Créer un jardin fleuri sans passer l’été à arroser est tout à fait possible. Certaines plantes vivaces supportent durablement le soleil, la chaleur et les sols pauvres, tout en revenant fidèlement chaque année. Plusieurs d’entre elles se ressèment même spontanément dans les rocailles, les bordures ou les fissures des murets, composant peu à peu un décor naturel et champêtre.
Bermudienne jaune, valériane, achillée, coquelourde, cupidone et oreille d’ours font partie de ces plantes particulièrement sobres. Une fois installées dans un terrain bien drainé, elles réclament peu de soins et seulement quelques arrosages durant leur première année.
Ces six plantes apprécient toutes le soleil et les sols drainés, mais elles ne produisent pas le même effet. Le tableau permet de choisir rapidement selon la couleur, la hauteur et l’utilisation recherchées.
| Vivace | Couleur | Hauteur | Floraison | Meilleur usage |
| Bermudienne jaune | Jaune crème | 60 cm | Juin-octobre | Rocaille, jardin minéral |
| Valériane des jardins | Rose, rouge ou blanc | 40 à 80 cm | Mai-septembre | Muret, talus, bordure |
| Achillée | Variable | 40 cm à 1 m | Juin-septembre | Massif sec, bouquets |
| Coquelourde | Magenta ou blanc | 60 à 80 cm | Juin-août | Jardin naturel |
| Cupidone | Bleu, blanc ou rose | 40 à 70 cm | Juin-septembre | Massif léger, fleurs sèches |
| Oreille d’ours | Gris argenté, rose | 15 à 60 cm | Juin-août | Couvre-sol, bordure |
Proche des iris par ses feuilles en forme de glaive, Sisyrinchium striatum forme une touffe dressée de feuillage vert pâle. Ses hampes florales peuvent atteindre 60 cm et portent de petits épis jaune crème qui se renouvellent de juin à octobre.
Cette vivace apprécie les rocailles, les jardins de gravier et les terrains caillouteux. Une fois enracinée, elle ne réclame pratiquement aucun arrosage. Elle se ressème volontiers et conserve parfois son feuillage en hiver dans les régions au climat doux.
Sisyrinchium bermudianum est une forme naine de 15 à 20 cm, à fleurs bleues en mai et juin. Elle convient parfaitement aux auges, rocailles et bordures minérales.
La valériane des jardins se contente d’une fissure entre deux pierres pour former une généreuse touffe de fleurs roses, carminées ou blanches. Sa floraison débute au printemps et peut se prolonger jusqu’à la fin de l’été si les inflorescences fanées sont supprimées.
Elle atteint généralement 40 à 80 cm et fleurit mieux lorsqu’elle reçoit au moins six heures de soleil par jour. Très à l’aise dans les sols calcaires, elle apprécie un apport de dolomie ou de craie lorsque le terrain est franchement acide.
Ses semis spontanés sont nombreux. Arrachez simplement les jeunes plants installés aux endroits gênants pour contenir sa propagation.
Les achillées sont incontournables dans un massif sec. Elles supportent le soleil, la chaleur et les terres pauvres tout en produisant une floraison généreuse. Leur feuillage finement découpé, vert ou gris selon les espèces, dégage souvent une odeur aromatique lorsqu’on le froisse.
Achillea millefolium se décline dans de nombreux tons : blanc, rose, rouge, jaune, saumon ou crème. ‘Wesersandstein’ évolue du saumon au jaune crème, tandis que ‘Fanal’ propose un rouge soutenu. ‘Coronation Gold’ produit des ombelles jaune d’or parfaites en bouquet.
Achillea filipendulina peut atteindre un mètre. Ses larges ombelles jaunes apportent de la structure aux fonds de massifs et restent décoratives une fois sèches.
La coquelourde, également appelée compagnon rose, associe des fleurs magenta très lumineuses à un feuillage presque blanc, couvert d’un duvet doux. La touffe atteint environ 70 cm et produit une profusion de fleurs pendant l’été.
Cette vivace de courte durée se maintient grâce à ses nombreux semis spontanés. Les jeunes rosettes sont faciles à reconnaître à leur feuillage gris et laineux. Supprimez les plants en surnombre ou transplantez-les en automne dans les zones encore dégarnies.
La cupidone produit de délicats capitules bleu ciel à cœur sombre, portés par des tiges fines. Certaines variétés fleurissent en blanc ou en rose. La floraison dure de juin à septembre et les fleurs sont excellentes pour composer des bouquets secs.
La plante redoute davantage l’humidité hivernale que la sécheresse. Installez-la au printemps ou au début de l’automne dans une terre légère, en ajoutant du sable grossier si le sol est compact. Sa durée de vie est parfois courte, mais le semis permet de renouveler facilement les touffes.
L’oreille d’ours, ou épiaire laineuse, forme un couvre-sol de feuilles épaisses, ovales et couvertes d’un duvet argenté. Les épis rose pâle culminent à environ 40 cm, mais le principal intérêt de la plante reste son feuillage extrêmement doux et lumineux.
Sa résistance à la sécheresse est remarquable. Elle accompagne très bien les gazanias, les gaillardes, les sauges ou les achillées aux couleurs vives.
Plantez de préférence en automne afin que les racines profitent des pluies hivernales. Dans un sol lourd, incorporez du gravier ou du sable grossier et plantez légèrement surélevé. Arrosez en profondeur durant la première année, puis espacez progressivement les apports.
Un paillage minéral convient particulièrement bien à ces plantes : il laisse le collet au sec, limite l’évaporation et met en valeur les feuillages argentés. Évitez en revanche les apports abondants d’engrais et les paillis organiques humides contre la souche.
Eva Deuffic
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