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Plantes carnivores : comment les comprendre et les cultiver facilement à la maison

plantes-carnivores

À l’origine de nombreux mythes, les plantes carnivores n’en finissent plus de susciter la curiosité. En aucun cas dangereuses, vous pouvez facilement les cultiver chez vous.

Qu’est-ce qu’une plante carnivore ?

Diverses et variées, les plantes carnivores ont un point commun : leur capacité d’attirer, de capturer et d’assimiler des proies. La plupart du temps, il s’agit seulement d’insectes, mais il arrive que certaines espèces se nourrissent de petits invertébrés. Comme toutes les autres plantes, elles ont besoin d’eau, de lumière et de nutriments pour se développer. C’est justement parce qu’elles évoluent dans des habitats pauvres qu’elles ont dû développer d’autres sources de nourriture. Dans des marécages, sur des rochers, sur des arbres… Elles proviennent d’une multitude de terrains et ont su créer des pièges ingénieux.

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Comprendre leur logique :

  • Dans la nature, beaucoup de carnivores poussent sur des tourbières, sables acides, suintements, ou rochers lessivés.
  • L’eau y est présente, mais les nutriments sont rares. Elles compensent donc avec des pièges capables de fournir ce qui manque au sol.
  • Résultat : elles aiment souvent un substrat pauvre, mais une eau très pure et une bonne lumière. C’est l’inverse de nombreuses plantes d’intérieur classiques.

Des pièges astucieux

Pièges actifs

  • Les pièges actifs nécessitent un mouvement de la plante, ce qui est hors du commun à cette vitesse dans le règne végétal.
  • C’est le cas de la dionée qui attrape les mouches avec une sorte de mâchoire végétale.
  • Attention, ne provoquez pas inutilement la fermeture du clapet de la plante en la touchant par exemple.
  • En effet, cela lui demande énormément d’énergie, elle ne peut effectuer ce mouvement que quelques fois dans sa vie.

 

Plante carnivore

Certaines plantes carnivores utilisent des pièges actifs : un mouvement rapide, très coûteux en énergie

Les pièges semi-actifs

  • Les pièges semi-actifs présentent également un mouvement de la plante, mais beaucoup plus lent.  C’est pourquoi il est associé à de la glu.
  • Les droséras dispensent ce genre de pièges avec leurs long poils englués, dont les gouttelettes attirent les insectes.
  • Une fois ces derniers collés, la plante s’enroule pour les digérer.

Pièges passifs

  • Plus courants, les pièges passifs consistent à attirer les insectes avec un liquide, à les droguer et à les digérer.
  • C’est le cas des Nepenthes, des plantes épiphytes issues des forêts tropicales.

Autres familles de pièges : au-delà de ces trois catégories, on rencontre aussi des pièges “à urne” chez les Sarracenia (tubes dressés), des pièges “à aspirateur” chez les Utricularia (utriculaires aquatiques ou terrestres) et des pièges “à entonnoir” chez certaines Heliamphora. La diversité est immense, mais les règles de culture restent souvent les mêmes : eau douce, substrat pauvre, lumière adaptée.

Que mangent les plantes carnivores ?

  • Si vous souhaitez cultiver des plantes carnivores chez vous, nul besoin de leur donner des insectes. Elles se satisferont de leurs propres trouvailles, du substrat et de l’eau que vous lui octroyez.

À retenir : évitez absolument les “bons plans” du type viande, jambon, fromage, croquettes, etc. Cela pourrit et peut tuer le piège. Si votre plante vit en intérieur très “propre” et ne capture rien, elle survivra quand même si les conditions de lumière, d’eau et de repos sont correctes. La capture accélère surtout la croissance, elle ne remplace pas la photosynthèse.

Les clés du succès

  • Eau : utilisez de l’eau de pluie, de l’eau déminéralisée, ou une eau très faiblement minéralisée. L’eau calcaire encrasse le substrat et brûle les racines sur le long terme.
  • Substrat : jamais de terreau classique. La base est souvent tourbe blonde (non enrichie) + sable de quartz ou perlite, parfois sphaigne.
  • Engrais : interdit dans le substrat. Les carnivores sont adaptées à la pauvreté ; l’excès de nutriments les affaiblit.
  • Lumière : beaucoup d’espèces ont besoin d’une forte luminosité (voire soleil) pour fabriquer des pièges colorés et efficaces.
  • Repos : certaines (dont la dionée) ont besoin d’un repos hivernal au frais. Sans repos, elles s’épuisent.

Trois plantes carnivores incontournables

Les dionées :

Sans doute les plus impressionnantes, les dionnées, ou « attrapes mouches » déploient des feuilles en forme de mâchoires. L’extérieur de ces dernières est d’un vert vif alors que l’intérieur est rosé. Malgré leur aspect redoutable, elles sont tout à fait inoffensives pour des êtres humains ou même des animaux de compagnie.

  • Pour sa culture, offrez-lui un substrat acide et humide. Un mélange de tourbe, de sphaigne et de sable est idéal.
  • Pensez à remplir la soucoupe, de manière à ce que le pied du pot trempe dans l’eau.
  • En revanche, la dionée demande du soleil. Placez-la dans un endroit plus frais pour son repos hivernal : entre 0°C et 10°C.
  • Pour aller plus loin : Bien cultiver la plante attrape-mouche

 

plante carnivore Dionée attrape-mouche

Dionée : évitez de déclencher les pièges “pour jouer”, cela fatigue la plante

Les népenthès :

Formant de grosses urnes, les népenthès font leur petit effet. L’odeur dégagée par ces urnes attirent les insectes qui se retrouvent piégés par leurs parois glissantes. Ils sont ensuite digérés par la plante qui n’aura pas effectué de mouvement avec ce piège passif. Cette plante fait partie des rares ayant consommé autre chose que des insectes. Dans leur milieu naturel, les urnes peuvent atteindre jusqu’à 50cm de haut ! De quoi piéger quelques invertébrés et petits oisillons…

  • Pour sa culture, pensez à l’arroser régulièrement de sorte à garder un substrat frais, mais sans eau stagnante au niveau des racines.
  • Évitez le soleil direct et pensez à placer un lit de billes d’argiles imbibées d’eau dans la soucoupe.
  • Cela permettra de créer de l’humidité autour de la plante. Coupez régulièrement les urnes dès qu’elles sont sèches.
  • Pour aller plus loin : Bien cultiver le nepenthes

 

Népenthès Plante carnivore

Népenthès : lumière vive sans soleil brûlant et humidité régulière favorisent la formation des urnes

 

Les droséras :

Avec ses feuilles vert pomme et ses poils rouges, le droséra est très décorative.

  • Les poils de la plante sont recouverts d’une substance gluante qui sert de piège aux insectes.
  • Tout comme les dionées, la népenthès a besoin d’un substrat humide et acide.
  • Vous pouvez la placer dans un endroit très lumineux, en évitant les rayons du soleil aux heures les plus chaudes.
  • Ne lui donnez pas de l’engrais, elle préfère les terres pauvres.
  • Pour aller plus loin : Bien cultiver un droséra

 

droséras plante carnivore

Droséra : si les “gouttes” disparaissent, c’est souvent un manque de lumière ou d’humidité

Problèmes fréquents et solutions

  • Les pièges noircissent : normal après digestion ou vieillissement. Coupez seulement si tout est sec. Si tout noircit d’un coup, suspectez un excès d’engrais, une eau trop calcaire, ou un choc de froid.
  • Pas de pièges / pièges verts sans rouge : manque de lumière (très fréquent en intérieur). Placez plus près d’une fenêtre lumineuse.
  • Moisissures sur le substrat : aération insuffisante, eau stagnante, substrat trop compact. Retirez la couche superficielle et améliorez le drainage.
  • Plante “fatiguée” en hiver : certaines espèces ont besoin d’un repos au frais. Respecter le cycle améliore nettement la vigueur.

Conseils du jardinier – FAQ

  • Peut-on cultiver une plante carnivore en appartement ?
    Oui. La clé est d’offrir une très bonne luminosité et une eau non calcaire. Certaines espèces (droséras, népenthès) se prêtent très bien à l’intérieur, tandis que la dionée a souvent besoin d’un repos hivernal.
  • Quelle eau utiliser ?
    Idéalement de l’eau de pluie. À défaut, de l’eau déminéralisée. Évitez l’eau du robinet si elle est calcaire ou riche en minéraux.
  • Doit-on nourrir une plante carnivore ?
    Non. Elle se débrouille seule. Et il ne faut pas lui donner de nourriture “humaine” (viande, fromage, etc.), qui ferait pourrir les pièges.
  • Quel substrat choisir ?
    Un substrat pauvre et acide, sans engrais : tourbe blonde non fertilisée + sable de quartz/perlite, parfois sphaigne selon les espèces.
  • Pourquoi ma dionée se ferme quand je la touche ?
    Parce que le piège est déclenché par des poils sensitifs. Mais évitez de le faire : cela consomme beaucoup d’énergie et épuise la plante.
  • Ma népenthès ne fait plus d’urnes, que faire ?
    Le manque d’urnes indique souvent un déficit de lumière et/ou d’humidité. Donnez-lui une lumière vive sans soleil brûlant et augmentez l’hygrométrie autour de la plante.

©karidesign, ©MonikaP, ©SonjaKalee, ©RobertBalog


Écrit par Audrey Chéritel