oiseau eam

Le terme eam signifie « élever à la main ». Petit zoom sur les grandes lignes de cette pratique hors du commun.

L’oiseau eam pour quoi ?

  • Pour sauver les oisillons que les parents délaissent par manque d’expérience ou parce qu’ils sont trop nombreux.
  • Parce que l’un des parents est mort ou malade.
  • Pour accélérer la reproduction.
  • Pour les protéger des prédateurs et préserver des espèces en voie de disparition.
  • Pour en faire de remarquables animaux de compagnie (cinéma, spectacle dans les parcs zoologiques, vente aux particuliers).

L’oiseau eam, nos conseils :

On peut choisir de prélever les œufs et superviser l’arrivée de l’oisillon, son élevage et son sevrage (rejet ou mort des parents par exemple).

  • Les œufs ne sont pas lavés pour éviter la propagation des germes (coquille poreuse). S’ils sont vraiment sales, on peut les passer dans une solution désinfectante (adaptée à la couveuse) additionnée d’eau chaude. Les fêlés sont éliminés.
  • Les œufs sont disposés dans une couveuse (ou incubateur) électrique pointe vers le bas à une température de 37,8 °C avec un taux d’humidité d’environ 40 %, puis de 60 % vers la fin du processus pour aider les bébés à percer leur coquille.
  • Les œufs sont retournés plusieurs fois par jour pour permettre à l’embryon de se placer correctement.
  • Une semaine à quinze jours plus tard, les œufs sont mirés. Il s’agit d’une échographie manuelle. Dans l’obscurité, on pose une lampe de poche sur l’œuf pour voir s’il a développé des vaisseaux sanguins. En cas d’absence de ces filaments rouges, aucun oisillon ne naîtra. On parle d’un œuf non fécondé ou d’un œuf clair.
  • Après l’éclosion, les petits sont placés dans un nid artificiel sous une lampe infrarouge dans une pièce à l’hygiène irréprochable. La majorité des oiseaux naissent aveugles et nus (nidicoles) contrairement aux poussins qui naissent les yeux ouverts avec un duvet (nidifuges). Ils sont totalement dépendants de l’humain à ce stade de leur vie.
  • Lorsque l’oisillon ouvre les yeux (entre le 8ejour et le 15ejour) il est bagué à la cheville. De cette façon, on pourra prouver son origine et son appartenance à un élevage. La détention d’espèces sauvages est interdite.

On peut préférer retirer les petitsdu nid à l’âge de trois semaines lorsqu’ils ont reçu suffisamment d’anticorps pour commencer leur élevage à la main et leur imprégnation de l’homme.

  • Ils sont placés dans une éleveuse qui leur permet de rester au chaud et à l’abri de la lumière. On adaptera la chaleur et le taux d’humidité avec l’évolution de leur plumage.

Nourrir un oiseau eam :

Nourrir un oiseau eam est une pratique très prenante et particulièrement exigeante.

  • Selon l’espèce, ils devront être alimentés toutes les 30 minutes les premiers jours, puis toutes les deux heures. Au bout de 15 jours, on arrêtera les repas la nuit.
  • Il est recommandé de porter des gants et un masque pour éviter toute contamination. On utilise une poudre adaptée (NutriBird A21 par exemple) diluée dans une eau déminéralisée à une température de 37 °C à 38 °C pour ne pas brûler l’oisillon. Liquide au départ (consistance d’une pâte à crêpe), elle sera épaissie au fur et à mesure et enrichie de protéines et de vitamines. On emploie une seringue avec un embout souple pour ne pas percer le jabot de l’oiseau. La pâtée est injectée à droite dans l’œsophage (à gauche, on trouve la trachée). Le jabot doit être complètement vide avant la prise d’un nouveau repas. Avec le temps, celle-ci peut être remplacée par une cuillère. Le corps est maintenu le dos dans la paume de la main, la tête tournée vers son éleveur en attendant qu’il tienne debout. Il faut laver son cou après chaque repas, car la nourriture en séchant colle et devient difficile à retirer sur une créature aussi petite et fragile.
  • Ils seront pesés tous les jours et une courbe de croissance sera établie et comparée à une courbe de référence de l’espèce (élaborée selon l’historique de l’éleveur ou par échange d’expérience entre professionnels) pour détecter les anomalies.
  • Lorsque l’oiseau est plumé et assez musclé pour voler (à partir de 5 semaines), on peut commencer son sevrage. Il quitte l’éleveuse pour une cage adaptée. On dispose dans celle-ci des perchoirs faciles à atteindre pour l’inciter à grimper, une gamelle d’eau et quelques jouets pour l’occuper et l’éveiller. On mettra de l’essuie-tout ou du sable anisé en guise de fond de cage. C’est le moment de lui proposer des fruits, des graines, du millet ou des granulés en complément de sa pâtée que l’on va supprimer progressivement. Il faut compter entre deux à quatre mois pour un sevrage complet.

Tout au long de cette aventure, on aura parlé aux oiseaux avec douceur, on les aura manipulés avec précaution et amour. Chacun avec son savoir d’éleveur aura apporté un élément supplémentaire ou différent en gardant à l’esprit que des vies étaient en jeu.

Achat d’un oiseau eam :

  • Il est conseillé de trouver un éleveur qui possède un certificat de capacité. Ce diplôme atteste qu’il a acquis les connaissances suffisantes pour s’occuper d’animaux domestiques. À l’achat, il devra vous remettre un certificat de naissance, le test de sexage et le numéro de bague de l’oiseau. Le mâle est plus coloré, parle et joue davantage. À l’âge adulte, on peut le reconnaître à son cou qui s’agrémente d’un liseré de couleur (pour de nombreuses espèces).
  • Certaines animaleries peuvent vous vendre un oiseau eam. Demandez à le manipuler avant de prendre une décision, car si l’oiseau n’est pas stimulé tous les jours, il peut redevenir sauvage et vous serez bien déçu. Vérifiez que ses rémiges (grandes plumes rigides des ailes) n’ont pas été coupées pour l’empêcher de voler si vous souhaitez qu’il évolue en toute liberté dans votre maison. Ne repartez pas sans les documents cités précédemment. Cet univers est protégé et encadré. Vous devez pouvoir prouver son origine (se référer à la convention de Washington sur la protection des oiseaux).

Infos :

  • EPP : élevé par les parents.
  • MAN : Manipulé au nid (cette technique manque encore de recul, mais donne déjà de bons résultats pour obtenir des oiseaux plus équilibrés, car ils ont bénéficié de l’éducation de leurs parents et sont parfaitement apprivoisés puisqu’ils ont été manipulés par l’homme).

À méditer : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. »

Jean de La Fontaine

L.D.

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