Comme l’aloe vera ou le karité avant elle, l’huile de neem vient de loin pour se faire une place dans nos cosmétiques. Capable de vivre près de 200 ans, le neem produit jusqu’à 30 kg de graines chaque année. À partir de ces dernières, on extrait à froid une huile au parfum puissant, largement utilisée dans la médecine ayurvédique depuis plus de 4 000 ans. Aujourd’hui, cette huile se retrouve au cœur de nombreuses préparations beauté et bien-être, au point de devenir un incontournable des remèdes naturels.Arbre sacré en Inde, le neem (ou margousier) occupe une place essentielle dans les pratiques médicinales traditionnelles. Chaque partie de l’arbre est utilisée : les feuilles pour purifier le sang, les graines pour produire l’huile, l’écorce pour ses effets antiparasitaires, et même les brindilles comme « brosses à dents » naturelles. L’huile, obtenue par pression à froid, est considérée comme l’un des extraits les plus précieux du neem.
L’usage traditionnel du neem, ou margousier, peut surprendre. En Inde, pays dont il est originaire, les agriculteurs utilisent ses propriétés fertilisantes, insecticides et répulsives. Les feuilles broyées sont encore utilisées comme engrais naturel ou pour protéger les cultures contre les ravageurs sans recours aux produits chimiques.
Sa capacité de résistance aux petites bêtes, aux maladies et à la sécheresse force le respect. Tant et si bien que l’arbre est considéré comme protecteur et bénéfique, au point d’être planté à proximité des maisons pour purifier l’air et éloigner les nuisibles.
Néanmoins, la vente de produits phytosanitaires à base d’huile de neem est interdite en France. Ses effets potentiels sur les abeilles et certains pollinisateurs sont pointés du doigt, ce qui justifie une réglementation stricte. Toutefois, cette interdiction ne concerne pas l’usage cosmétique ou domestique de l’huile vierge, qui reste autorisée et très prisée pour ses qualités naturelles.
Vous trouverez, chez la plupart des vendeurs spécialisés, des huiles de neem vierges à intégrer à des recettes maison. Chez Centifolia, elle est bio, sans conservateur et sans traitement chimique. Ses effluves amers, semblables à ceux du soufre ou de l’ail, peuvent rebuter. Quelques gouttes d’huile essentielle de rose musquée, de lavande vraie ou de géranium rosat suffisent à adoucir son parfum.
De plus, l’huile de neem est sensible aux variations de température. En dessous de 25°C, elle se solidifie et forme une pâte épaisse. Il suffit alors de passer la bouteille quelques minutes sous l’eau chaude pour lui redonner une texture fluide. Cette propriété n’altère en rien ses qualités, au contraire : elle atteste de la présence d’acides gras naturels non transformés.

Enfin, son usage est déconseillé aux femmes enceintes, aux femmes allaitantes et à celles qui ont le projet de concevoir un enfant. Certains composants du neem pourraient interagir avec les hormones de la fertilité. Les enfants en bas âge doivent également éviter l’exposition répétée à cette huile très concentrée.
Avant toute première utilisation, il est recommandé de réaliser un test cutané dans le pli du coude afin d’écarter tout risque d’allergie. Comme pour toutes les huiles essentielles ou végétales très actives, une utilisation raisonnée et bien dosée reste la clé.
Méréva Balin
Crédits des visuels : – Huile de neem 1 : ©Swapan – stock.adobe.com – Huile de neem 2 : ©Aakriti – stock.adobe.com – Huile de neem bio : ©Centifolia