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Chouettes et hiboux : quelles différences et comment les reconnaître ?

chouettes et hiboux : différences et espèces

De par leurs mœurs nocturnes, les chouettes et les hiboux sont certainement les oiseaux les moins connus par la population. D’autant qu’ils suscitent souvent des légendes, mythes et fantasmes de par leurs caractéristiques physiques. Pourtant, les chouettes et les hiboux sont des rapaces qui jouent un rôle non négligeable dans la chaîne alimentaire…et dans les jardins. C’est pourquoi il est primordial d’apprendre à les connaître et surtout de les protéger, certaines espèces étant menacées.

Quelles différences entre chouette et hibou ?

La chouette, le hibou…Dans l’esprit de beaucoup, le hibou serait naturellement le mâle de la chouette. Pas du tout. Ce sont en fait deux espèces différentes de rapaces nocturnes qui appartiennent à la famille des Strigidés. Sauf la chouette effraie qui fait parti de la famille des Tytonidés.

D’emblée, chouettes et hiboux sont assez semblables, car ils sont pourvus des mêmes caractéristiques physiques. Pour autant, un point essentiel permet de les distinguer.

  • Il s’agit des aigrettes que seuls les hiboux arborent sur le haut de leur tête. Ces deux aigrettes sont constituées de petites touffes de plumes qui font penser à une paire de cornes.
  • À part cette particularité, les chouettes et les hiboux bénéficient de nombreux points communs :

 

hiboux et chouettes

Le hibou petit-duc avec ses aigrettes

  • Une tête ronde qui est capable de se déplacer selon un angle de 270 °C
  • Des yeux bien ronds situés sur l’avant qui leur permettent d’avoir une vision perçante d’une rare précision
  • Une ouïe tout aussi exceptionnelle que la vue
  • Un bec crochu et des serres d’une grande puissance pour saisir leurs proies
  • Des disques faciaux qui canalisent les sons
  • Un vol silencieux dû aux rémiges de leur plumage
  • Un plumage homotypique qui leur permet de se confondre avec l’environnement où ils évoluent.

Il reste une ressemblance essentielle : leur régime alimentaire. Chouettes et hiboux sont des rapaces carnivores qui se nourrissent de rongeurs et de mammifères (mulots, souris, musaraignes…), d’oiseaux et d’oisillons, mais aussi de batraciens, de reptiles (serpents, lézards) et même de limaces et d’escargots.

Ce qui change aussi, au-delà des “aigrettes”

La différence la plus simple à retenir est donc visuelle (les aigrettes chez les hiboux). Mais, sur le terrain, d’autres indices peuvent aider à éviter les confusions, surtout lorsqu’on n’aperçoit l’oiseau que quelques secondes, à la lampe, ou en l’entendant chanter au loin.

Forme du visage et “masque”

  • Chez les Strigidés (la grande majorité des hiboux et des chouettes), le disque facial est plutôt rond.
  • La chouette effraie, elle, se repère souvent à son disque facial en forme de cœur.
  • C’est un détail très pratique, car l’effraie fréquente volontiers les villages, les granges, les clochers et les bâtiments anciens, là où l’on cherche justement à reconnaître “chouette ou hibou”.

Chant, cris et périodes d’activité

  • On identifie souvent ces rapaces par la voix. La chouette hulotte est célèbre pour son “ouh-houuu” très typique, alors que le petit-duc se signale plutôt par un chant monotone répété.
  • À noter aussi que certains sont visibles plus facilement au crépuscule, voire parfois en plein jour (comme la chevêche, qu’on observe perchée sur un piquet).
  • Enfin, contrairement à une idée reçue, “nocturne” ne signifie pas “invisible”.
  • À la tombée de la nuit, on peut les voir chasser à découvert, en lisière, au-dessus d’une prairie, ou longer une haie.

Milieux de chasse et de nidification

  • Beaucoup de chouettes et hiboux nichent dans des cavités (arbres creux, vieux murs, bâtiments). D’autres utilisent des nids abandonnés (le moyen-duc, par exemple).
  • Certains, comme le hibou des marais, nichent au sol dans la végétation haute.
  • Cette diversité explique pourquoi l’entretien trop “propre” d’un paysage (haies arrachées, vieux arbres abattus, granges condamnées) pèse autant sur leurs populations.

Un rôle discret, mais précieux au jardin

  • Dans un jardin ou à proximité d’un verger, leur présence est un atout. En régulant mulots, souris et autres petits rongeurs, ils participent à un équilibre naturel.
  • Ce sont des auxiliaires silencieux : ils ne remplacent pas tout, mais ils limitent certains dégâts, surtout lorsqu’ils trouvent des zones favorables pour se poser, chasser et se reproduire (haies, arbres, prairies, friches, vieux murs, granges).

Les chouettes répandues sur le territoire

Cinq espèces de chouettes sont assez courantes en France, dont deux localisées :

  • La chouette hulotte (Strix aluco), autrefois nommée chat-huant, est la connue et la plus répandue des chouettes en France. Reconnaissable à son cri (ouh-houuu), elle arbore un plumage gris ou roux et un corps trapu. Elle se rencontre dans les forêts mixtes peu denses, les parcs et les jardins. L’essentiel étant qu’il y trouve des arbres creux pour nicher. C’est un rapace très sédentaire

 

chouettes et hiboux

Chouette hulotte

  • La chouette effraie (Tyto alba) est très reconnaissable avec son plumage blanc qui lui donne un aspect fantomatique. On la nomme d’ailleurs « dame blanche » ou « effraie des clochers ». Son disque facial prend une forme de cœur. C’est une chouette peu farouche avec l’homme qui vit souvent dans les villages, dans les fermes, les parcs et squares urbains. Elle niche dans un vieux bâtiment, un grenier, dans l’anfractuosité d’un mur

 

chouettes et hiboux

Chouette chevêchette d’Europe

  • La chouette chevêche (Athene noctua) est une petite chouette au plumage brun gris maculé de blanc et aux yeux d’or de par ses iris jaune pâle. On peut souvent l’apercevoir la journée perchée sur un piquet. Elle apprécie les paysages agricoles, les haies, les vergers…et qui niche dans des cavités (vieux arbres, murets…)
  • La chouette chevêchette d’Europe (Glaucidium passerinum) est la plus petite des chouettes au plumage brun tachée de blanc et de gris. Elle vit à une altitude supérieure à 1000 m dans les forêts de conifères. On la rencontre donc essentiellement dans les Alpes, le Jura et les Vosges
  • La chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) est une chouette peu répandue. Elle vit dans les forêts de moyenne montagne des mêmes massifs montagneux que la chouette chevêchette auxquels on peut ajouter le Massif Central et les Pyrenées.

Les hiboux les plus communs en France

Quatre espèces de hiboux se rencontrent sur notre territoire, dont une reste exceptionnelle :

chouettes et hiboux

Hibou grand-duc

  • Le grand-duc d’Europe (Bubo bubo) : c’est le plus grand rapace nocturne d’Europe. Il se reconnaît à ses grandes aigrettes dressées, ses yeux jaunes et son plumage fauve. C’est un prédateur très redoutable doté de serres puissantes. Il aime tout particulièrement les zones escarpées et rocheuses et les forêts vallonnées. Il niche dans les anfractuosités de falaises
  • Le moyen-duc (Asio otus) est un hibou de la taille de la chouette hulotte qui se distingue par ses aigrettes érectiles. Il fréquente les bocages, les lisières de bois, les haies épaisses…et niche dans les arbres, souvent dans des nids abandonnés de rapaces ou de corvidés
  • Le petit-duc (Otus scops) : c’est le plus petit des hiboux de la taille d’un merle qu’on entend plus qu’on ne voit. C’est un hibou migrateur qui passe l’hiver dans le Sud. Il fréquente les parcs, les vergers, les bosquets…et niche dans les cavités, les murets ou de vieux arbres
  • Le hibou des marais (Asio flammeus) est peu connu. Également hibou brachyote, il vit surtout sur la façade atlantique dans les plaines alluviales, les dunes, les estuaires. À la différence des autres hiboux et chouettes, il construit son nid dans des hautes herbes ou des roseaux.

Comment les observer sans les déranger

Si vous souhaitez savoir si une chouette ou un hibou fréquente votre secteur, commencez par écouter.

  • Un soir calme, loin d’une route, placez-vous près d’une haie, d’un bosquet ou d’un parc arboré.
  • Évitez de multiplier les éclairages. Une lampe trop puissante peut désorienter et stresser l’oiseau.
  • L’idéal est d’observer à distance, en silence, et de privilégier des jumelles.
  • Autre indice : les pelotes de réjection au pied d’un perchoir (branche basse, poutre de grange, vieux mur). Elles témoignent d’un lieu de repos régulier.

Accueillir chouettes et hiboux au jardin

On n’attire pas ces rapaces comme on installe une mangeoire. En revanche, on peut rendre un jardin plus favorable, surtout à proximité d’une zone de chasse (prairie, friche, verger, bocage). L’idée est simple : offrir des refuges, préserver les proies naturelles, et limiter les dangers.

  • Préserver des haies, des bosquets, et si possible quelques arbres âgés avec cavités. Ce sont des supports de repos et parfois de nidification.
  • Éviter les rodenticides. Un rongeur empoisonné peut être capturé et intoxiquer le rapace (effet secondaire très redouté).
  • Limiter les pesticides : moins d’insectes et d’amphibiens, c’est moins de proies, surtout pour les espèces opportunistes.
  • Si vous avez un bâtiment ancien, laisser (quand c’est compatible avec la sécurité) des accès possibles à des combles, granges, ou anfractuosités, car certaines espèces aiment les cavités calmes.
  • Installer un nichoir adapté peut aider dans certains contextes (vergers, haies, bocages). Il doit être à la bonne taille, bien placé, et surtout à l’écart des dérangements.
  • Et si une chouette ou un hibou fréquentait votre jardin ?

Des oiseaux menacés

Les chouettes et les hiboux sont des espèces menacées, essentiellement par les activités humaines. Ainsi, l’abattage des vieux arbres ou des haies fait disparaître ses lieux de nidification. Tandis que l’usage des pesticides éradique les proies dont ils font leur repas. Enfin, la circulation automobile et le développement des réseaux routiers causent de nombreuses pertes. Accessoirement, la fermeture d’édifices supprime également des lieux de repos pour ces rapaces nocturnes.

Maladies, parasites et autres risques

Comme beaucoup d’oiseaux sauvages, chouettes et hiboux peuvent héberger des parasites externes (acariens, poux) sans que cela soit forcément visible.

  • Les principaux problèmes surviennent surtout en cas de faiblesse : manque de nourriture, hiver difficile, collision (vitre, véhicule), ou intoxication secondaire (proies contaminées).
  • Si vous trouvez un individu au sol, immobile, ou en plein jour dans un état anormal, évitez de le manipuler à mains nues. Mettez-le au calme dans un carton aéré et contactez rapidement un centre de sauvegarde de la faune sauvage ou un vétérinaire formé.
  • Ne donnez pas à manger au hasard : une mauvaise alimentation ou un stress prolongé peuvent aggraver la situation.

Conseils d’expert – FAQ

  • Quelle est la différence la plus simple entre un hibou et une chouette ?
    Le repère le plus connu est la présence d’aigrettes : les hiboux en portent (deux petites touffes de plumes sur la tête), alors que les chouettes n’en ont pas.
  • Le hibou est-il le mâle de la chouette ?
    Non. Hiboux et chouettes sont des groupes différents. Le mâle et la femelle existent dans chaque espèce, et ils se ressemblent souvent beaucoup (avec parfois une femelle un peu plus grande).
  • Pourquoi la chouette effraie est-elle “à part” ?
    Parce qu’elle n’appartient pas à la même famille que la plupart des autres espèces citées. Elle est classée chez les Tytonidés et se reconnaît notamment à son disque facial en forme de cœur.
  • Est-ce normal de voir une chouette en plein jour ?
    Oui, selon l’espèce (la chevêche par exemple) et selon la période. Mais un rapace nocturne au sol, apathique, ou qui se laisse approcher peut être en difficulté.
  • Chouettes et hiboux sont-ils utiles au jardin ?
    Oui. Ce sont des prédateurs qui consomment notamment des rongeurs (mulots, souris) et contribuent à l’équilibre naturel, surtout près des haies, vergers et prairies.
  • Que faire si j’en trouve un blessé ?
    Le mettre au calme dans un carton aéré, éviter de le nourrir, limiter les manipulations, puis contacter un centre de sauvegarde de la faune sauvage ou un vétérinaire. Les collisions et intoxications secondaires sont fréquentes.

©John Carnemolla ©ACM1988 ©Andyworks ©Vassiliy Vishnevskiy ©JPPeterson


Écrit par Pascale Bigay | L'écriture a ponctué la vie de Pascale. Tout comme la nature, la botanique, le jardinage... C'est pourquoi à travers ses mots, elle vous fait partager ses expériences et ses découvertes de jardinage, ses plantations de vivaces ou d'arbustes, ses recettes du potager, la vie de ses poules...