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Frêne : ce que l’herboristerie traditionnelle prête à ses feuilles

Frêne bienfaits

Le frêne est ce grand arbre des sols frais dont les feuilles composées se ramassent au début de l’été. En herboristerie, ce sont elles que l’on récolte, pour une infusion légèrement amère que l’on corrige d’un trait de citron. Voici la partie utilisée, les formes de préparation, les dosages d’usage courant et les précautions à connaître avant de cueillir.

Carte d’identité de la plante

Nom latin Fraxinus excelsior (frêne commun)
Famille Oléacées
Partie utilisée La feuille avant tout ; accessoirement l’écorce, les jeunes fruits (« langues d’oiseau ») et la manne
Formes d’emploi Infusion, vin de feuilles, compresse de feuilles cuites, jeunes fruits en marinade
Saison de récolte Feuilles jeunes de la fin du printemps au début de l’été ; jeunes fruits encore verts en été
Goût Herbacé, franchement amer à l’état frais, adouci par une brève ébullition
Frêne, ses bienfaits et vertus
La feuille, seule partie couramment employée en tisane

Ce qu’on lui prête

  • La feuille de frêne est réputée diurétique : la naturopathie l’emploie traditionnellement comme plante de drainage, pour accompagner l’élimination urinaire.
  • Dans le même esprit, les herboristes la conseillent en cure d’accompagnement d’un régime alimentaire, souvent associée à d’autres plantes dites « drainantes ».
  • En herboristerie traditionnelle européenne, on employait l’infusion de feuilles pour soulager les articulations douloureuses et les gênes dites rhumatismales, y compris lors des crises de goutte.
  • Toujours selon cet usage ancien, les feuilles cuites étaient appliquées en compresses tièdes sur les zones douloureuses.
  • En herboristerie nord-américaine, on employait l’écorce de frêne blanc (Fraxinus americana) au moment des règles douloureuses.
  • La feuille est également décrite comme rafraîchissante et légèrement laxative dans les vieux herbiers.
  • Les jeunes fruits, préparés en marinade, sont réputés dans plusieurs terroirs comme condiment tonique de fin de repas.

Le frêne traîne aussi une réputation de « plante des serpents » : on racontait que les reptiles évitaient jusqu’à son ombre. C’est un motif de folklore, rien de plus. Une morsure de vipère relève des urgences médicales, jamais d’une tisane.

Comment l’employer

L’infusion de feuilles, la préparation de base

  • Comptez une bonne poignée de feuilles (environ 20 à 30 g fraîches) pour 1 litre d’eau.
  • Portez l’eau et les feuilles à ébullition une à deux minutes : ce court bouillon casse l’amertume, très marquée sur les feuilles fraîches.
  • Coupez le feu, couvrez et laissez infuser 10 minutes, puis filtrez.
  • Un trait de jus de citron arrondit le goût ; une cuillère de miel aussi.
  • Se boit tiède dans la journée, plutôt le matin et en début d’après-midi : la plante étant réputée diurétique, mieux vaut éviter la tasse du soir.
  • En usage traditionnel, on la prend en cure courte de quelques jours à deux semaines, pas en boisson quotidienne prolongée.

Le vin de feuilles de frêne

  • Comptez une vingtaine de feuilles pour 1 litre de vin blanc.
  • Laissez macérer quelques jours à l’abri de la lumière, puis filtrez.
  • Se consomme à l’ancienne, en petit verre après le repas. Cette préparation contient de l’alcool : elle est à exclure pour les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et toute personne évitant l’alcool.

La compresse de feuilles

  • Faites bouillir une grosse poignée de feuilles environ un quart d’heure.
  • Laissez reposer une quinzaine de minutes, égouttez, vérifiez la température sur l’intérieur du poignet.
  • Appliquez les feuilles tièdes, enveloppées dans un linge fin, sur la zone concernée.
  • Jamais sur une peau lésée, irritée ou sur une plaie ouverte.

À table

  • Les jeunes fruits verts se préparent en marinade vinaigrée, comme des câpres.
  • La manne, exsudat sucré de certaines espèces, a servi d’édulcorant et se grignotait comme une friandise.

Quelle forme pour quel usage

Forme Préparation Ce qu’on lui prête
Infusion de feuilles Une poignée par litre, brève ébullition puis 10 min couvert Usage de drainage réputé diurétique, en cure courte
Vin de feuilles 20 feuilles dans 1 L de vin blanc, quelques jours de macération Préparation traditionnelle d’après-repas, contient de l’alcool
Compresse Feuilles bouillies 15 min, égouttées, appliquées tièdes Geste traditionnel de confort sur les articulations sensibles
Jeunes fruits Fruits verts marinés au vinaigre Condiment de table, réputé apéritif

Questions fréquentes

L’astuce à retenir : portez brièvement les feuilles à ébullition avant de les laisser infuser dix minutes, c’est ce qui enlève l’amertume.

Quelle partie du frêne utilisé-t-on ?

La feuille, essentiellement, récoltée jeune à la fin du printemps ou au début de l’été. L’écorce, les jeunes fruits verts et la manne sucrée ont des usages plus anecdotiques. C’est bien la feuille qui est inscrite à la pharmacopée française.

Pourquoi ma tisane de frêne est-elle si amère ?

Parce que les feuilles fraîches le sont naturellement. Une à deux minutes d’ébullition avant l’infusion atténuent beaucoup cette amertume. Un trait de jus de citron, un peu de miel, ou le remplacement de la moitié des feuilles par des feuilles de cassis rendent la boisson nettement plus agréable.

Peut-on en boire tous les jours ?

L’usage traditionnel est celui de la cure courte, de quelques jours à deux semaines, et non de la boisson quotidienne prolongée. La plante étant réputée diurétique, on la boit plutôt le matin et en début d’après-midi, et on évite la tasse du soir.

Le frêne convient-il à tout le monde ?

Non. Il est à écarter pendant la grossesse et l’allaitement, chez le jeune enfant, en cas d’insuffisance rénale ou cardiaque et sur terrain allergique aux Oléacées. Si vous suivez un traitement, notamment diurétique ou pour le cœur et la tension, parlez-en d’abord à un professionnel de santé.

Comment conserver les feuilles récoltées ?

Étalez les folioles à plat, à l’ombre et dans un endroit aéré, jusqu’à séchage complet. Rangez-les ensuite dans un bocal hermétique, à l’abri de la lumière et de l’humidité : elles se gardent environ un an avant de perdre leur parfum.

Ces informations sont donnees a titre indicatif et relevent de l’usage traditionnel des plantes. Elles ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, demandez conseil a un professionnel de santé.


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Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.

Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.