Camphrier : un arbre à la fois décoratif et vertueux
Le camphrier est un arbre asiatique apprécié pour son feuillage décoratif, aromatique et médicinal. Voici comment le cultiver et en prendre soin.
En résumé, ce qu’il faut savoir :
Nom : Cinnamonum camphora
Famille : Lauracées
Type : arbre
Hauteur : 20 m, 10 m sous nos climats
Exposition : Ensoleillée, mi-ombre
Sol : fertile et bien drainé, même sec
Feuillage : Persistant
Floraison : entre avril et juillet
Plantation du camphrier
Cinnamonum camphora se plante plutôt au printemps afin de laisser le temps aux racines de bien s’implanter avant d’affronter le froid hivernal. En climat doux, vous pouvez cependant l’installer à l’automne (septembre-octobre).
Le camphrier est très accommodant sur la nature du sol du moment que celui-ci est bien drainé. Il apprécie ainsi les sols sablonneux. Sa croissance rapide le sera davantage encore en sol riche et à exposition ensoleillée. Il tolère cependant la mi-ombre, mais exige un emplacement abrité des vents violents. Sa rusticité est de l’ordre de -10°C.
Camphrier adulte formant un bel arbre d’ombrage
Faites tremper la motte dans un seau d’eau pendant que vous creusez la fosse.
Creusez un trou d’au moins 50 cm de profondeur et de 3 fois le diamètre de la motte. Décompactez le fond et les côtés de la fosse avec les dents de la fourche-bêche.
Ajoutez quelques pelletées de compost ou terreau, de la corne broyée ou de l’engrais de fond pour enrichir le sol.
Si l’arbre est grand, plantez 1 à 3 tuteurs solides autour de la fosse.
Installez l’arbre en veillant à positionner le collet au ras du sol.
Démêlez les racines si nécessaire.
Comblez le trou en formant une cuvette pour faciliter l’arrosage.
Tassez avec le pied et versez 1 à 2 arrosoirs pour chasser les bulles d’air.
Liez le tronc au(x) tuteur(s) avec des liens souples.
Paillez et arrosez généreusement et régulièrement durant les 3 premières années suivant la plantation.
Plantez le camphrier en isolé, en alignement ou bosquet ou encore au sein d’une haie. Sous nos climats, le camphrier atteint entre 6 et 10 m de hauteur pour 4 m de large. Il peut donc se mener sur un seul tronc ou en touffe rabattue régulièrement.
Où installer le camphrier au jardin ?
Au jardin, le camphrier est idéal :
en sujet isolé, pour profiter pleinement de son port arrondi et de son feuillage brillant ;
près d’une terrasse, pour l’ombre légère et le parfum discret des jeunes feuilles froissées ;
en fond de massif ou en lisière de propriété, comme brise-vue persistant.
Prévoyez toujours suffisamment de recul par rapport à la maison, aux murets et aux canalisations : même si ses racines ne sont pas agressives comme celles d’un saule, un arbre de 8 à 10 m de haut a besoin d’espace pour se développer harmonieusement.
Camphrier en haie libre ou en alignement
En climat doux (façade Atlantique, littoral méditerranéen), le camphrier peut entrer dans la composition d’une haie libre persistante avec laurier-sauce, pittosporum, laurier-tin ou olivier :
espacez les sujets de 2,50 à 3 m ;
limitez les tailles sévères et préférez des tailles légères régulières pour garder un port naturel ;
associez-le à d’autres essences mellifères pour favoriser la biodiversité.
Camphrier en pot :
Munissez-vous d’un grand bac percé.
Placez-le à exposition ensoleillée, à l’abri du vent et du froid.
Placez des cailloux ou billes d’argile dans le fond du bac afin d’assurer un bon drainage.
Réalisez ensuite un mélange composé de 1/3 de bonne terre végétale, 1/3 de terreau et 1/3 de sable.
Ajoutez de l’engrais organique complet ou de l’engrais à libération lente.
Pour finir, arrosez pour bien imbiber le substrat.
En bac, un camphrier gardera une taille plus modeste (2 à 3 m), ce qui en fait un excellent arbre de terrasse pour climat doux. Prévoyez un rempotage ou un surfaçage tous les 3 à 4 ans pour renouveler une partie du substrat et maintenir une bonne vigueur.
Jeune camphrier prêt à être installé en pot ou en pleine terre
Entretien du camphrier
En pleine terre, l’entretien du camphrier reste limité.
Taillez les extrémités de rameaux noircis par les gels tardifs.
Réalisez une taille légère des rameaux au printemps si vous souhaitez lui donner une forme plus compacte.
Protégez les racines du gel avec un épais paillage de feuilles mortes. Les jeunes sujets pourront être protégés avec du voile d’hivernage lors de gels prolongés.
Camphrier taillé légèrement pour conserver un port équilibré
Arrosage et fertilisation
Jeunes arbres en pleine terre : arrosez régulièrement les deux ou trois premières années, surtout en été et en période de canicule, afin de favoriser un enracinement profond.
Sujets bien installés : ils supportent très bien la sécheresse passagère et se contentent généralement de la pluie, sauf été exceptionnellement sec.
Culture en pot : surveillez de près l’humidité du substrat, qui sèche plus vite. Laissez sécher la surface entre deux arrosages, sans jamais laisser d’eau stagnante dans la soucoupe.
Un apport de compost mûr ou d’engrais organique au printemps, au pied de l’arbre (ou mélangé au substrat pour les sujets en pot), soutient la croissance et la qualité du feuillage.
Taille de formation et de sécurité
Le camphrier accepte plutôt bien la taille :
sur les jeunes sujets, une légère taille de formation permet de choisir un tronc principal et quelques charpentières bien réparties ;
avec l’âge, contentez-vous d’une taille de nettoyage (bois mort, branches qui se croisent, rameaux trop bas au-dessus d’un passage ou d’une voie) ;
évitez les rabattages trop sévères qui défigurent l’arbre et entraînent des repousses désordonnées.
Maladies et ravageurs du camphrier
Le camphrier, par sa forte teneur en composés aromatiques (50 % de camphre) au sein du bois et du feuillage, éloigne naturellement les ravageurs et maladies.
Cependant un sujet en pot, stressé par un manque d’arrosage ou un air sec présente parfois des cochenilles et acariens.
Inspectez régulièrement l’envers des feuilles et les jeunes tiges.
En cas d’attaque, commencez par une douche douce du feuillage, puis utilisez savon noir ou huile blanche horticole sur les cochenilles, en respectant les doses.
Multiplication du camphrier
Le semis de graines fraîches permet d’obtenir jusqu’à 80% de réussite. La levée des graines prend jusqu’à 1 mois et demi.
Plantez les graines à l’obscurité dans un pot rempli d’un substrat très drainant type terreau à semis.
Un écart de température entre le jour et la nuit est indispensable : 25°C le jour, 8°C la nuit est idéal.
Jeunes plants de camphrier obtenus par semis
Le bouturage estival de pousses semi-ligneuses conduit au même taux de réussite.
Placez les boutures dans le même substrat ou dans un mélange de 50% de terreau et 50% de sable.
Les plants s’enracinent ainsi au bout de 6 à 8 semaines.
A savoir sur le camphrier
Cinnamonum camphora est originaire de Chine du Sud, Corée, Japon et Taïwan. Il a gagné tous les continents et engendré plusieurs variétés dont la malgache var. CT 1,8 cinéole à l’origine du Ravintsara. Ses feuilles ont quasiment perdu leur teneur en camphre mais ont gagné du cinéole qui sert à soigner une multitude de maux et à parfumer le rhum !
Son huile essentielle est en effet à l’origine du fameux Ravintsara produit à Madagascar. Peu connu du public, il devient cependant fréquemment utilisé dans l’aménagement de places du sud de la France pour sa croissance rapide, sa résistance à la sécheresse et son port majestueux.
Chez l’espèce type, toutes les parties de l’arbre dégagent une forte odeur de camphre, notamment le feuillage au froissement. Les feuilles, rosâtres au débourrement, deviennent vert clair luisant et coriaces. La floraison printanière discrète donne des fruits charnus de 1 cm, bleu sombre.
Attention cependant : si le parfum des feuilles froissées est agréable, l’ingestion de camphre pur est toxique. L’usage des huiles essentielles de camphrier doit toujours se faire sur avis médical ou pharmaceutique, en particulier chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes fragiles.
Camphrier de Madagascar (Ravintsara) et usages médicinaux
Conseils du jardinier – FAQ
Le camphrier peut-il se cultiver en intérieur ? Non, ce n’est pas une vraie plante d’intérieur. Il a besoin de beaucoup de lumière, d’air et d’amplitude thermique. En pot, installez-le dehors dès que les gelées ne sont plus à craindre et hivernez-le en véranda ou serre froide en climat froid.
Quelle est la vitesse de croissance du camphrier ? En bonnes conditions (sol drainé, arrosages les premières années, climat doux), il est plutôt rapide : comptez 30 à 50 cm de croissance annuelle chez un jeune sujet, puis une croissance qui se ralentit avec l’âge.
Peut-on garder un camphrier petit ? Oui, en pot ou en petit jardin, une taille légère et régulière permet de limiter sa hauteur autour de 3 à 4 m. Évitez les tailles drastiques, préférez des raccourcissements doux et répétés sur plusieurs années.
Le camphrier est-il dangereux pour les animaux de compagnie ? Les feuilles et le bois renferment des composés aromatiques. En cas d’ingestion importante, ils peuvent entraîner des troubles digestifs. Placez de préférence l’arbre hors de portée des animaux qui grignotent volontiers les feuilles et ne laissez pas traîner de copeaux ou d’écorce fraîche en grande quantité.
Peut-on utiliser directement les feuilles au jardin ou dans la maison ? On peut faire sécher quelques feuilles pour parfumer des placards ou repousser certains insectes, mais cela ne remplace pas un usage médicinal encadré. Ne préparez pas de décoctions à boire sans avis médical.
Quand récolter les feuilles pour leur parfum ? Récoltez de préférence au printemps et en début d’été, lorsque le feuillage est bien développé mais encore jeune : les feuilles sont alors plus riches en molécules aromatiques et sèchent facilement à l’abri de la lumière.
Le conseil malin ? Lorsque vous entourez une plante persistante comme le camphrier avec 2-3 tours de voile d’hivernage, placez des tuteurs afin de ne pas toucher le feuillage. Evitez toutefois d’enfermer trop longtemps la végétation qui a tendance à repartir. En sol léger et en climat doux, un simple paillage épais suffit souvent à protéger les racines : le camphrier supporte mieux un peu de froid sec qu’une humidité stagnante.