Accueil / Jardinage / Fruitiers / 3 fruitiers aux accents méditerranéens à planter au jardin – Goyavier, Grenadier et Néflier du Japon

3 fruitiers aux accents méditerranéens à planter au jardin – Goyavier, Grenadier et Néflier du Japon

arbre fruitier mediterraneen

D’apparence exotique, les fruitiers méditerranéens associent une belle floraison à une récolte savoureuse. Ils sont exigeants en chaleur, adaptés à des conditions de sécheresse propres au climat méditerranéen mais n’en sont pas moins des plantes d’extérieur ou de serre froide. En effet, la plupart ne supportent pas l’ambiance surchauffée d’un appartement l’hiver.

Qu’est-ce que le climat méditerranéen ?

Il s’agit d’un climat de zone tempérée aux saisons bien marquées et non pas d’un climat tropical plus froid. Les températures sont très variables si l’on compare le Lubéron à la région de Nice. Les traits caractéristiques sont des pluies concentrées sur le printemps et l’automne et une intensité d’ensoleillement élevée sur l’année. Les hivers sont aussi plus doux que dans le reste du territoire français.

Les plantes méditerranéennes au sens large regroupent un certain nombre de végétaux d’origine subtropicale capables de pousser dans cette zone du littoral. Cela implique qu’elles puissent être soumises à des températures bien en-dessous de 0°C.

1- Feijoa sellowiana, le Goyavier du Brésil

Le Feijoa (syn. Acca sellowiana) appartient à la famille des Myrtacées et constitue à peu près la seule espèce du genre. Originaire des zones subtropicales du Brésil et d’Argentine, cet arbuste persistant à croissance assez lente est susceptible d’atteindre 5 m au bout de 20 ans mais il supporte bien la conduite en buisson moyen. On l’emploie aussi bien pour former des haies fournies de 1,50 m de haut que des arbres sur tige, moyennant une éclaircie du tronc.

En vieillissant, le tronc devient noueux et donne beaucoup de caractère à l’individu. Ses branches un peu rigides révèlent une écorce qui se détache en lanière laissant paraître des zones orangées avec le temps. N’hésitez pas à couper toutes les brindilles qui poussent le long du tronc et des charpentières pour mettre en valeur son architecture.

Il possède de grandes feuilles ovales, opposées, d’un joli vert sombre lustré sur la face supérieure et d’aspect argenté et velu sur le revers. La superbe floraison intervient vers la fin du printemps. Les fleurs abondantes sont constituées de pétales incurvés grenat, servant d’écrin au bouquet étincelant d’étamines rouge vif. Vous pouvez même déguster les pétales charnus, blancs dessous, qui ont un goût sucré agréable.

Lorsque l’été est suffisamment chaud, des fruits verts aux allures de goyaves apparaissent. On les récolte en début d’automne, avant les gelées, lorsque le pédoncule commence à se fendre. N’attendez pas la coloration car elle est inexistante ! Ils se consomment crus ou en confiture.

 

Feijoa sellowiana
Feijoa (Acca sellowiana) : floraison spectaculaire et fruits à saveur exotique.

 

 

La culture du Feijoa

  • Le Feijoa peut être cultivé en pleine terre comme en pot. Il résiste aisément à –15 °C et demande beaucoup de soleil pour fructifier. Évitez l’excès de calcaire (chlorose). Offrez un sol plutôt lourd (silico-argileux) mais drainé, enrichi en compost mûr.
  • En pot : bac profond (40–50 cm), mélange terreau/terre de jardin/sable, arrosages réguliers en été, rempotage tous les 3 ans, apport d’engrais organique au printemps.
  • Pollinisation : souvent autofertile mais deux sujets améliorent nettement la nouaison.
  • Il peut être victime de cochenilles sur le tronc et de la mouche des fruits.
  • Pour aller plus loin : Bien cultiver le Feijoa

2- Le légendaire grenadier Punica granatum

Ce petit arbre caduc originaire d’Iran, peut-être même du nord de l’Inde, fait partie intégrante de la culture égyptienne et méditerranéenne. Doté d’une grande longévité (200 ans), il possède une croissance assez lente. Son port très ramifié peut atteindre 4 à 5 m de haut. La naissance des nouvelles feuilles se déroule assez tard vers la fin avril. D’abord rougeâtres, elles acquièrent ensuite une teinte d’un vert lumineux pour finir dorées à l’automne. Des fleurs chiffonnées vermillon émergent lentement d’une « coque » orange d’aspect cireux, le calice, entre les mois de mai et août.

Le feuillage fin, brillant et la floraison décorative ont conduit les sélectionneurs à produire des cultivars destinés uniquement à l’ornement comme Punica granatum ‘Nana’ limité à 1 m de haut et produisant de tout petits fruits pourpres. Les variétés à fruits sont autofertiles et généralement à fleurs simples. La maturation des fruits intervient en octobre, elle exige beaucoup de chaleur. ‘Provence’ est la variété la mieux adaptée au climat de Montpellier.

 

Grenadier - Punica granatum
Grenadier : fleurs vermillon et grenades d’automne, chaleur indispensable.

 

 

La culture du grenadier

  • Au soleil, dans tous sols bien drainés, même argileux et calcaires. En régions fraîches, abritez-le des vents du nord.
  • La floraison bénéficie d’une courte période de froid hivernal. La fructification se fait sur vieux bois bien éclairé : pratiquez une taille d’éclaircie légère en fin d’hiver, sans raccourcir les rameaux fructifères.
  • Arrosages suivis en été pour des fruits charnus ; stoppez en automne pour concentrer les sucres.
  • Récolte : quand la peau rougit et se microfend, cueillir puis laisser ressuyer quelques semaines.
  • Surveillez les pucerons des jeunes pousses.
  • Pour aller plus loin : Bien cultiver le grenadier

3- Le néflier du Japon, l’arbre aux multiples facettes

Encore appelé bibacier ou Eriobotrya japonica, ce petit arbre de Chine et du Japon, de la famille des Rosacées, forme un bel arbre d’ombrage, fréquent dans le Midi. Il possède une adaptabilité surprenante aux climats : qu’il soit tropical ou tempéré, son épais feuillage gaufré demeure sur l’arbre jusqu’à –15 °C sans problème. En revanche, la récolte des bibaces est souvent compromise : floraison en panicules blanc crème à l’automne, fruits mûrs au printemps. Entre-temps, −5 °C suffit à anéantir la nouaison.

Les bibaces vendues sur les étals du Midi sont des fruits juteux à la peau fine orangée, très goûteux mais de faible conservation.

 

neflier du japon
Néflier du Japon : feuillage gaufré persistant, floraison automnale, bibaces au printemps.

La culture du néflier du Japon

  • Sol riche, profond, plutôt drainant, calcaire ou acide. Taille douce après récolte pour contenir le volume et laisser entrer la lumière.
  • Croissance rapide les premières années, longévité importante. Évitez la transplantation (racines charnues sensibles).
  • Protection florale : en climat frais, voile d’hivernage sur l’arbre en hiver et cloche sur panicules exposées.
  • Arrosage régulier en été (paillage au pied) pour limiter l’alternance.
  • Pour aller plus loin : Culture du néflier du Japon

Gestion de l’eau, du sol et de la taille

  • Eau : privilégiez des arrosages copieux mais espacés (1 à 2 fois/semaine en été selon sol), puis réduisez fortement en automne. Le paillage (5–8 cm) est essentiel.
  • Sol : apportez chaque printemps 3–5 kg/m² de compost mûr en couronne, sans toucher le tronc. En sol calcaire, une légère correction au fer chélaté peut éviter la chlorose (feuilles jaunes, nervures vertes).
  • Taille : favorisez une charpente aérée (gobelet ou fuseau libre), supprimez le bois mort, les croisements et les gourmands. Évitez les tailles sévères en été (coup de soleil sur l’écorce).
  • Froid : en cas d’annonce de gel tardif, arrosez la veille (sol humide = inertie thermique), posez un voile et des bougies anti-gel de fortune (bougies chauffe-plat sous cloches perforées, à manier prudemment).

FAQ – questions fréquentes

Puis-je cultiver ces fruitiers en pot sur une terrasse ?
Oui, si vous disposez d’au moins 6 h de soleil/jour, de bacs de 50 cm de profondeur, d’un drainage exemplaire et d’un abri hors gel lumineux pour l’hiver (ou coin très protégé en plein sud). Rempotez tous les 2–3 ans, surfaçage annuel sinon.

Comment améliorer la nouaison sans produits chimiques ?
Plantez deux sujets compatibles quand c’est utile (feijoa), favorisez les pollinisateurs (fleurs mellifères proches), évitez l’excès d’azote et l’arrosage irrégulier au moment de la floraison.

Quel paillage choisir ?
Minéral clair (graviers) pour chaleur et propreté, organique (écorces/BRF) pour sol vivant et fraîcheur. Sur sol lourd, préférez un mix 50/50.

Pourquoi mes fruits tombent petits ?
Souvent alternance physiologique, stress hydrique ou déficit de pollinisation. Stabilisez l’eau, éclaircissez modérément les fruits, diversifiez les plantes mellifères.

Faut-il fertiliser beaucoup ?
Non : compost mûr annuel suffit. Évitez les engrais azotés tardifs qui ramollissent les tissus et favorisent les maladies.


©Jaromatik, ©pieonane, ©ernaa1958, ©Hans Braxmeier


Écrit par Eva Deuffic | Eva est une passionnée de jardins et de jardinage et c'est avec sa plume qu'elle nous emporte et nous fait rêver.