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Témoignage de Terri et Bernard, agriculteurs adeptes du WWOOFing

WWOOFing-france
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Nous partons à la rencontre d’un couple franco-britannique, qui a décidé de monter un projet agricole autour de la lavande près de Montpellier.  Ces agriculteurs accueillent des volontaires depuis de nombreuses années et partagent, aujourd’hui, leur témoignage sur le WWOOFing.

Expérience de WWOOFing en France

Marie nous emmène à la rencontre de 2 wwoofers, Terri et Bernard, installés dans le sud de la France, dans le Languedoc, où il cultivent notamment la lavande.

Pouvez-vous vous présenter ?

Auparavant, Bernard était graphiste et Terri, professeure à l’université. Nous sommes propriétaires du Mas de Villetelle depuis plus de 20 ans. Il y a quelques années, Bernard s’est retrouvé au chômage. Nous nous sommes alors dit que c’était le bon moment de lancer notre projet «  passion ». Sur la base des connaissances développées par Terri en culture de jardin méditerranéen, nous avons alors décidé de professionnaliser nos pratiques et monter notre entreprise agricole.

Préparation des huiles essentiellesCertes, nous étions conscients du coût financier de l’opération, mais avons misé sur l’impact positif que celui-ci pourrait avoir sur notre moral et notre santé. Le pari s’est révélé gagnant ! Maintenant, nous cultivons une surface d’environ 0,5 Ha. Nous produisons du lavandin et de l’immortelle, que nous transformons ensuite en huiles essentielles, baumes et eaux florales.

Nous testons actuellement l’apiculture et la production de kakis. Chaque année, nous organisons aussi la fête de la lavande pendant une dizaine de jours. Nous accueillons en moyenne un millier de personnes. Nous leur faisons, non seulement, découvrir le Mas, mais aussi leur proposons de profiter d’une expérience unique :  profiter d’un repas au coucher de soleil, devant les champs de lavande.

Comment décririez-vous le WWOOFing en une phrase ?

Le maître-mot du WWOOFing est l’échange. Pour que cela fonctionne, il faut de la satisfaction des deux côtés : la certitude de vivre une belle expérience contre de l’aide dans la réalisation des tâches.

Pourquoi avez-vous décidé d’accueillir des WWOOFers ?

Agricultrice en train de débroussaillerTerri, qui est britannique, a pris connaissance du modèle WWOOFing très tôt.

Nous acceptons des WWOOFers depuis le lancement du projet. Aujourd’hui, ce sont 30 à 40 volontaires qui nous rejoignent par an. Le but premier est, bien sûr, de partager notre savoir-faire. Nous apprécions aussi l’aide manuelle apportée. Celle-ci nous aide à surmonter les pics d’activité. Nous recevons plus de 90 % de WWOOFeuses, peut-être parce que la lavande a une résonance particulière chez les femmes. L’anglais faisant partie de notre quotidien, nous accueillons aussi beaucoup d’Anglo-saxons.

Pouvez-vous nous décrire une journée type au Mas de Villetelle ?

Prenons l’exemple d’une journée d’été pendant la récolte de la lavande. Celle-ci commence à 7 heures le matin pour éviter la chaleur, le travail se poursuit jusque 11 heures. Le midi, nous préparons le repas avec des produits biologiques et locaux. Cela a beaucoup de succès auprès des volontaires. L’après-midi est totalement libre. En général, les WWOOFers en profitent pour se reposer ou visiter les alentours. Nous aimons proposer une activité une fois par semaine pour leur permettre de découvrir les endroits sympas. Nous mettons à disposition de grandes tentes, une douche en plein air, des toilettes sèches et une cuisine d’extérieur.

Quelle est l’expérience qui vous a le plus marqué et pourquoi ?

champs de lavande wwoofingNous avons accueilli un jeune sud-africain qui n’avait pas l’habitude de voyager et peu d’expérience de travail.
Les deux semaines passées au Mas de Villetelle lui ont ouvert un nouvel horizon. À la suite de nos échanges, il a choisi de parcourir le chemin de Saint-Jacques de Compostelle et de réaliser un tour du monde. Nous nous souvenons également de ce couple d’artistes argentins qui sortait d’une résidence au Portugal. Nous avons pu admirer l’ampleur de leur talent lors des soirées. C’était incroyable ! Finalement, nous avons accueilli plus de 200 WWOOFers et cela a toujours été une expérience très enrichissante.

Quel conseil donneriez-vous pour les futurs WWOOFers ?

Nous conseillons aux WWOOFers de ne pas s’engager tout de suite sur une trop longue durée. La plupart du temps, tout se déroule bien, mais le courant peut ne pas passer. Il est plus facile de prolonger le séjour parce que tout le monde est satisfait que de le raccourcir quand cela ne fonctionne pas.

Un mot de la fin ?

Nous aimons aussi le WWOOFing car nous souhaitons accueillir des jeunes chez nous. Nous avons six enfants qui résident tous à l’étranger. Ainsi, la maison est toujours vivante !

L’apprentissage, le partage et l’immersion sont au cœur du modèle. Le WWOOFing est finalement une belle opportunité pour le volontaire comme pour l’hôte.

Pour aller plus loin :


@Marie Darul @Mas de Villetelle


Écrit par Marie Darul | Engagée dans la protection de l’environnement, Marie s’intéresse particulièrement à la permaculture ainsi qu’aux nouvelles manières de jardiner et de cultiver.
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