Le débat autour des gourmands de tomates fait rage dans les potagers. Faut-il les enlever ou les laisser pousser naturellement ? Un sujet presque aussi clivant que l’opposition entre « pain au chocolat » et « chocolatine ». Pour vous aider à faire votre choix, voici les deux approches, leurs avantages et des conseils pratiques pour adapter la meilleure méthode à votre jardin.
Les gourmands sont de petites tiges qui poussent à l’aisselle des tiges principales et secondaires. On les trouve à l’intersection d’une feuille et d’une tige, quelle que soit sa position sur la plante. Leur particularité est qu’ils ne portent pas de fleurs : ils captent la sève pour croître sans produire de fruits. C’est d’ailleurs ce qui leur a valu leur nom. S’ils ne sont pas retirés, ces gourmands peuvent devenir de véritables tiges secondaires, parfois très vigoureuses.
Les gourmands apparaissent à la jonction des tiges et des feuilles
Pour les reconnaître, observez les zones où une nouvelle pousse se forme « entre » la tige principale et une branche latérale. Ces pousses sont entièrement feuillées, ce qui peut complexifier le port de la plante et limiter l’aération si elles se multiplient.
Deux écoles s’opposent depuis toujours : ceux qui les retirent systématiquement et ceux qui préfèrent laisser la plante évoluer naturellement. Voici les arguments des deux camps.
Tailler les gourmands permet de concentrer l’énergie sur les fruits
Les jardiniers favorables à la suppression avancent que ces tiges consomment trop de sève, ce qui affaiblit les branches porteuses de fleurs. En retirant les gourmands, la plante concentre son énergie sur un nombre limité de tiges, ce qui offrirait :
Selon eux, la taille limite aussi l’enchevêtrement du feuillage, ce qui favorise l’aération et réduit les risques de maladies.
D’autres jardiniers estiment que retirer les gourmands n’est pas naturel. Ils rappellent que ces tiges sont composées de feuilles, qui réalisent la photosynthèse. En les supprimant, on retire donc une source de nutriments essentielle au développement du plant.
Ils soulignent également qu’à chaque taille, une plaie est créée : c’est une ouverture idéale pour l’entrée de bactéries, champignons ou virus. Enfin, ils rappellent la logique écologique : dans la nature, personne ne supprime les gourmands, et les tomates produisent pourtant en abondance.
La taille est surtout utile pour guider la plante lorsque l’espace est limité ou lorsque l’on souhaite obtenir de gros fruits plutôt que beaucoup de petits.
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Retirer les gourmands tôt évite les coupes grossières
Pour retirer un gourmand, deux techniques sont possibles :
Avant toute intervention, il est important de désinfecter le sécateur pour éviter la propagation de maladies. Privilégiez une journée sèche pour réduire le risque d’apparition du mildiou après la coupe.
De nombreux jardiniers adoptent une vision plus proche du fonctionnement naturel des plantes. Selon eux, la suppression des gourmands est chronophage et parfois contre-productive. En effet, si une maladie s’installe via les plaies de taille, la plante devra mobiliser beaucoup d’énergie pour se défendre.
Une solution simple consiste à tester les deux méthodes : retirer les gourmands sur un plant, laisser pousser librement un second et comparer les résultats en fin de saison. La nature du sol, l’exposition et le climat influencent largement les rendements, ce qui explique pourquoi les avis divergent souvent.
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Avec cette méthode, on retire les gourmands mais aussi certaines tiges secondaires. L’idée est de limiter la plante à 3 ou 4 tiges porteuses de fruits. On étête parfois la tige principale dès qu’elle produit trop de ramifications.
Tailler permet de structurer le plant et de favoriser la maturité des fruits
Cette conduite offre plusieurs avantages :
Dans cette méthode, le jardinier laisse la plante pousser librement. Cette approche demande cependant d’anticiper la vigueur naturelle de la tomate : elle peut rapidement devenir volumineuse.
Pour guider la plante sans la contraindre, il est conseillé d’utiliser un tuteur en forme de cage. Contrairement aux tuteurs droits, qui limitent la croissance verticale, la cage accompagne le développement ample et ramifié des plants non taillés.
L’absence de taille convient bien aux jardins disposant d’espace, aux variétés vigoureuses et aux jardiniers cherchant à maximiser la production sans rechercher des fruits uniformes.
Non. Ils augmentent la quantité totale de fruits mais diminuent leur taille moyenne.
Non. Les variétés déterminées se prêtent mal à la taille car elles produisent naturellement en buisson.
Elle améliore l’aération, mais chaque plaie augmente aussi la sensibilité aux maladies.
Oui, notamment pour structurer le pied tout en gardant une zone plus naturelle.
Quand ils sont encore jeunes, tôt le matin ou en fin de journée, par temps sec.