Les premiers matins à 5 °C arrivent, et la question revient toujours : faut-il remplir la gamelle un peu plus ? Beaucoup ajoutent une poignée de croquettes « pour le froid », d’autres passent à la pâtée, d’autres encore se lancent dans la ration maison.
Les trois options se défendent. Mais elles ne conviennent pas au même chien, ni au même mode de vie.
Pour la grande majorité des chiens, non. Un chien qui dort sur un tapis à 20 °C et qui sort trois fois par jour ne dépense pas plus de calories en automne.
Il en dépense souvent moins, parce que les promenades raccourcissent quand la nuit tombe à 19 h.
La règle change complètement pour un chien qui vit dehors ou travaille par temps froid. Là, le maintien de la température corporelle coûte cher : selon la densité du pelage et le degré d’exposition, les besoins énergétiques peuvent grimper de 10 à 25 % quand les nuits passent sous 5 °C.
Un Husky de Sibérie au chenil et un lévrier galgo à poil ras ne sont pas logés à la même enseigne — le second perd sa chaleur beaucoup plus vite.
Le vrai repère n’est pas le thermomètre. C’est la main sur les côtes : vous devez les sentir sous une fine couche de gras, sans appuyer.
Si elles disparaissent, la ration est trop généreuse. Si elles saillent, augmentez de 10 % — soit environ 30 g de croquettes pour un chien de 20 kg — et repesez dans quinze jours.
| Critère | Croquettes | Pâtée | Ration ménagère |
|---|---|---|---|
| Apport en eau | 8 à 10 % | 70 à 80 % | 60 à 75 % |
| Densité calorique | Élevée, facile à doser | Faible, gros volumes | Variable selon recette |
| Conservation par temps humide | Bonne si sac hermétique | 48 h au frais après ouverture | 24 h maximum |
| Appétence quand le chien boude | Moyenne | Très forte | Forte |
| Contrainte quotidienne | Minime | Faible | Forte (pesée, cuisson, complément minéral) |
L’argument décisif de l’automne, c’est l’eau. Un chien boit spontanément moins quand il fait frais, et une alimentation 100 % sèche l’expose à une hydratation limite. La pâtée règle le problème d’un coup. Si votre chien refuse de boire, c’est un vrai critère de choix.
Côté ration ménagère, soyons francs : c’est exigeant. Une recette maison sans complément minéral et vitaminé adapté déséquilibre le calcium en quelques semaines.
Elle se construit avec un vétérinaire, pas avec une recette trouvée au hasard.
Les matières grasses de qualité passent devant tout le reste. Elles fournissent 9 kcal par gramme contre 4 pour les protéines, et elles soutiennent le pelage d’hiver qui se met en place dès la mi-automne.
Une cuillère à café d’huile de colza ou de saumon pour 10 kg de poids, en plus de la ration, fait une différence visible sur la brillance du poil en 6 à 8 semaines.
Attention aux restes de table qui se multiplient à cette période. Raisins, oignons, chocolat, os de volaille cuits : la liste des aliments dangereux pour les chiens mérite un rappel avant les premiers repas de fêtes.
Chien d’appartement, sorties raccourcies : gardez les croquettes, mais baissez de 10 % dès que l’activité diminue. C’est le profil qui prend le plus de poids entre l’entrée de l’automne et février. Compensez plutôt par de la remise en condition physique que par un changement de gamelle.
Chien vivant dehors, type Cane Corso de garde ou chien de chasse comme l’épagneul breton en pleine saison : augmentez progressivement, 10 % puis 20 % si le poids baisse, et servez la gamelle tiède le soir. L’eau du bac extérieur qui forme une pellicule de glace au petit matin signale qu’il est temps de la renouveler deux fois par jour.
Chien âgé ou arthrosique : la pâtée ou la ration humidifiée l’emporte largement. Moins d’effort de mastication, plus d’eau, et une appétence qui compense la baisse d’odorat. Surveillez en parallèle les signes d’inconfort du chien âgé avant l’hiver.
Oui, tout changement demande une transition de 7 à 10 jours, un quart d’ancien remplacé tous les deux jours. C’est fastidieux. Mais sauter cette étape, c’est une diarrhée quasi garantie. Pour les bases du choix alimentaire, reportez-vous au guide sur quelle alimentation choisir pour bien nourrir son chien.

L’astuce à retenir : palpez les côtes chaque semaine, ajustez de 10 % maximum, jamais à l’œil.
Seulement s’il vit dehors ou travaille par temps froid, avec 10 à 25 % de calories en plus. Un chien d’intérieur a souvent besoin du contraire.
Tiédir oui, chauffer non : 35 °C maximum, l’équivalent d’un peu d’eau chaude ajoutée. Une pâtée sortie du réfrigérateur peut provoquer des troubles digestifs chez les chiens sensibles.
Comptez 7 à 10 jours en remplaçant un quart de l’ancienne ration tous les deux jours. Pour un chien âgé ou au système digestif fragile, étalez sur 14 jours.
Mal, si le sac reste ouvert dans un garage ou une cave. Transvasez dans un contenant hermétique et consommez le sac dans les 6 semaines après ouverture.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.