La coccinelle : utile au jardin, elle permet de lutter contre les pucerons
La coccinelle est l’un des insectes les plus appréciés des jardiniers. Véritable prédateur naturel des pucerons, elle joue un rôle essentiel dans la lutte biologique et permet de protéger les plantes sans utiliser de pesticides. Connue sous le nom de « bête à bon Dieu », elle est non seulement bénéfique, mais aussi facile à favoriser quand on lui offre un jardin vivant. Découvrez pourquoi et comment encourager la présence des coccinelles pour un jardin plus sain et équilibré.
La coccinelle
Elle appartient à la famille des coléoptères qui ont la particularité d’avoir des élytres (ou dômes) pour protéger leurs ailes.
On dénombre plus de 5000 espèces aux couleurs et formes variées à travers le monde.
La présence de points noirs sur leur dos permet de différencier les espèces. Elles peuvent avoir entre deux et vingt-quatre points.
La plus commune dans nos jardins est rouge avec sept points sur le dos.
Elle peut vivre trois ans.
Au jardin, la coccinelle agit comme un “régulateur” naturel des pucerons, sans chimie.
Particularités physiques de la coccinelle :
La coccinelle possède deux antennes qui lui servent à sentir et à goûter pour pallier sa vue qui est très mauvaise.
Ses pieds lui permettent de se déplacer, bien sûr, mais également de sentir.
Si sa couleur vive ne suffit pas à éloigner ses prédateurs, elle peut libérer un liquide dégoûtant ou faire la morte.
Le saviez-vous ?
On dit que si une coccinelle se pose sur votre épaule, il faut faire un vœu, car elle porte chance. Le nombre de points noirs qu’elle porte sur son dos vous indiquera combien de mois la chance vous accompagnera. On ne risque rien à essayer !
À retenir côté jardinier. Ce liquide “dégoûtant” est une défense : il peut tacher et irriter les peaux sensibles. On évite donc de les manipuler inutilement, et on privilégie l’observation.
Cycle de vie de la coccinelle
Les coccinelles vivent une à trois années selon les espèces. La saison de reproduction et de ponte a lieu d’avril à mail.
Elles apparaissent au jardin au printemps, quand les températures dépassent les 12°C, après avoir passé l’hiver à hiberner, cachées dans les écorces des arbres, les feuilles mortes, etc.
Après s’être accouplée, la femelle pond des œufs de couleur orange.
Les œufs – 500 à 1000 par coccinelle – sont pondus sur les végétaux, par petits paquets, au milieu des colonies de pucerons.
Après trois à sept jours, les œufs deviennent noirs. Les larves se libèrent.
Au bout de quelques jours, ils éclosent pour libérer des larves morfales consommant jusqu’à 100 pucerons par jour !
Après un dernier repas, elles se fixent sur une feuille et s’enroulent dans un fil de soie pour se transformer en nymphes (étape de la métamorphose).
Œufs, larves, nymphes : c’est surtout la phase larvaire qui fait “le travail” sur les pucerons.
Quelques jours plus tard…
Trois semaines plus tard, la larve se transforme en nymphe, se métamorphosant une semaine plus tard en coccinelle jaune.
Elle est d’abord jaune et sans points. Ses élytres sont mous.
Peu à peu, les points inférieurs apparaissent (les élytres mettent 24 heures à rougir) et les ailes sont déployées.
Suivent les points supérieurs, les ailes sont repliées, la coccinelle est de couleur orangée.
Ces transformations se succèdent en un peu plus d’une heure… Quelques jours plus tard, elle devient rouge.
Coccinelle et traitement
En jardinage biologique, sont qualifiés d’« auxiliaires » les animaux qui favorisent une culture sans y occasionner de dommages. Pollinisateurs et prédateurs en font partie. C’est dans cette deuxième catégorie que se rangent les 80 espèces de coccinelles présentes en France, identifiables selon leur taille, leur couleur et le nombre de points présents sur leurs élytres, les ailes antérieures qui recouvrent les ailes postérieures, qui leur servent à voler.
Quand les pucerons s’installent, les coccinelles suivent : un signal précieux pour agir au bon moment.
La plus commune est la coccinelle à sept points, très présente dans les potagers et autour des plantes sauvages.
La coccinelle à deux points s’observe près des arbres fruitiers et des arbustes, la jaune à 14 points apprécie les légumes, tandis que la rouge à 22 points est visible autour des fleurs sauvages comme les pissenlits.
La plupart des espèces se nourrissent de pucerons, mais d’autres leur préfèrent les cochenilles ou les acariens.
Utilité de la coccinelle au jardin :
Pourquoi la coccinelle est-elle bénéfique au jardin ?
Lutte biologique efficace : Une seule coccinelle adulte peut manger jusqu’à 100 pucerons par jour, et une larve jusqu’à 600 pucerons en quelques semaines.
Alternative aux pesticides : Évite l’usage de produits chimiques nocifs pour l’environnement et la biodiversité.
Régulation des ravageurs : En plus des pucerons, elle consomme aussi des cochenilles et des acariens.
Facile à attirer et élever : Un environnement favorable permet d’installer durablement une population de coccinelles dans le jardin.
Inviter la coccinelle, c’est choisir une lutte biologique durable contre pucerons, cochenilles et acariens.
Si vous cherchez une alternative aux traitements chimiques pour chasser les parasites, la coccinelle est l’insecte que vous devez inviter dans votre jardin, car elle se nourrit essentiellement de pucerons. Cette source de protéines lui est indispensable pour grandir.
Une larve peut manger 80 pucerons par jours, une coccinelle 100 pucerons par jours.
Le bon réflexe jardinier. Quand vous voyez les premières coccinelles (adultes ou larves), évitez les pulvérisations, même “douces” (savon noir, décoctions) sur la zone : elles peuvent gêner ou tuer des auxiliaires. Mieux vaut traiter très localement, tôt le matin, et seulement si la colonie de pucerons explose.
Réintroduire des coccinelles au jardin
Si votre jardin est déserté par les coccinelles, vous pouvez les réintroduire en achetant des larves chez un spécialiste.
Il vous suffira de les disposer délicatement à l’aide d’un pinceau sur une zone infectée de pucerons (une rose par exemple).
Une introduction réussie se fait sur une colonie active de pucerons, sans traitements et avec des plantes-refuges autour.
Elles doivent être manipulées avec précaution, car le liquide odorant qu’elles dégagent pour se défendre est allergisant pour certaines personnes.
Attention, si votre jardin pullule de fourmis, vos coccinelles seront en danger, car les fourmis protègent et défendent les pucerons.
Les fourmis récoltent le miellat qui correspond à leurs déjections après s’être nourris de la sève des plantes (contient du sucre, des protéines, des vitamines, des minéraux et des acides aminés).
Astuce anti-fourmis (sans tout chambouler). Si les fourmis “élèvent” les pucerons, vous pouvez poser une barrière collante sur le tronc d’un arbre (ou une bande de glu), ou isoler la tige principale d’un rosier avec une bande adhésive et un anneau de glu. Moins de fourmis = les coccinelles chassent plus facilement.
Les plantes qui attirent les coccinelles :
Plantes riches en pucerons (pour les larves) :
Capucines
Fèves
Orties
Rosiers
Plantes nectarifères (pour les adultes) :
Achillée millefeuille
Pissenlit
Fenouil
Aneth
Marguerites
Cosmos
Le trio gagnant pour les installer durablement. 1) des proies (pucerons “tolérés” sur quelques plantes), 2) du nectar/pollen (ombellifères, fleurs simples), 3) des abris d’hiver (haies, feuilles, hôtels à insectes, tas de bois). Sans ces trois piliers, les coccinelles passent… et repartent.
Maladies et ravageurs : ce qu’il faut surveiller
La coccinelle est robuste, mais elle reste très sensible à ce qui déséquilibre un jardin : traitements répétés, sol nu, manque de diversité florale.
Les “fausses solutions” (pulvériser systématiquement contre les pucerons) suppriment la nourriture des larves et peuvent empêcher une installation durable. Pour aller plus loin sur les ravageurs : pucerons, cochenilles, thrips, aleurodes.
Conseils du jardinier – FAQ
Comment reconnaître une larve de coccinelle ? Elle ressemble à un petit insecte allongé, gris/noir avec parfois des taches orange ou jaunes, et se déplace vite sur les feuilles. C’est un excellent signe : elle est en train de chasser les pucerons.
Faut-il acheter des coccinelles pour lutter contre les pucerons ? Pas forcément. Dans un jardin sans produits phytosanitaires et riche en plantes refuges, elles arrivent souvent seules. L’achat peut aider ponctuellement, mais ne fonctionne vraiment que si l’environnement est favorable et si les pucerons sont présents.
Pourquoi les fourmis empêchent-elles les coccinelles d’agir ? Les fourmis protègent les pucerons pour récolter leur miellat. Elles repoussent donc les prédateurs, dont les coccinelles. Réduire le passage des fourmis améliore nettement la régulation.
Que faire si je vois des pucerons mais aucune coccinelle ? Attendez quelques jours : les auxiliaires suivent souvent. Installez des plantes mellifères (aneth, fenouil, achillée), évitez les pulvérisations, et gardez quelques zones sauvages (orties, bordures).
Les coccinelles mangent-elles autre chose que les pucerons ? Oui. Selon les espèces, elles consomment aussi des cochenilles, des acariens, et du pollen/nectar. Cette diversité alimentaire aide à les maintenir au jardin même quand les pucerons diminuent.
Les coccinelles asiatiques sont-elles un problème ? Oui, certaines espèces exotiques vendues ou introduites peuvent être invasives et concurrencer les espèces locales. Mieux vaut favoriser les coccinelles “du coin” en améliorant l’habitat plutôt qu’en achetant au hasard.
Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.