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Ginseng : ce que l’herboristerie prête à cette racine et comment l’employer
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Racine emblématique des pharmacopées d’Asie, le ginseng se consomme en infusion, en poudre, en macérat ou tout simplement tranché dans un bouillon. Cette fiche rassemble l’essentiel : quelle partie utiliser, sous quelle forme, à quel moment de la journée, quel goût attendre, et surtout ce qui doit vous faire demander conseil avant d’en prendre.
Décoction, poudre, gélules d’extrait sec, macérat alcoolique, tranches en cuisine
Saison de récolte
Automne, sur des plants de 4 à 6 ans (en culture)
Goût
Terreux et légèrement sucré au départ, puis franchement amer, avec une note boisée
Les grandes variétés que l’on trouve
Le ginseng coréen (Panax ginseng C.A. Meyer), appelé « ginseng chaud » dans la tradition asiatique, est le plus recherché.
Le ginseng blanc : racine nettoyée puis séchée, au goût plus végétal.
Le ginseng rouge : racine traitée à la vapeur puis séchée, plus foncée, au goût caramélisé et plus corsé.
Le ginseng américain (Panax quinquefolius), dit « ginseng froid », considéré en médecine chinoise comme moins stimulant que le rouge.
Les « faux ginsengs » : l’ashwagandha (dit ginseng indien) et la maca du Pérou, auxquels la tradition prête des usages voisins, mais qui ne contiennent aucun ginsénoside.
Ce qu’on lui prête
Le ginseng figure dans la pharmacopée de la médecine traditionnelle chinoise depuis au moins deux millénaires, et son usage en Asie remonterait à bien plus loin encore. Voici ce que les traditions et l’herboristerie lui attribuent :
La naturopathie le classe parmi les plantes adaptogènes, c’est-à-dire celles réputées aider l’organisme à mieux composer avec les périodes de tension.
On l’emploie traditionnellement en Extrême-Orient comme fortifiant, dans les coups de fatigue passagers et les périodes de convalescence.
Les herboristes le conseillent volontiers lors des périodes de forte charge mentale : examens, surcroît de travail, efforts intellectuels prolongés.
La tradition asiatique lui prête un soutien des défenses naturelles, notamment à l’entrée de l’hiver.
Il est réputé aphrodisiaque : c’est à ce titre, avec celui de stimulant nerveux, que l’Occident l’a adopté à partir du XVIIIe siècle.
Certains écrits rapportent que des peuples amérindiens l’utilisaient pour favoriser la fertilité féminine et pour fortifier les personnes âgées.
La littérature indienne ancienne en fait une plante « qui donne la vie », dotée de pouvoirs magiques — une légende veut même qu’il permette d’accoucher sans douleur.
Comment l’employer
En décoction (la préparation de base)
Comptez quelques fines tranches de racine séchée, soit l’équivalent d’une petite cuillère à café, pour un grand bol d’eau.
La racine est dure : on la fait bouillir une dizaine de minutes plutôt que simplement infuser.
Filtrez et buvez chaud, le matin ou en tout début d’après-midi.
Le goût est amer : une rondelle de gingembre, un zeste d’agrume ou un peu de miel l’adoucissent nettement.
L’usage traditionnel se fait par périodes courtes, entrecoupées de pauses, plutôt qu’en continu.
En poudre ou en gélules
Forme la plus pratique au quotidien, et la plus régulière en teneur.
Respectez scrupuleusement les indications portées sur l’emballage : les extraits sont concentrés et les titrages varient énormément d’un produit à l’autre.
La poudre se mélange dans un peu de miel, un yaourt ou une boisson chaude, toujours en première partie de journée.
En macérat alcoolique
Placez des morceaux de racine dans un bocal, couvrez d’eau-de-vie, fermez.
Laissez macérer environ trois semaines à l’abri de la lumière, en secouant le bocal de temps à autre.
Filtrez, mettez en flacon compte-gouttes. On en prend quelques gouttes diluées dans un fond d’eau.
En cuisine
Quelques tranches de racine se glissent dans un bouillon, une soupe ou un ragoût mijoté — c’est l’usage coréen classique, notamment dans les bouillons de poule.
La cuisson longue arrondit l’amertume et parfume le plat d’une note boisée.
Les tranches cuites peuvent se manger, même si elles restent fibreuses.
Forme
Préparation
Quand l’utiliser
Décoction
Racine séchée bouillie une dizaine de minutes, puis filtrée
Le matin, pour ceux qui aiment le rituel de la boisson chaude
Poudre / gélules
Prête à l’emploi, selon les indications de l’étiquette
Usage régulier et mesuré, sans préparation
Macérat alcoolique
Racine dans l’eau-de-vie, trois semaines, à l’abri de la lumière
Quelques gouttes diluées, longue conservation
Tranches en cuisine
Ajoutées au bouillon, à la soupe ou au ragoût en début de cuisson
La façon la plus douce de découvrir le goût
La racine séchée, seule forme utilisée en herboristerie
Questions fréquentes
L’astuce à retenir : faites bouillir la racine une dizaine de minutes plutôt que de l’infuser, et buvez-la le matin — jamais le soir.
Pourquoi faut-il faire bouillir le ginseng au lieu de l’infuser ?
La racine est ligneuse et très dense : une simple infusion à l’eau frémissante n’en extrait presque rien. On la fait donc bouillir une dizaine de minutes dans un bol d’eau, c’est une décoction. Filtrez ensuite et buvez chaud.
Quelle différence entre ginseng blanc et ginseng rouge ?
Il s’agit de la même plante, seul le traitement après récolte change. Le blanc est nettoyé puis séché, le rouge passe d’abord à la vapeur : il devient plus foncé et son goût se caramélise. La tradition asiatique considère le rouge comme le plus tonique des deux.
À quel moment de la journée le prendre ?
Le matin ou en tout début d’après-midi. L’effet tonifiant de la racine peut être à l’origine d’anxiété ou d’insomnie, donc toute prise en fin de journée est à éviter. Mieux vaut aussi ne pas la cumuler avec du café le même jour.
Le ficus ginseng vendu en jardinerie, c’est la même plante ?
Absolument pas. Le ficus ginseng est un petit arbre d’intérieur au tronc renflé, purement ornemental et décoratif ; il ne se consomme sous aucune forme. Le vrai ginseng est une plante herbacée de la famille des Araliacées dont on n’utilisé que la racine.
Peut-on en prendre quand on est diabétique ?
Pas sans encadrement. Les personnes diabétiques doivent être sous surveillance si elles consomment du ginseng, car les préparations et les teneurs varient beaucoup et aucun protocole précis ne peut être défini. L’avis du médecin est ici indispensable.
Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.
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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.