Bignone : variétés, floraison et conseils de culture
La bignone que l’on appelle Jasmin de Virginie est une grimpante de toute beauté qui fleurit tout l’été. Plante grimpante caduque, elle est appréciée pour ses grandes fleurs en trompettes aux teintes chaudes : orange, rouge, jaune. Sa floraison estivale, très ornementale, attire les regards tout autant que les insectes pollinisateurs.
Vigoureuse, elle s’accroche seule aux murs grâce à ses racines crampons et permet de couvrir rapidement une façade, une tonnelle ou une clôture. Rustique et résistante à la sécheresse une fois établie, elle est idéale en climat chaud ou tempéré.
Le genre Campsis regroupe plusieurs espèces et hybrides, souvent confondus sous le nom de “bignone”. Elles ont toutes en commun une croissance vigoureuse et une floraison en trompettes, mais leur rusticité, leur vigueur et leur capacité à drageonner peuvent varier.
Espèce / variété
Nom commun
Hauteur adulte
Floraison
Rusticité (°C)
Particularités & usages
Espèces botaniques de bignone
Campsis radicans
Bignone de Virginie
8 à 12 m
Juillet à septembre
-15 à -20
Très vigoureuse, floraison abondante, idéale pour grands murs et pergolas.
Campsis grandiflora
Bignone de Chine
5 à 8 m
Juin à août
-10 à -12
Fleurs très grandes, croissance plus modérée, nécessite climat doux.
Hybrides (vigueur maîtrisée)
Campsis × tagliabuana
Bignone hybride
6 à 10 m
Juin à septembre
-15
Compromis idéal : florifère, moins envahissante que *radicans*.
Variétés horticoles notables
‘Madame Galen’
Bignone saumonée
6 à 8 m
Juin à septembre
-15
Très populaire, floraison abondante, bonne rusticité.
‘Flava’
Bignone jaune
6 à 10 m
Été
-15
Floraison jaune rare chez les bignones.
‘Stromboli’
Bignone rouge foncé
6 à 8 m
Juin à septembre
-15
Coloris rouge intense, très décoratif.
‘Indian Summer’
Bignone compacte
3 à 5 m
Été
-12
Port plus contenu, adaptée aux petits jardins.
Bignones apparentées (climat doux)
Tecomaria capensis
Bignone du Cap
4 à 6 m
Presque toute l’année en climat doux
-5
Non rustique, réservée aux régions méditerranéennes ou en bac.
Plantation de la bignone
Il est recommandé de planter la bignone à l’automne : la terre est encore chaude, l’enracinement démarre vite, et la plante se prépare mieux à la première saison de croissance. Elle peut aussi se planter au printemps, à condition de prévoir des arrosages réguliers au début, surtout si le printemps est sec.
Bignone (Campsis) : une grimpante vigoureuse, idéale pour habiller un mur bien exposé.
Vous pourrez également planter durant l’été si le plant est en conteneur, à condition d’arroser généreusement, de pailler, et d’éviter les périodes de forte chaleur. Cette option reste moins confortable, car le stress hydrique est plus important.
Plantez idéalement dans un mélange de terre du jardin et de terreau, ou de compost bien mûr, pour soutenir la croissance et la floraison.
La bignone aime les situations ensoleillées, surtout au nord de la Loire où c’est indispensable pour fleurir généreusement.
Elle redoute les vents trop frais : installez-la dans un endroit abrité, le long d’un mur qui emmagasine la chaleur.
Préparez un trou large et profond (au moins 40 cm) et améliorez le drainage si la terre est lourde (gravier, sable grossier au fond).
Astuce pour une floraison plus régulière : évitez les excès d’azote (engrais “feuilles” trop riches), qui donnent beaucoup de végétation mais moins de fleurs. Un apport de compost mûr, puis un engrais organique équilibré au printemps, suffit dans la plupart des cas.
Multiplication des bignones :
Le bouturage est aisé sur la bignone et se pratique l’été, profitez-en pour la multiplier.
La floraison des sujets bouturés et non greffés est néanmoins plus longue à obtenir : patience, surtout les deux premières années.
On peut aussi multiplier par marcottage : une tige plaquée au sol et maintenue humide s’enracine souvent facilement.
Taille et entretien de la bignone
Aucune taille n’est vraiment indispensable, mais elle peut s’avérer nécessaire si votre bignone devient envahissante, ou si vous souhaitez concentrer la floraison sur une charpente bien conduite. Les bignones sont des plantes vigoureuses dont il faut parfois contenir la croissance.
La taille de fin d’hiver aide à contenir la bignone et à stimuler la floraison estivale.
Préférez une taille en fin d’hiver, avant le redémarrage de la végétation.
Évitez de tailler en cas de gelées ou de fortes chaleurs.
Conservez uniquement la charpente de la bignone, en supprimant les tiges faibles ou mal placées.
Il n’y a pas de restriction : on peut rabattre sévèrement sans problème, la plante repart généralement du bois.
En ce qui concerne la taille d’entretien, il est préférable de tailler en fin d’hiver les rameaux séchés par le froid et qui ne repousseront pas. Cette taille représente une quarantaine de centimètres sur les pousses de l’année précédente, en gardant des “coursons” courts pour favoriser l’apparition de nouvelles tiges florifères.
Arrosage : la première année, arrosez régulièrement pour favoriser l’enracinement. Ensuite, une bignone bien installée résiste mieux à la sécheresse, mais une période très chaude et sèche peut réduire la floraison : un arrosage copieux au pied, de temps en temps, peut relancer la plante.
Paillage : en sol léger ou au pied d’un mur très chaud, un paillage organique limite l’évaporation et aide à stabiliser l’humidité.
Maladies et parasites
Assez résistante, la bignone est rarement en difficulté si l’exposition est chaude et le sol correctement drainé. Quelques situations reviennent toutefois au jardin :
Pucerons : ils se regroupent parfois sur les jeunes pousses. Un jet d’eau, ou une pulvérisation de savon noir en cas d’invasion, suffit généralement.
Araignées rouges : surtout en atmosphère très sèche et chaude, sur feuillage stressé par le manque d’eau. Augmentez l’humidité au pied et évitez le stress hydrique.
Problèmes fréquentes :
Drageons (rejets) : surtout avec Campsis radicans, qui peut émettre des pousses à distance. Coupez-les au ras, et si besoin installez une barrière anti-rhizome lors de la plantation.
Support : ses crampons s’accrochent aux supports rugueux. Sur un crépi fragile, une bignone âgée peut devenir lourde : mieux vaut une structure solide (treillis, câbles) si la façade est délicate.
A savoir sur la bignone
La bignone est une des grimpantes bien connues pour la beauté de leur floraison et pour sa grande rusticité.
Son pouvoir couvrant en fait la plante idéale pour cacher un vieux mur de parpaing ou de béton, un tronc d’arbre, ou pour embellir une tonnelle ou une pergola.
Elle a une bonne rusticité puisqu’elle résiste au gel allant de -10° jusqu’à -15° selon l’espèce, l’exposition et la durée du froid.
Une bignone met parfois 2 à 3 ans avant de fleurir abondamment : une bonne installation racinaire est souvent la clé.
En pleine floraison, la bignone offre des grappes de trompettes colorées tout l’été, très attractives pour les pollinisateurs.
Conseils du jardinier – FAQ
La bignone est-elle envahissante ? Certaines variétés, notamment Campsis radicans, peuvent drageonner. Il est conseillé de surveiller son développement ou d’installer une barrière anti-rhizome, et de supprimer les rejets au fur et à mesure.
Peut-on la cultiver en pot ? Oui, si vous choisissez un grand pot (40 L ou plus), un bon drainage, un substrat riche, et un arrosage régulier en été. Prévoyez aussi un support solide, car la plante devient lourde avec le temps.
Est-ce une plante mellifère ? Oui. Les fleurs attirent abeilles, bourdons et papillons, même si le nectar est parfois difficile d’accès. Placée près du potager, elle peut contribuer à l’activité des pollinisateurs en été.
Peut-elle grimper seule ? Oui. Grâce à ses crampons, elle s’accroche seule aux murs rugueux, sans support supplémentaire. Sur une surface lisse, un treillis ou des câbles facilitent la conduite.
Pourquoi ma bignone ne fleurit pas ? Les causes les plus fréquentes : manque de soleil, taille au mauvais moment, excès d’engrais azoté, ou plante trop jeune. Un emplacement chaud, un sol drainé, et une taille de fin d’hiver favorisent souvent la floraison.
Le conseil malin ? Durant les fortes chaleurs, préférez des arrosages réguliers mais limités le soir, au pied, puis paillez pour conserver la fraîcheur. Un arrosage profond, moins fréquent, est plus efficace qu’un arrosage superficiel répété.
Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.