Et si une chouette ou un hibou fréquentait votre jardin ? Voici comment les attirer
Un soir, dans le calme de la nuit, vous entendez un hululement. Chouette ou hibou, difficile à dire tant ses rapaces nocturnes se montrent discrets. Pourtant, avec un peu d’attention, on peut déceler leur présence à travers quelques indices. Avec un peu de chance, si vous avez un grand jardin, vous pourriez même accueillir un de ces oiseaux si utiles dans un jardin.
Chouette ou hibou : quelles différences ?
On confond très souvent la chouette et le hibou, au point de penser parfois que l’une est la femelle de l’autre. C’est totalement faux : chouette et hibou sont deux types de rapaces nocturnes appartenant à la même famille (les strigidés), mais ce sont deux genres bien distincts.
Les hiboux se distinguent des chouettes par la présence de aigrettes : ce sont de petites touffes de plumes sur la tête qui donnent l’impression qu’ils ont des « oreilles » pointues.
Les chouettes, quant à elles, ont une tête plus arrondie et sont dépourvues de ces aigrettes. Leur disque facial, souvent bien visible, est en forme de cœur (comme chez la chouette effraie) ou rond (chouette hulotte).
Les deux types de rapaces ont une ouïe très fine, une vision nocturne excellente, et sont dotés de serres puissantes pour attraper leurs proies.
En résumé : la différence entre chouette et hibou repose sur la présence ou l’absence d’aigrettes. Mais leur mode de vie, leur régime alimentaire ou leur territoire peuvent aussi varier d’une espèce à l’autre, quel que soit leur genre.
Les chouettes et les hiboux sont sédentaires, très attachés à leur territoire et souvent à leur site de nidification. Leur territoire diffère suivant les espaces. Ainsi, la chouette hulotte, la chouette chevêchette et la chouette de Tengmalm vivent dans des milieux forestiers alors que la chouette effraie et les hiboux petit-duc et moyen-duc sont plus anthropophiles et vivent en périphérie des villages, parfois des villes, profitant des parcs, des vergers, des jardins…
Les chouettes et les hiboux sont en général monogames et des partenaires peuvent rester ensemble pendant de longues années. La période nuptiale peut commencer dès janvier quand les mâles se mettent à hululer. Une fois la femelle fécondée, chouettes et hiboux se mettent en quête d’un site de nidification. Comme leurs qualités d’architecte sont réduites, ils nichent dans une cavité ou dans un ancien nid de corvidés. Seul le hibou des marais niche au sol dans un nid qu’il crée dans les hautes herbes et les joncs. Quoi qu’il en soit, les chouettes et les hiboux s’établissent toujours là où la nourriture est disponible.
La femelle ne se charge que de la ponte et de la couvaison, nourrie par le mâle. Les œufs éclosent en décalé, ce qui implique une certaine compétition entre les oisillons. Les poussins quittent souvent le nid alors qu’ils ne savent pas encore voler. C’est pourquoi on peut parfois en découvrir sur des branches d’arbres…Il faut absolument les laisser tranquilles.
Comment et quand se nourrissent-ils ?
Tous sont des rapaces nocturnes qui se nourrissent de rongeurs ou de petits mammifères, d’oiseaux, d’insectes. Leur proie dépend de la puissance de leurs serres et de leur taille. Le hibou petit-duc consomme coléoptères et criquets, tandis que le grand-duc peut s’attaquer à des lièvres ou même des faons !
Certains adaptent leur régime à leur environnement : la chouette effraie, souvent installée dans des clochers, peut chasser des chauves-souris. La chouette chevêche, plus active de jour, consomme également des insectes et vers de terre.
Le régime alimentaire varie selon la taille et l’espèce
Comment détecter leur présence ?
Ils hululent dès l’hiver pour marquer leur territoire. Leur chant diffère selon les espèces, et peut être entendu dès janvier ou février.
On peut aussi les repérer perchés en journée, souvent importunés par les pies ou les corneilles. Mais l’indice le plus flagrant reste les pelotes de réjection, ces amas de poils, os et plumes que les rapaces rejettent par le bec. En observant leur contenu, il est même possible d’identifier leur régime alimentaire.
Les pelotes de réjection sont souvent visibles au pied d’un perchoir
Comment attirer chouette et hibou au jardin ?
Un jardin riche en biodiversité, calme et peu éclairé la nuit est propice à leur installation. Vous pouvez favoriser leur venue en :
plantant des arbres à cavités ou en conservant des arbres morts ;
aménageant des tas de bois et des haies variées ;
laissant une zone en friche avec des proies potentielles ;
installant un nichoir spécifique selon l’espèce.
Par exemple, un nichoir pour chouette chevêche mesurera 20 x 20 cm de fond sur 35 cm de hauteur avec une ouverture de 7 cm. Celui pour la chouette hulotte : 25 x 25 cm sur 40 cm de haut, trou d’envol de 12 cm.
Un grand arbre creux ou mort est un habitat idéal pour ces oiseaux
Conseils d’expert – FAQ
Quelle est la différence entre une chouette et un hibou ? Les hiboux portent des aigrettes (petites touffes de plumes sur la tête), contrairement aux chouettes. Leur mode de vie est sinon très proche.
Est-il possible d’attirer un hibou dans un petit jardin ? Il est rare qu’un hibou s’installe dans un petit jardin urbain. Mais une chouette effraie peut venir si des proies sont présentes et que le site reste tranquille.
Est-ce dangereux d’avoir une chouette ou un hibou au jardin ? Pas du tout. Ils sont totalement inoffensifs pour l’homme et très utiles pour réguler les rongeurs ou les insectes.
Les pelotes de réjection sont-elles sales ou porteuses de maladies ? Non, mais si vous les manipulez, il est conseillé de porter des gants ou de bien vous laver les mains après.
Peut-on nourrir les chouettes ou les hiboux ? Non, il est déconseillé de les nourrir. Il vaut mieux enrichir leur habitat pour qu’ils trouvent eux-mêmes leur nourriture.
Écrit par Pascale Bigay | L'écriture a ponctué la vie de Pascale. Tout comme la nature, la botanique, le jardinage... C'est pourquoi à travers ses mots, elle vous fait partager ses expériences et ses découvertes de jardinage, ses plantations de vivaces ou d'arbustes, ses recettes du potager, la vie de ses poules...