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Les races de chiens brachycéphales, leurs particularités et leurs fragilités

Les races de chiens brachycéphales

Si l’on envisage d’adopter un chien, il est capital de se renseigner sur les particularités et les fragilités de la race. D’autant plus lorsqu’il s’agit des races de chiens brachycéphales. En effet, alors que certains chiens vivent très bien avec cette morphologie d’autres souffrent d’importants problèmes de santé liés à l’accentuation extrême des caractéristiques exigées par le standard de la race.

Un chien brachycéphale, c’est quoi ?

Les races de chiens brachycéphales ont un crâne plus large que long, une face aplatie, des yeux globuleux et des mâchoires prognathes (propulsées vers l’avant).

Ces caractéristiques ne sont pas naturelles. Elles ont été obtenues à la suite de nombreux croisements et d’importantes manipulations génétiques pour satisfaire les exigences esthétiques des amateurs du genre.

Le bouledogue français, le bouledogue anglais, le carlin et le shih tzu sont particulièrement concernés.

Les races de chiens brachycéphales, c'est quoi ?

Tête plus large que longue, face aplatie : une morphologie qui peut compliquer la respiration.

Races de chiens brachycéphales

 

Races Origine Type de brachycéphalie Risque respiratoire Sensibilité à la chaleur
Bouledogue français France Très marquée Élevé Très élevée
Bouledogue anglais Royaume-Uni Très marquée Très élevé Très élevée
Cane Corso Italie Modérée Modéré Élevée
American Bully États-Unis Modérée à marquée Modéré à élevé Élevée
Boxer Allemagne Marquée Modéré Élevée
Carlin Chine Très marquée Très élevé Très élevée
Staffordshire Bull Terrier Royaume-Uni Légère à modérée Faible à modéré Modérée
Terrier de Boston États-Unis Marquée Élevé Élevée
Shar-Pei Chine Marquée Modéré à élevé Élevée
Pékinois Chine Très marquée Très élevé Très élevée
Cavalier King Charles spaniel. Royaume-Uni Légère Faible à modéré Modérée
Lhassa Apso Tibet Modérée Modéré Modérée à élevée
Bullmastiff Royaume-Uni Marquée Élevé Très élevée
Dogue de Bordeaux France Très marquée Très élevé Très élevée
Griffon belge Belgique Marquée Élevé Élevée
Griffon bruxellois (Petit Brabançon) Belgique Très marquée Très élevé Très élevée
Chow Chow Chine Modérée Modéré Élevée
Épagneul japonais Japon Marquée Élevé Élevée
Épagneul tibétain Tibet Modérée Modéré Modérée à élevée
Mâtin napolitain Italie Très marquée Très élevé Très élevée

 

Le syndrome brachycéphale, de quoi s’agit-il ?

Les caractéristiques anatomiques recherchées pour les races de chiens brachycéphales entraînent diverses malformations. Il résulte de celles-ci un ensemble de pathologies respiratoires inconfortables au quotidien, voire dangereuses pour l’animal. On regroupe ces différentes anomalies sous l’appellation « syndrome brachycéphale ».

 

Le syndrome brachycéphale chez le chien

Le syndrome brachycéphale regroupe des anomalies qui gênent le passage de l’air.

Plusieurs types de problèmes respiratoires :

  • Lorsque les narines du chien sont trop étroites (sténose), l’animal a du mal à respirer correctement.

💡 Une opération est possible pour élargir l’orifice nasal.

  • Il arrive chez les races de chiens brachycéphales que le voile du palais situé au fond de la gorge (partie molle) soit trop long (hypertrophie) et gêne la respiration.

💡 Une opération permet de couper ce voile.

  • Les ventricules laryngés situés à l’entrée du larynx obstruent parfois en partie les voies aériennes (éversion).

💡 Une chirurgie au laser permet de corriger cette anomalie.

On observe également des paralysies ou des œdèmes du larynx ainsi que des rétrécissements de la trachée (hypoplasie).

D’autres anomalies constatées chez ces chiens :

  • Une étroitesse de l’extrémité de l’estomac.
  • Une inflammation chronique des parois de l’œsophage et de l’estomac.

Quelles conséquences ?

Pour certaines races comme le bouledogue anglais, l’espérance de vie de l’animal est réellement impactée (8 ans en moyenne).

Côté respiratoire :

  • Une respiration bruyante.
  • Des ronflements importants.
  • Une intolérance à la chaleur et à l’exercice (avec essoufflement, malaise et chute de tension).
  • Des halètements nombreux et prolongés.

Côté digestif :

  • Nausées et vomissements.
  • Régurgitations.
  • Flatulences.
  • Diarrhée.
  • Selles molles.

Concernant les yeux globuleux :

  • Des écoulements constants avec une mauvaise odeur (canaux lacrymaux qui se bouchent).
  • Une possibilité de cils ectopiques (Shit tzu et cavalier King Charles particulièrement).
  • Des ulcères de la cornée. Les chiens qui ont le nez court évitent moins les obstacles. Il peuvent facilement avoir les yeux blessés (branche au jardin à hauteur de chien, épines, griffe de chat, etc.).

Différence entre “modéré” ou “extrême”

Tous les chiens brachycéphales ne souffrent pas de la même façon. Les risques augmentent lorsque le museau est très court, les narines très serrées, la langue volumineuse et le palais très long. À l’inverse, des lignées plus “fonctionnelles” (nez un peu plus long, narines plus ouvertes, respiration silencieuse au repos) vivent souvent bien mieux.

Si vous envisagez une adoption, regardez le chien à l’arrêt. Un chien qui respire déjà fort sans effort, qui halète souvent, ou qui ronfle en étant simplement éveillé est un chien potentiellement gêné au quotidien. L’objectif est de choisir un individu qui peut vivre sans inconfort permanent, pas seulement une “jolie tête” au sens des standards esthétiques.

Signes d’alerte : quand consulter sans attendre

Certains symptômes doivent alerter, car ils peuvent annoncer une décompensation respiratoire. Plus ils apparaissent tôt, plus il est important d’en parler au vétérinaire.

  • Langue ou gencives bleutées, pâleur, salivation excessive, malaise.
  • Évanouissement, chute soudaine, faiblesse marquée après un effort court.
  • Respiration très bruyante, “tirage” (le chien force) même au repos.
  • Vomissements ou régurgitations fréquents, gêne après les repas.
  • Intolérance majeure à la chaleur, halètement qui ne redescend pas.

Dans ces cas, une évaluation clinique est indispensable. Plus tôt la prise en charge est faite, plus on limite l’évolution des lésions (inflammation chronique, aggravation du passage de l’air).

Entretien : les gestes qui changent tout

Vivre avec un chien brachycéphale demande surtout de la prévention. Le but n’est pas de “surprotéger” mais d’éviter les situations à risque, particulièrement la chaleur et les efforts mal gérés.

  • Sorties aux bonnes heures : le matin tôt et le soir. Éviter les trottoirs brûlants et l’effort en plein soleil.
  • Effort fractionné : préférer plusieurs petites sorties plutôt qu’une longue promenade intensive.
  • Poids de forme : le surpoids aggrave la gêne respiratoire. Chez ces chiens, quelques kilos de trop peuvent faire une énorme différence.
  • Harnais plutôt que collier : un collier peut comprimer la trachée et majorer l’inconfort. Un harnais bien ajusté est souvent plus adapté.
  • Hydratation : eau fraîche à disposition, et vigilance accrue en été.
  • Sommeil et repos : un chien gêné récupère mal. Un environnement calme et frais est un vrai plus.

Que faire en cas de coup de chaleur ?

Le coup de chaleur est l’urgence la plus redoutée chez les brachycéphales. Si votre chien s’effondre, halète de façon extrême ou semble “partir”, agissez immédiatement.

  • Mettre le chien à l’ombre ou dans un endroit frais, loin de l’effort.
  • Humidifier progressivement (pas de bain glacé brutal) : pattes, ventre, aisselles, nuque.
  • Proposer de l’eau fraîche sans forcer.
  • Consulter en urgence : même si le chien semble aller mieux, des complications internes peuvent survenir après coup.

Le meilleur traitement reste la prévention : pas de voiture au soleil, pas d’effort en chaleur, et prudence lors des fortes températures.

Précautions à prendre pour les races de chiens brachycéphales :

  • Offrir à ces chiens des croquettes de grande qualité et très digestes.
  • Disposer leurs croquettes dans des gamelles anti-glouton pour leur éviter d’avaler trop d’air et leur permettre de prendre le temps de bien mastiquer.
  • Laisser toujours de l’eau fraîche à disposition.
  • Les protéger de la chaleur.
  • Pour certaines races, se limiter à des efforts modérés.
  • Nettoyer régulièrement les yeux.
  • Surveiller le poids de l’animal.
  • Consulter un vétérinaire si l’on sent que son animal souffre (difficulté à respirer, collapsus, problèmes digestifs récurrents, etc.).
  • Souscrire à une assurance santé pour animaux dès le plus jeune âge du chien.

💡 Pour les races de moyenne et de grande taille, donner toujours les repas dans un endroit calme et après l’effort pour éviter le fatal retournement de l’estomac.

 

conséquences et précautions à prendre pour les chiens brachycéphales

Prévention : alimentation de qualité, poids maîtrisé, chaleur évitée, suivi vétérinaire régulier.

 

Questions à poser à l’éleveur

Si vous choisissez un chiot, la sélection de l’éleveur est déterminante. Un bon élevage ne cherche pas seulement une tête “très typée”, il cherche un chien capable de vivre normalement.

  • Les parents respirent-ils silencieusement au repos. Peuvent-ils courir sans s’effondrer.
  • Les narines sont-elles bien ouvertes. Le museau est-il un peu plus dégagé.
  • Le chien a-t-il déjà été opéré du voile du palais ou des narines.
  • Quelle est la fréquence des problèmes digestifs et des coups de chaleur dans la lignée.
  • L’éleveur accepte-t-il que vous observiez les chiens adultes en mouvement, pas seulement en photo.

Un éleveur sérieux préfère un chiot un peu moins extrême, mais plus fonctionnel. C’est souvent le meilleur choix pour la santé et pour le budget vétérinaire sur la durée.

Conseils d’expert – FAQ

  • Un chien qui ronfle est-il forcément malade ?
    Pas forcément, mais le ronflement peut être un signe de gêne. Si la respiration est bruyante au repos, si le chien halète souvent, ou s’il s’épuise vite, un avis vétérinaire est utile.
  • Peut-on faire du sport avec un chien brachycéphale ?
    Oui, mais avec prudence. L’objectif est l’activité modérée et régulière, aux heures fraîches, sans surchauffe. Le surmenage est la principale erreur.
  • La chirurgie règle-t-elle le problème définitivement ?
    Elle peut améliorer nettement le confort respiratoire, mais elle ne “transforme” pas un chien extrême en chien sans contraintes. La prévention (poids, chaleur) reste essentielle.
  • Pourquoi ont-ils souvent des troubles digestifs ?
    La difficulté à respirer peut entraîner une déglutition d’air, des régurgitations, et un reflux. Une alimentation très digeste et une prise alimentaire lente peuvent aider.
  • Peut-on voyager facilement avec ces chiens ?
    Pas toujours. Certaines compagnies d’aviation refusent des races brachycéphales. Il faut se renseigner avant, et éviter les trajets en période chaude.
  • Le conseil malin ?
    Après plusieurs décès suite à des complications respiratoires, on refuse les races de chiens brachycéphales dans certaines compagnies d’aviation. Pensez à bien vous renseigner avant d’envisager de prendre l’avion avec votre compagnon.

©Black117BG, ©Seaq 68, ©harald-Landsrath, ©ruebe237

L.D.


Écrit par Lydie Dronet | En immersion dans le monde animalier depuis plus de 20 ans, Lydie partage son expérience et son expertise. Ses autres sujets de prédilection, la nutrition et les vertus des plantes.