Le paillage consiste à recouvrir le sol d’une couche de matériaux végétaux ou minéraux. Au potager, dans les massifs, au pied des arbres ou dans les pots, il limite l’évaporation de l’eau, freine la levée des mauvaises herbes et protège le sol des fortes variations de température. Le choix du paillis dépend toutefois des plantes, du sol et de l’effet recherché.
| Principe | Couvrir la surface du sol |
| Principaux avantages | Moins d’évaporation, moins d’adventices, protection du sol |
| Paillis végétaux | Paille, feuilles mortes, BRF, lin, chanvre, miscanthus, écorces, tontes séchées… |
| Paillis minéraux | Pouzzolane, gravier, ardoise, galets… |
| Épaisseur | Variable selon le matériau et son calibre, généralement quelques centimètres |
| Période | Toute l’année selon l’objectif, avec une mise en place fréquente au printemps ou à l’automne |
Dans la nature, un sol reste rarement totalement nu : feuilles mortes, débris végétaux et végétation basse forment progressivement une couverture protectrice. Le paillage reproduit en partie ce fonctionnement au jardin.
Une couche suffisamment épaisse réduit la quantité de lumière atteignant la surface du sol. La germination et le développement de nombreuses adventices sont ainsi freinés.
Le paillage ne constitue pas pour autant un désherbant absolu. Certaines vivaces déjà installées, comme le chiendent ou le liseron, peuvent traverser la couche. Il est donc préférable de désherber soigneusement avant de pailler.
En protégeant la terre du soleil et du vent, le paillis ralentit son dessèchement. Les arrosages peuvent ainsi être espacés, ce qui devient particulièrement intéressant pendant les périodes chaudes et sèches.
Cette protection est utile au potager, mais aussi pour les jeunes arbres, arbustes et vivaces dont le système racinaire n’est pas encore profondément installé.
Le paillage limite l’impact direct des pluies battantes, réduit la formation d’une croûte superficielle et amortit certaines variations de température.
Une couche de matière organique peut également contribuer à préserver l’activité biologique des premiers centimètres du sol.
Les paillis végétaux se décomposent progressivement. Feuilles, paille, BRF ou tontes sèches finissent ainsi par rejoindre la matière organique du sol.
Cette décomposition ne signifie pas qu’un paillis remplace systématiquement une fertilisation : son effet dépend beaucoup du matériau utilisé et de sa vitesse de dégradation.
On distingue deux grandes familles. Leur fonctionnement et leur durée de vie sont très différents.
Il est constitué de matières organiques : paille, feuilles mortes, broyat de branches, BRF, écorces, chanvre, lin, miscanthus, tontes séchées ou encore coques végétales.
Son principal intérêt est d’évoluer avec le sol. Il se décompose plus ou moins rapidement et doit donc être renouvelé régulièrement.
À lire : paillis végétal : lequel choisir et comment l’utiliser ?
Gravier, pouzzolane, ardoise ou galets ne se décomposent pratiquement pas. Leur durée de vie est donc nettement supérieure.
Ils sont particulièrement intéressants dans les rocailles, les jardins secs, autour de certaines plantes méditerranéennes et dans les aménagements où l’aspect décoratif est recherché.
À lire : paillis minéral : avantages, matériaux et utilisation.
Le meilleur paillage est celui qui correspond à la plante, au type de sol et à l’utilisation recherchée. Voici les principales possibilités.
| Paillage | Atouts | Utilisations |
|---|---|---|
| Paille | Légère, isolante, facile à étaler | Potager, fraisiers, courges |
| Feuilles mortes | Gratuites, riches en matière organique | Massifs, arbustes, arbres, potager |
| BRF et broyat | Durable, valorise les tailles du jardin | Arbres, arbustes, haies, vivaces |
| Lin, chanvre, miscanthus | Faciles à utiliser, propres et décoratifs | Potager, massifs, pots |
| Écorces de pin | Décoratives, décomposition lente | Arbustes et plantes appréciant les sols à tendance acide |
| Tontes de gazon | Gratuites, décomposition rapide | Potager et massifs, en couches fines ou après séchage |
| Pouzzolane, gravier, ardoise | Très durables, décoratifs | Rocailles, plantes méditerranéennes, massifs secs, pots |
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Autre solution : le paillage de coco, ses formes et ses utilisations.
Un bon paillage commence toujours par la préparation du terrain. Déposer une épaisse couche sur des adventices déjà installées ne suffit pas toujours à les éliminer.
Il n’existe pas une épaisseur valable pour tous les matériaux. Un broyat grossier, des feuilles mortes, des paillettes de lin ou du gravier ne se comportent pas de la même manière.
À titre indicatif, une couche d’environ 5 à 8 cm convient à de nombreux paillis végétaux autour des arbres, arbustes et vivaces. Les matériaux fins doivent souvent être appliqués moins épais pour éviter qu’ils ne se tassent ou ne fermentent.
Avec un paillage minéral, l’épaisseur dépend surtout du calibre du matériau et de l’effet recherché.
Le paillage peut être utilisé presque toute l’année, mais deux périodes sont particulièrement intéressantes.
Attendez que la terre commence à se réchauffer avant de poser une couche importante, notamment au potager. Un paillis installé très tôt sur un sol froid peut ralentir son réchauffement.
Lorsque le sol est suffisamment chaud et humide, le paillage devient au contraire précieux pour conserver cette fraîcheur avant l’arrivée de l’été.
L’automne est une excellente période pour utiliser les feuilles mortes et autres matériaux disponibles au jardin. Le sol reste ainsi protégé des pluies battantes et des variations de température pendant l’hiver.
Le potager est probablement l’endroit où le paillage apporte les bénéfices les plus visibles : moins d’évaporation, moins de terre nue et moins de désherbage.
Les matériaux très fins et riches en eau, comme les tontes fraîches, doivent être utilisés en couches minces ou préalablement séchés pour limiter le tassement et la fermentation.
Le paillage est particulièrement utile pendant les premières années suivant la plantation d’un arbre ou d’un arbuste.
Il limite la concurrence de l’herbe à proximité des racines et ralentit le dessèchement de la terre.
Feuilles mortes, broyat de branches, BRF ou écorces peuvent être utilisés. Étalez le matériau autour de la plante mais ne formez pas un cône de paillis contre le tronc. La base doit rester dégagée.
Dans les massifs, le choix dépend beaucoup du style recherché et des plantes cultivées.
Les écorces et broyats donnent un aspect naturel autour des arbustes et vivaces. Le lin, le chanvre ou le miscanthus produisent une couverture plus fine et claire.
Pour les lavandes, romarins, santolines et de nombreuses plantes méditerranéennes, un paillage minéral est souvent plus cohérent avec leurs besoins en sol drainant.
Pour choisir votre paillage, partez d’abord des besoins de la plante et du sol, et non de l’aspect du matériau. Une courgette cultivée en été, un jeune arbre fruitier et une lavande n’ont pas besoin de la même couverture : paillis végétal pour conserver l’humidité dans les deux premiers cas, matériau minéral et drainant souvent plus adapté dans le troisième.
Le paillage n’est pas toujours synonyme de couche épaisse de matière végétale. Certaines plantes apprécient au contraire un environnement sec autour de leur collet.
C’est notamment le cas de nombreuses :
Pour ces végétaux, préférez une couche minérale drainante ou un paillage organique très modéré, sans jamais recouvrir le collet.
Un paillage végétal humide crée un milieu frais et abrité qui peut également profiter aux limaces et escargots.
Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer au paillage. Au potager, surveillez surtout les jeunes plants sensibles après la mise en place d’un paillis et évitez les couches excessivement épaisses et constamment humides.
Le paillis héberge parallèlement une faune beaucoup plus diverse : vers de terre, insectes et autres organismes participent à la vie du sol.
Oui, et c’est même l’un des grands intérêts du paillage. Une partie importante des matières produites par le jardin peut être valorisée directement sur place.
Les feuilles mortes, tontes de gazon séchées et tailles d’arbustes broyées constituent ainsi d’excellentes ressources lorsqu’elles sont saines et correctement utilisées.
Cette pratique réduit les déchets verts à évacuer tout en restituant progressivement de la matière organique au jardin.
Il n’existe pas de meilleur paillage universel. Au potager, paille, chanvre, lin, miscanthus ou feuilles peuvent convenir. Sous les arbres et arbustes, broyat, BRF et feuilles mortes sont intéressants. Pour les plantes de terrain sec, un paillage minéral est souvent préférable.
L’épaisseur dépend du matériau. Pour de nombreux paillis végétaux grossiers, quelques centimètres suffisent et une couche de l’ordre de 5 à 8 cm est courante autour des arbres, arbustes et vivaces. Les matériaux fins nécessitent généralement une couche moins importante.
Le printemps, une fois le sol réchauffé, est une période idéale pour conserver l’humidité avant l’été. L’automne convient également très bien pour protéger le sol et valoriser les feuilles mortes.
Pas systématiquement. Un paillis végétal sain peut continuer à se décomposer en surface et être simplement complété. Retirez en revanche les matières présentant un problème sanitaire ou une couche devenue inadaptée aux cultures suivantes.
Les matériaux ligneux très riches en carbone peuvent immobiliser temporairement de l’azote lorsqu’ils sont mélangés au sol. Utilisés comme paillis en surface, cet effet concerne surtout la zone de contact et est beaucoup moins problématique. Évitez donc d’enfouir de grandes quantités de bois frais.
Un paillis humide peut leur fournir un abri, notamment au potager. Surveillez les jeunes plantations sensibles et évitez les couches trop épaisses et constamment détrempées.
Oui. Utilisez-la de préférence légèrement séchée ou en couches fines. Une grosse épaisseur de tontes fraîches risque de se compacter, chauffer et fermenter.
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Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.