Dans la famille des auxiliaires de jardin, les carabes ont une place importante. Redoutables prédateurs et dotés d’un appétit hors norme, ils sauront vous aider dans votre lutte contre les nuisibles.
Les carabes regroupent les plus grosses espèces de la famille des Carabidae. Les plus petites (et les plus nombreuses) sont, quant à elles, rassemblées sous le nom de carabiques.
Ces insectes coléoptères terrestres ont une silhouette élancée et aplatie. Ils possèdent 3 paires de pattes qui en font d’excellents coureurs et leur corps est composé de 3 parties bien distinctes : abdomen, thorax, tête.
Comment les reconnaître sans se tromper ? Un carabe a souvent des élytres striés (la “carapace” des coléoptères) et une démarche rapide. À l’inverse, certains coléoptères utiles (staphylins) ont des élytres très courts laissant l’abdomen apparent : ils sont aussi de bons auxiliaires, mais n’ont pas la même silhouette “blindée”.
Il existe deux types de cycles de reproduction chez les carabes :
Ces coléoptères peuvent vivre plusieurs années. Cette longévité leur permet d’ailleurs de compenser une faible fécondité.
Un cycle lié au sol. Œufs, larves, nymphes : une grande partie de la vie du carabe se déroule au contact du sol. Voilà pourquoi le travail profond et fréquent (fraises, motoculteur) peut casser la dynamique : on détruit des abris et on expose les stades immobiles à la dessiccation et aux prédateurs.
Même si certaines espèces sont végétariennes, la plus grande partie est néanmoins carnivore.
Malgré un appétit gargantuesque, les carabes ne permettent pas de juguler une pullulation de ravageurs spécifiques comme le feraient les larves de coccinelles ou de chrysopes avec les pucerons. Néanmoins, ils permettent malgré tout de contrôler les populations de nuisibles en tout genre et notamment les espèces qui hivernent sur les plantes ou dans la litière (zone intermédiaire du sol, composée de résidus végétaux en cours de décomposition).
Pourquoi ils sont si efficaces sur les limaces ? Les carabes chassent au sol, exactement là où se déplacent les limaces. Ils ciblent surtout les jeunes limaces et les œufs dissimulés dans les recoins humides : c’est une aide discrète, mais très régulière, qui limite les “surprises” au printemps.
Les carabes peuvent trouver refuge dans de nombreux endroits : haie, bande en herbe, sous des pierres plates, dans des tas de bois, etc.
Leur besoin clé : un microclimat. Ils aiment les zones fraîches, légèrement humides, riches en caches. Un jardin trop “nu” (sol propre, biné, sans couverture) devient vite un désert pour eux. À l’inverse, une simple bordure de feuilles, une haie basse ou un paillage stable créent un couloir de vie.
L’avantage principal des carabes est incontestablement leur faim insatiable qui permet de contrôler efficacement les populations de parasites et de ravageurs.
Même si certaines espèces peuvent adopter un régime végétarien provisoire et potentiellement créer quelques légers embêtements au potager ; il est tout à fait possible de régler le problème en déposant quelques planches ou pierres au sol qui serviront de « pièges » pour les carabes. Ils viendront en effet s’y réfugier pendant la journée. Il vous suffira alors de les ramasser et de les déposer dans des zones où ils pourront retrouver leur régime alimentaire classique.
A noter que les carabes sont d’excellent prédateur contre les limaces et escargots. (©
Un auxiliaire “de fond”. Le carabe n’est pas un “coup de baguette magique” sur une invasion, mais une assurance biologique qui fonctionne toute la saison : il limite la pression des ravageurs au fil des semaines, surtout si le jardin offre une continuité d’abris et de nourriture. C’est exactement le type d’auxiliaire qui s’exprime pleinement dans un potager paillé, un verger enherbé, ou un jardin conduit avec peu de perturbations.

Au potager, le carabe complète la lutte contre les limaces en chassant là où elles circulent : au niveau du sol.
Ces insectes coléoptères sont particulièrement sensibles aux modifications de leur environnement. Vivant principalement au niveau du sol, les outils rotatifs tels que les motoculteurs ou les fraises sont de vraies calamités pour eux. De même, les produits phytosanitaires peuvent réduire, voire détruire les populations de ce précieux auxiliaire.
Vous l’aurez donc compris, si vous souhaitez prendre soin de vos aides à six pattes, offrez-leur un habitat le plus naturel possible dans lequel l’intervention humaine sera très limitée :

Planches, pierres, haies, litière : autant de refuges simples qui stabilisent les populations de carabes.
Les 5 gestes simples “spécial carabes”.
Prédateurs insatiables, les carabes sont donc importants dans le jardinage. Même si, seuls, ils ne peuvent être intégrés dans une lutte biologique contre les nuisibles, ils en sont néanmoins un très bon complément et doivent être protégés.
©