquel la naturopathie attribue l’essentiel de la sensation de légèreté.

Faut-il l’acheter en vrac ou en poudre ?

En vrac, de préférence : on voit les feuilles entières, leur couleur et leur intégrité, ce qui renseigne sur la fraîcheur du lot. Conservez-les en bocal hermétique à l’abri de la lumière, et renouvelez votre réserve chaque année.

Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.

Photos : ©Bankiers, ©Hetizia


🌿 Cet article vous a plu ?

Jardin, animaux, recettes, nature & bien-être — chaque jour une nouvelle inspiration sur nos réseaux.

Suivez-nous
Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.