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Les plantes bioindicatrices, qu’est-ce que c’est ?

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Avez-vous déjà entendu parler des plantes bioindicatrices ? Il s’agit des « mauvaises herbes » de votre jardin qui sont porteuses d’informations importantes quant à l’état de votre sol.

En effet, ces plantes qui poussent sans demander votre avis sont un formidable indicateur de la santé de votre sol et de la manière dont elle va évoluer si vous ne faites rien.

Des plantes indicatrices de votre sol

Il s’agit de comprendre votre sol par son couvert végétal.

Le sol est un énorme réservoir de graines qui n’attendent que les conditions idéales pour sortir.

Vous ne vous êtes jamais demandé comment telle ou telle plante arrivait dans votre jardin alors que vous n’aviez rien fait pour ? C’est simplement qu’elles y ont trouvé votre sol propice à leur germination.

Vous pestez constamment contre votre terre trop argileuse ou trop calcaire ? Vos adventices sont là pour vous dire comment l’améliorer.

Gérard Ducerf, expert en plantes bioindicatrices

C’est Gérard Ducerf qui a découvert qu’étudier les plantes spontanées pouvait avoir un intérêt pour comprendre le sol.

Après avoir été agriculteur, Gérard Ducerf est devenu botaniste. C’est en travaillant avec les agriculteurs qui souhaitaient obtenir une étude de leur sol, qu’il s’est rendu compte que la même séquence de plantes revenait sur telle ou telle exploitation et amenait irrémédiablement à une forte dégradation du sol. C’est à partir de cette observation que Gérard Ducerf a découvert que les « mauvaises herbes » permettaient de prévoir des dysfonctionnements avant qu’ils ne se manifestent ou qu’il ne soit trop tard pour y remédier.

Vous le savez bien, les plantes sauvages poussent partout mais, bonne nouvelle, vous pouvez les étudier vous aussi ! L’étude des plantes bioindicatrices n’est pas seulement cantonnée aux grandes exploitations et peut, au contraire, s’avérer très utile à l’échelle de nos jardins pour nous aider à mieux connaître la vie de notre sol.

La bioindication de notre jardin, pour quoi faire ?

En regardant la dominance de certaines plantes on peut en déduire les conditions de notre sol, la dynamique de celui-ci et les premiers gestes à effectuer pour l’améliorer.

Avec l’étude des plantes bioindicatrices vous n’aurez plus à vous désespérer de voir vos adventices monter à graines car si vous modifiez leur milieu (en passant la grelinette par exemple) il est fort probable qu’elles ne reviendront pas. Une plante gênante ? Il suffira de connaître les conditions de sa germination et d’en changer le contexte.

Toutes les plantes ne germent que si toutes les conditions qu’elles recherchent sont réunies. Elles vont donc nous renseigner sur :

 

  • la fertilité de notre sol ;
  • sa structure (compact, aéré…) ;
  • sa texture (trop argileux, trop sableux) ;
  • ou bien encore son PH.

La nature tendra toujours à retrouver son équilibre : les plantes que nous voyons apparaître sont déjà là pour répondre au problème du sol. Le but du jardinier sera d’accélérer le processus de la nature en l’y aidant.

Trois grands exemples de plantes bioindicatrices

Vous avez hâte d’étudier vos plantes bioindicatrices chez vous et de savoir ce qu’elles disent de votre sol ? Voici trois exemples de plantes communes de nos jardins qui, présentes en majorité, indiquent trois types d’évolution de sol différente :

  • Le mouron blanc (Stellaria media) indique une terre équilibrée : votre sol est parfait.
  • La ficaire (Ranunculus ficaria) est le témoin d’un engorgement des sols en eau. Votre sol manque d’air, donc la matière organique ne peut pas être décomposée et les plantes ne peuvent pas se nourrir. La solution ? Aérer le sol.
  • Le liseron des champs (Convolvulus arvensis) est révélateur d’un sol qui contient trop de nitrite, qui manque d’air et qui n’est pas assez couvert (lessivage). Conséquence ? La chaîne de la décomposition ne peut plus se faire et à terme les plantes ne peuvent plus se nourrir. Installer un paillage riche en carbone (broyat par exemple) pour se débarrasser de l’azote en excès et couvrir le sol.

Comment faire votre propre relevé de plantes bioindicatrices ?

Vous pensez qu’il est nécessaire d’avoir de grandes connaissances botaniques ? La plupart du temps, vous savez reconnaître les « mauvaises herbes » que vous arrachez ou au moins les distinguer de vos plantes cultivées. Néanmoins, si vous avez un doute sur la détermination d’une plante vous pouvez utiliser l’application Plantnet.

 

 

 

  • Première étape : déterminer la plante qui est présente en majorité chez vous. Au moins 70 % de l’espace occupé par ce type de plantes.
    • L’ortie (Urtica dioica) par exemple.

 

  • Deuxième étape : relevez deux ou trois plantes fortement présentes également mais dans une moindre mesure
    • Du grand plantain (Plantago major) et du pissenlit (Taraxacum officinale).
  • Troisième étape : analysez vos relevés en consultant le net ou l’encyclopédie des plantes bioindicatrices de Gérard Ducerf.
    • L’ortie (Urtica dioica) indique un sol trop riche avec de la matière organique qui a du mal à se dégrader.
    • Le grand plantain (Plantago major) et le pissenlit (Taraxacum officinale) indiquent tous deux un sol qui manque d’air (piétinement). Le pissenlit est indicateur d’un sol riche voire trop riche avec une partie de la matière organique que le sol ne digère plus.

 

  • Quatrième étape : agissez ou non pour améliorer votre sol.
    • Avec notre exemple, le but est de stopper l’indigestion du sol en matière organique et de lui apporter de l’air. Arrêtez de mettre des engrais pendant un moment et passez un coup de grelinette pour apporter de l’air à votre sol.

 

 

Surtout rappelez-vous qu’une plante ne pousse jamais par hasard, elle a son rôle à jouer à cet endroit-ci de votre jardin et ne doit pas être arrachée à tout prix.

Pauline Sutter


Image par Erik Tanghe, F1 Digitals,  S. Hermann & F. Richter, István Kopeczny , Ulrike Mai et Pauline Sutter


Écrit par Pauline Sutter
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