Des plumes éparpillées au sol, un dos qui rougit, une croupe à nu. Et pourtant, ce n’est pas encore la saison de la mue.
Si vos poules se déplument elles-mêmes ou s’arrachent les plumes entre elles en ce moment, le réflexe « c’est normal en été » est trompeur. Derrière ce comportement se cache souvent un déséquilibre alimentaire précis.
Et il se règle vite, à condition de l’identifier.
La vraie mue arrive plutôt à la fin de l’été et en automne, quand les jours raccourcissent. Les plumes tombent alors de façon symétrique, sans peau abîmée en dessous. Le picage, lui, laisse des zones rouges, parfois sanglantes, et touche surtout le dos, la croupe et le cou.
Regardez de près. Une peau intacte sous les trous ? C’est la mue, un phénomène naturel. Une peau griffée, des plumes cassées net à la base ? C’est qu’une poule tire dessus — la sienne ou celle d’une congénère.
Le picage se repère aussi à l’odeur métallique du sang séché sur les plumes restantes, et à l’agitation dans le groupe. Une poule qui en harcèle une autre, bec en avant, ne s’arrête pas seule.
Une plume, c’est de la kératine. Donc une protéine, très riche en acides aminés soufrés comme la méthionine.
Quand la ration manque de protéines, la poule cherche cette ressource ailleurs : dans les plumes de ses voisines.
En été, le problème s’aggrave pour deux raisons concrètes :
Visez une ration à 16% de protéines minimum, et 18% si une mue commence. En dessous, le risque de picage grimpe nettement. Vérifiez l’étiquette de vos granulés — beaucoup de mélanges économiques plafonnent à 14%.
Agissez vite, car le picage devient contagieux en 48 heures. Une fois que le sang attire le groupe, c’est très dur à enrayer.
Un Bloc à picorer aux vers de farine occupe les poules de longues heures et apporte les protéines qui manquent. Pour les plaies, gardez une Trousse de soin pour poules à portée de main.
Côté potager, vous pouvez aussi cultiver des plantes nourrissantes pour vos poules afin de compléter naturellement leur alimentation. Et si la chaleur s’installe, relisez nos conseils pour protéger vos poules de la canicule.
La carence n’est pas toujours seule en cause. Avant de tout miser sur l’alimentation, balayez ces pistes.
L’ennui d’abord. Une poule enfermée sans rien à gratter s’en prend à ses congénères par désœuvrement.
Un tas de paille, quelques épluchures, un chou suspendu : ça change tout.
Les parasites ensuite. Les poux rouges font gratter et arracher les plumes par démangeaison. Inspectez les perchoirs la nuit, c’est là qu’ils se cachent. Une hygiène rigoureuse du poulailler reste votre meilleure prévention. Selon l’Anses, ces ectoparasites prolifèrent particulièrement vite par temps chaud.

L’astuce à retenir : Un picage en été révèle presque toujours un manque de protéines — visez 16 à 18% dans la ration.
Oui, dès que la peau saigne. La vue du sang déclenche un acharnement du groupe qui peut tuer la poule blessée en quelques jours.
La mue laisse une peau intacte et touche tout le corps de façon symétrique. Le picage cible le dos et la croupe avec des zones rouges ou des plaies.
Des vers de farine séchés, des larves d’insectes ou un bloc à picorer protéiné. Comptez quelques jours pour voir le comportement s’apaiser.
Tout à fait. Le manque d’espace et l’ennui sont des déclencheurs majeurs du picage, même avec une bonne alimentation.