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Heliamphora, la plante carnivore qui noie ses proies

Heliamphora minor var minor

Originaire des hauts plateaux d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, l’Heliamphora est une plante carnivore aussi fascinante que délicate. Moins connue que la Dionée ou la Sarracenia, elle n’en reste pas moins remarquable par son fonctionnement primitif et son esthétique sobre. Adaptée à des milieux extrêmes, cette plante carnivore d’altitude séduit les collectionneurs avertis et les amateurs de botanique à la recherche d’une espèce originale à cultiver sous abri.

Contrairement à d’autres plantes carnivores utilisées pour limiter les mouches dans la maison, l’Heliamphora n’est pas la plus rapide ni la plus spectaculaire dans la capture. Elle agit cependant de manière constante et naturelle, en attirant les insectes vers ses urnes remplies d’eau, où ils se noient avant d’être assimilés.

En résumé, ce qu’il faut savoir :

  • Nom : Heliamphora
  • Famille : Sarracéniacées
  • Type : vivace herbacée terrestre carnivore
  • Hauteur : de 10 cm à 40 cm selon l’espèce
  • Exposition : lumineuse sans soleil direct
  • Sol : pauvre, humide, drainé, sableux, acide
  • Feuillage : persistant
  • Floraison : blanche ou rose

Description botanique de l’Heliamphora

L’Heliamphora est une plante endémique de la chaîne des Tepuys, ces plateaux rocheux spectaculaires situés au Venezuela, au Guyana et au nord du Brésil. Elle y prospère dans un climat tropical d’altitude, caractérisé par une forte humidité, des pluies fréquentes et des écarts de température marqués entre le jour et la nuit.

 

Heliamphora pulchella

Heliamphora pulchella, une espèce compacte originaire des Tepuys.

À l’état naturel, l’Heliamphora pousse dans des sols très pauvres, souvent constitués de sable, de tourbe et de roches couvertes de mousses. Ces conditions extrêmes expliquent son adaptation carnivore : la plante compense l’absence de nutriments en capturant des insectes.

Vivace à rhizome, l’Heliamphora produit des ascidies, c’est-à-dire des feuilles transformées en urnes verticales. Ces urnes, d’aspect élancé, forment des pièges passifs remplis d’eau de pluie. À la différence des sarracénies, elles ne possèdent pas de couvercle.

Chaque urne est prolongée par une cuillère à nectar, située sur la partie supérieure de la feuille. Cette structure attire les insectes, qui glissent ensuite à l’intérieur du piège. Incapables de ressortir, ils se noient dans l’eau accumulée au fond.

 

Heliamphora nutans

Heliamphora nutans, l’une des espèces les plus répandues en culture.

La croissance de l’Heliamphora est extrêmement lente. Selon l’espèce, la plante ne produit que 4 à 5 nouvelles urnes par an. Sa taille adulte varie fortement, allant d’une dizaine de centimètres à plus de 40 cm pour les espèces les plus vigoureuses.

Malgré sa discrétion, l’Heliamphora offre une floraison élégante. Les fleurs, blanches ou rosées, mesurent de 3 à 6 cm de diamètre et rappellent la forme d’une petite tulipe pendante. Elles apparaissent généralement sur une longue hampe, bien au-dessus des urnes.

Plantation de l’Heliamphora

Choix du pot

  • L’Heliamphora se cultive exclusivement en pot percé. Tous les matériaux conviennent, à l’exception de la terre cuite, qui relargue des minéraux néfastes aux plantes carnivores. Un pot en plastique est généralement recommandé.

Emplacement idéal

  • Cette plante carnivore a besoin d’une très forte luminosité, mais sans exposition directe au soleil, qui risquerait de brûler les urnes.
  • Une serre froide, une véranda lumineuse ou un terrarium bien ventilé constituent les meilleures options.
  • En hiver, la température ne doit pas descendre en dessous de 8 °C.
  • En été, l’Heliamphora tolère des températures allant jusqu’à 35 °C, à condition que l’humidité ambiante reste élevée.

Substrat

L’Heliamphora exige un substrat acide, très drainant et constamment humide. Plusieurs mélanges sont possibles :

  • 60 % de sphaigne vivante, 20 % de tourbe blonde et 20 % de perlite ;
  • 60 % de tourbe blonde et 40 % de perlite ou vermiculite ;
  • 70 % de sphaigne morte et 30 % de perlite ;
  • 100 % de sphaigne vivante pour les cultures les plus spécialisées.
Substrat Heliamphora

Un substrat très drainant est indispensable à la culture de l’Heliamphora.

Entretien de l’Heliamphora

Arrosage et hygrométrie

  • L’Heliamphora nécessite une hygrométrie élevée, comprise entre 60 % et 80 %. En été, le pot doit être placé dans une soucoupe contenant 2 à 3 cm d’eau. En hiver, la soucoupe est retirée, mais le substrat doit rester humide.
  • Lorsque la plante est cultivée en intérieur, il est conseillé de remplir régulièrement l’intérieur des urnes afin de reproduire les conditions naturelles.

Utilisez exclusivement de l’eau de pluie, osmosée ou déminéralisée.

Fertilisation

  • Aucun engrais n’est nécessaire. Les héliamphoras tirent l’intégralité de leurs nutriments des insectes capturés.

 

Piège Heliamphora

Le piège de l’Heliamphora fonctionne uniquement grâce à l’eau de pluie.

Rempotage

  • Le rempotage a lieu chaque printemps, afin de renouveler le substrat. Cette opération doit être réalisée avec une extrême précaution, car les urnes sont très fragiles.

Multiplication

  • La multiplication s’effectue principalement par division des rhizomes au printemps. Le semis est possible, mais reste réservé aux amateurs expérimentés en raison de son faible taux de réussite.

Conseils du jardinier – FAQ

  • L’Heliamphora est-elle efficace contre les mouches ?
    Oui, mais de façon lente et progressive. Elle contribue à réduire les insectes volants dans un espace clos.
  • Peut-on cultiver l’Heliamphora en appartement ?
    Uniquement dans un environnement très lumineux, frais et humide, comme une véranda ou un terrarium.
  • Est-ce une plante carnivore pour débutant ?
    Non. L’Heliamphora s’adresse plutôt aux amateurs avertis en raison de ses exigences élevées.

Photos : ©Dals093838, ©Michal Klajban, ©Dick Culbert, ©incidencematrix


Écrit par Solenne Ricard | Diplômée d'Art et passionnée de botanique, Solenne a choisi d'utiliser sa sensibilité aux questions environnementales pour écrire sur les plantes et le jardinage. Cette amatrice de bonne cuisine cultive son potager en permaculture et utilise ses récoltes pour concocter quotidiennement de petits plats bio et écolos. Rédactrice confirmée, boulimique de littérature et amoureuse du beau, elle dévore tous les livres à sa portée.