Elles portent mal leur nom ! Les « mauvaises herbes » sont dans leur majorité des plantes aux nombreuses qualités, dont vous pouvez notamment profiter à table. Loin d’être inutiles, ces plantes spontanées constituent souvent de véritables concentrés de nutriments, parfois même plus riches que certains légumes cultivés.
La plupart des adventices – l’autre nom des mauvaises herbes – ne sont pas toxiques, bien au contraire.
Leurs feuilles sont souvent plus riches en nutriments que les légumes cultivés. Celles de l’ortie sont ainsi trois fois plus riches en fer que les épinards. Sources de protéines, de vitamines et de minéraux, riches en saveurs variées, elles permettent d’enrichir les plats du quotidien.
Parmi les plantes sauvages comestibles que l’on peut facilement trouver dans les jardins, les champs ou au bord des chemins, on peut citer :
Sans oublier les plantes dont les fleurs, comme la mauve, peuvent apporter des couleurs aux salades et décorer les plats.
Les feuilles se cuisinent généralement comme des épinards : en soupe, gratins, quiches, flans ou tartes salées. Certaines plantes sauvages offrent même des saveurs étonnantes, allant du goût légèrement citronné au parfum poivré.
Les jeunes pousses peuvent également se déguster en salade. Cueillies au printemps, elles sont souvent plus tendres et moins amères.
Enfin, un grand nombre de mauvaises herbes possèdent aussi des vertus médicinales. Certaines sont utilisées en infusion, en décoction ou en application externe pour soulager des maux du quotidien.
La cueillette sauvage demande toutefois un minimum de connaissances. Pour savoir reconnaître les espèces et éviter toute confusion avec des plantes toxiques, il est essentiel de se référer à un ouvrage spécialisé ou de suivre une formation.
Vous pouvez aussi participer à des sorties botaniques ou à des stages de cueillette organisés par des associations naturalistes ou des spécialistes des plantes sauvages.
Fini le temps où l’on éradiquait ces indésirables à grands coups d’herbicides. Les jardiniers bien informés souhaitent désormais cohabiter en paix avec les adventices.
Sur un terrain nu, ces plantes spontanées jouent un rôle écologique important. Elles agissent comme un couvre-sol naturel qui protège la terre contre l’érosion, améliore l’aération du sol et favorise la vie microbienne.
Leurs racines profondes permettent également de remonter certains nutriments vers la surface, enrichissant ainsi la couche fertile du sol.
Au potager, les mauvaises herbes doivent évidemment être contrôlées. On peut les arracher et les mettre au compost lors de la période des semis afin qu’elles ne concurrencent pas la croissance des jeunes plants.
Mais une fois les cultures bien installées, une certaine cohabitation est possible. Certaines adventices peuvent même être utiles pour attirer les insectes pollinisateurs ou servir d’indicateurs de la qualité du sol.
Les consommer est d’ailleurs une excellente manière de limiter leur expansion tout en profitant de leurs qualités nutritionnelles.
À lire : Les bonnes mauvaises herbes, de François Couplan, aux éditions Sang de la Terre.
François Couplan propose également des stages de découverte des plantes comestibles et médicinales.
L. H.