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La musaraigne, une alliée de (petit) poids au potager

musaraigne alliée au jardin

Si les souris et les mulots peuvent occasionner des dégâts au potager, la musaraigne est généralement la bienvenue au jardin. Ce petit mammifère au museau pointu passe une grande partie de ses journées et de ses nuits à rechercher des insectes, des larves et d’autres petits invertébrés. Souvent confondue avec une souris, elle ne s’attaque pourtant ni aux graines ni aux légumes du potager.

Comment reconnaître une musaraigne, pourquoi est-elle utile et que faire lorsqu’on en découvre une au jardin ou dans la maison ?

La musaraigne, un tout petit mammifère insectivore

Si vous avez spontanément envie de classer la musaraigne parmi les rongeurs, vous vous trompez ! La musaraigne appartient à la famille des Soricidés, alors que les souris, mulots et campagnols sont des rongeurs.

Une autre caractéristique de la musaraigne réside dans sa petite taille. Selon les espèces, elle mesure généralement quelques centimètres de longueur, sans compter la queue, et ne pèse souvent que quelques grammes.

Revêtue d’un pelage soyeux gris à brun, elle possède de longues moustaches, de petites oreilles et surtout un museau très pointu et mobile, qu’elle utilise pour explorer le sol et rechercher sa nourriture.

Chacune de ses pattes porte cinq doigts.

Très active, la musaraigne consacre une grande partie de son temps à se nourrir. Son métabolisme particulièrement rapide lui impose des repas fréquents. Certaines espèces peuvent consommer quotidiennement une quantité de nourriture proche de leur propre poids, parfois davantage.

La musaraigne est généralement solitaire et territoriale. Les individus se rapprochent principalement au moment de la reproduction. Selon les espèces, les femelles peuvent avoir plusieurs portées au cours de la belle saison, comptant chacune quelques petits.

Comment différencier une musaraigne d’une souris ou d’un mulot ?

La confusion est fréquente, car ces petits mammifères présentent une silhouette assez semblable. Pourtant, quelques détails permettent de les distinguer facilement.

 

Musaraigne reconnaissable à son long museau pointu

La musaraigne possède un museau allongé et pointu, caractéristique de son espèce.

  • La famille : la musaraigne appartient aux Soricidés. La souris et le mulot appartiennent aux Muridés, tandis que les campagnols sont classés parmi les Cricétidés.
  • L’alimentation : la musaraigne est principalement insectivore. La souris et le mulot sont omnivores, avec une alimentation souvent riche en graines et en végétaux. Les campagnols consomment principalement des matières végétales.
  • Le museau : celui de la musaraigne est long, pointu et très mobile, alors que celui de la souris est généralement plus court.
  • Les dents : contrairement aux rongeurs, la musaraigne ne possède pas de grandes incisives à croissance continue adaptées au rongement.
  • La queue : sa longueur varie selon les espèces de musaraignes et ne constitue pas, à elle seule, un critère fiable d’identification.

 

Souris avec un museau plus court que celui de la musaraigne

La souris présente un museau moins allongé et des oreilles généralement plus apparentes.

Le moyen le plus simple de les reconnaître reste donc d’observer leur tête : la musaraigne possède un museau effilé qui ressemble à une petite trompe, avec de nombreuses vibrisses sensorielles.

Pourquoi la musaraigne est-elle utile au jardin et au potager ?

La principale différence entre la musaraigne et les petits rongeurs du jardin réside dans son alimentation. Alors que les mulots peuvent consommer des graines, des bulbes ou des légumes, la musaraigne recherche surtout de petites proies animales.

Ce petit mammifère est un consommateur actif d’insectes, de larves, de chenilles, de petits escargots et limaces, de vers, de mille-pattes, d’araignées et d’autres invertébrés.

Selon les espèces et les occasions, elle peut également consommer des punaises ou de petites tiques.

Elle contribue ainsi à la régulation naturelle de certains organismes susceptibles de provoquer des dégâts sur les cultures.

Il faut toutefois nuancer son rôle : la musaraigne ne distingue pas les ravageurs des insectes auxiliaires. Elle peut également capturer des carabes, des coccinelles, des chrysopes ou des cloportes.

Son intérêt réside donc dans sa participation à l’équilibre biologique du jardin, plutôt que dans une lutte ciblée contre un ravageur particulier.

Contrairement aux mulots et aux campagnols, elle ne creuse pas les légumes pour s’en nourrir et ne constitue généralement pas une menace pour les semis.

Comment accueillir la musaraigne au jardin ?

Pour favoriser sa présence, inutile d’installer un abri sophistiqué. La musaraigne recherche avant tout des endroits tranquilles, frais et riches en petites proies.

 

Musaraigne dans un jardin, à proximité de la végétation

Un jardin riche en végétation et en petits refuges favorise la présence des musaraignes.

Quelques gestes simples suffisent :

  • Conserver un tas de branchages, de feuilles mortes ou de pierres : ces éléments offrent des cachettes et abritent de nombreux invertébrés.
  • Aménager une zone tranquille près du compost : les abords du compost peuvent constituer un terrain de chasse intéressant.
  • Laisser une partie du jardin enherbée : une prairie fleurie ou un espace moins tondu favorise la diversité de la petite faune.
  • Éviter les insecticides inutiles : ils réduisent les ressources alimentaires des musaraignes et peuvent perturber l’équilibre du jardin.
  • Limiter les pièges destinés aux rongeurs : ils peuvent capturer accidentellement des musaraignes, qui ne sont pourtant pas responsables des dégâts sur les cultures.

En hiver, la musaraigne reste active, même si son comportement peut changer selon les espèces. Elle recherche alors des endroits protégés du froid et continue de se nourrir dès qu’elle trouve des proies accessibles.

Quels sont les principaux prédateurs de la musaraigne ?

Malgré sa petite taille et sa discrétion, la musaraigne compte plusieurs prédateurs.

Les chats domestiques figurent parmi les plus connus. Ils peuvent la capturer sans nécessairement la consommer, car certaines musaraignes possèdent des glandes produisant des sécrétions à l’odeur musquée peu appréciée des prédateurs.

 

Chat domestique, prédateur potentiel de la musaraigne

Les chats domestiques peuvent capturer des musaraignes, même lorsqu’ils ne les consomment pas.

Les rapaces, notamment certaines chouettes et certains hiboux, comptent également parmi ses prédateurs naturels. D’autres petits carnivores peuvent aussi la capturer.

Les activités humaines représentent enfin un risque indirect : destruction des refuges, usage de produits chimiques, circulation routière ou pièges non sélectifs.

Que faire si une musaraigne entre dans la maison ?

Il arrive qu’une musaraigne pénètre accidentellement dans une habitation, notamment lorsqu’elle recherche un abri ou poursuit de petites proies.

Elle n’y provoque généralement pas les dégâts caractéristiques des souris et des rats. Il vaut néanmoins mieux la faire ressortir rapidement, car son métabolisme élevé la rend sensible au manque de nourriture et d’eau.

Si elle est accessible, vous pouvez la guider doucement vers une sortie ou la recueillir avec précaution dans une boîte suffisamment aérée, sans la manipuler directement.

Relâchez-la rapidement dans un endroit abrité, à proximité du lieu de découverte, lorsque son état et les conditions le permettent. Si elle semble blessée ou affaiblie, demandez conseil à un centre de soins pour la faune sauvage.

Évitez les pièges collants et les appâts empoisonnés, qui présentent également des risques pour de nombreux autres animaux.

La musaraigne est-elle dangereuse pour l’homme ?

Malgré certaines croyances populaires, la musaraigne ne représente généralement pas de danger pour l’homme. Elle est discrète, craintive et cherche avant tout à fuir.

Il est vrai que certaines espèces possèdent une salive contenant des substances toxiques capables d’immobiliser de petites proies. Mais cette particularité ne concerne pas toutes les musaraignes et ne fait pas de cet animal une menace habituelle pour les personnes.

Comme avec tout petit mammifère sauvage, il convient simplement d’éviter de la manipuler à mains nues, notamment pour prévenir les morsures et les risques sanitaires.

Au jardin, la meilleure attitude consiste donc à la laisser tranquille. Elle poursuivra naturellement sa recherche d’invertébrés sans s’intéresser à vos légumes.

Conseils du jardinier – FAQ

  • La musaraigne est-elle une souris ? Non. Malgré leur ressemblance, la musaraigne est un mammifère principalement insectivore de la famille des Soricidés, tandis que la souris appartient aux rongeurs.
  • La musaraigne mange-t-elle les racines et les légumes ? Non, elle recherche surtout des invertébrés. Elle n’est généralement pas responsable des dégâts sur les bulbes, les racines ou les semis.
  • La musaraigne est-elle utile contre les limaces ? Oui, certaines espèces consomment de petites limaces et d’autres invertébrés du sol. Elle participe ainsi à leur régulation naturelle, sans constituer une méthode de lutte suffisante à elle seule.
  • La musaraigne hiberne-t-elle en hiver ? Non. Elle reste active toute l’année, même si son activité et ses déplacements varient selon les températures et les espèces.
  • Pourquoi trouve-t-on une musaraigne morte dans le jardin ? Son métabolisme très élevé, les prédateurs, les maladies ou les accidents peuvent expliquer sa mort. Les chats en capturent parfois sans les manger.

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Écrit par Pascale Bigay | L'écriture a ponctué la vie de Pascale. Correspondante de presse pendant vingt-trois ans, elle s'est ensuite spécialisée dans le jardinage, la botanique, l'écologie et le développement durable. Sur Jardiner Malin, elle écrit sur le jardinage biologique, les insectes du jardin et du potager, le paillage et les engrais verts. À travers ses mots, elle partage ses expériences et ses découvertes, ses plantations de vivaces ou d'arbustes, ses recettes du potager, la vie de ses poules...