Le Solidago, plus connu sous le nom de verge d’or, est une plante vivace généreuse, robuste et peu exigeante. Sa floraison jaune vif, en grappes ou panicules plumeuses, illumine les massifs de la fin de l’été à l’automne, à un moment où beaucoup d’autres fleurs déclinent. Mais derrière cette belle plante mellifère se cache également une ancienne plante médicinale : la verge d’or européenne, Solidago virgaurea, traditionnellement utilisée pour favoriser le confort urinaire.
Très appréciée dans les jardins naturalistes, la verge d’or attire une multitude de pollinisateurs, notamment abeilles et papillons. Cultiver un Solidago permet donc à la fois d’offrir une floraison tardive au jardin, de soutenir la biodiversité et, pour l’espèce Solidago virgaurea, de renouer avec une plante classique de la phytothérapie européenne.
La verge d’or contient notamment des flavonoïdes, des saponosides, des tanins et différents composés phénoliques. Ces substances participent à ses propriétés antioxydantes et à son activité sur l’élimination urinaire.
Son usage traditionnel le mieux établi concerne les troubles urinaires mineurs. La plante est utilisée pour augmenter légèrement la production d’urine et favoriser ainsi le rinçage naturel des voies urinaires.
En phytothérapie, la verge d’or est principalement employée pour accompagner :
Son intérêt repose donc davantage sur un effet de drainage doux que sur une action « détox » spectaculaire. Boire suffisamment reste indispensable pour que cet usage ait un sens.
Les flavonoïdes et autres polyphénols présents dans le Solidago participent à la protection des cellules face au stress oxydatif. Il serait toutefois excessif d’en déduire que la verge d’or prévient ou traite à elle seule les maladies cardiovasculaires ou les cancers : ces propriétés biochimiques sont intéressantes, mais ne constituent pas une indication thérapeutique démontrée.
Son nom latin rappelle ses anciens usages sur les plaies. Les tanins lui confèrent une action astringente qui explique son utilisation traditionnelle sous forme de compresses sur de petites irritations cutanées. Cet usage relève toutefois davantage de la tradition que d’une indication médicale moderne bien établie.
La forme la plus simple reste la tisane. Les préparations traditionnelles utilisent les parties aériennes fleuries séchées. À titre indicatif, les monographies européennes font état de quelques grammes de plante sèche par tasse ou préparation, plusieurs fois dans la journée selon le produit.
En pratique, il est préférable de respecter la posologie indiquée sur une plante conditionnée ou un produit de phytothérapie plutôt que de multiplier les préparations très concentrées. Une bonne hydratation doit accompagner la prise puisque l’objectif recherché est précisément d’augmenter le flux urinaire.
La verge d’or existe également sous forme d’extraits secs, liquides ou de teintures. Leur concentration varie fortement : les dosages ne sont donc pas directement interchangeables avec ceux d’une tisane. Il convient de suivre les indications du fabricant ou celles d’un pharmacien.
L’action diurétique de la verge d’or implique plusieurs précautions importantes.
Important : brûlures importantes lors de la miction, fièvre, spasmes, douleurs lombaires ou présence de sang dans les urines nécessitent une consultation. Une infection urinaire ou un calcul ne doit pas être traité uniquement par des plantes.
Le Solidago possède aussi un intérêt indirect pour le bien-être. Sa longue floraison anime les jardins de fin d’été et attire abeilles, papillons et autres insectes. Observer cette biodiversité et disposer d’un jardin plus vivant participe aussi au plaisir de jardiner et au contact avec la nature.
Dans un massif, les variétés ornementales peuvent être associées aux asters, graminées, échinacées ou rudbeckias. Avec les espèces très vigoureuses comme Solidago canadensis ou S. gigantea, mieux vaut toutefois éviter de favoriser leur dissémination dans les milieux naturels.
Solidago virgaurea, la verge d’or européenne, constitue l’une des espèces de référence de la phytothérapie européenne. Il ne faut pas considérer automatiquement tous les cultivars ornementaux comme interchangeables.
Elle est traditionnellement utilisée pour augmenter le débit urinaire et favoriser le rinçage des voies urinaires lors de troubles mineurs. Elle ne « soigne » pas une maladie rénale et peut au contraire être inadaptée dans certaines insuffisances rénales.
Elle peut accompagner le confort urinaire et l’hydratation lors de symptômes mineurs, mais une véritable infection urinaire nécessite une évaluation médicale, surtout en présence de fièvre, de sang dans les urines ou de douleurs.
La verge d’or est généralement employée en cure courte. Pour un usage prolongé ou récurrent, mieux vaut demander conseil à un médecin ou à un pharmacien afin de rechercher la cause des troubles.
Certaines espèces, notamment Solidago canadensis et Solidago gigantea, peuvent se montrer très vigoureuses. Les variétés horticoles compactes sont généralement plus faciles à maîtriser.
Oui. Sa floraison tardive est particulièrement intéressante pour les insectes pollinisateurs à une période où les ressources florales commencent à diminuer.
©Goran Horvat
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.