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Voici comment fabriquer un oya maison et économiser les arrosages

Fabriquer oyas
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Avec le changement climatique et le décalage des saisons, jardiner relève de plus en plus du parcours du combattant. Parmi les problèmes que l’on peut rencontrer, la gestion de l’arrosage n’est pas le plus facile à aborder. Heureusement, l’oya, un système simple qui remonte à l’Antiquité est la solution idéale pour vous aider. Et devinez quoi ? Vous pouvez fabriquer un oya vous-même !

Définition rapide : qu’est-ce qu’un oya ?

Aussi appelé olla, l’oya est un récipient en terre cuite non vernissée. Son principe est simple : grâce à la porosité de l’argile, l’eau s’infiltre petit à petit dans les parois pour suinter vers l’extérieur. Une fois enterré, l’oya délivre ainsi une quantité d’eau régulière à proximité des racines des plantes.

Grâce à ce système, on évite trois phénomènes liés à l’arrosage « classique » et responsables d’un surcroît de consommation en eau :

  1. la perte d’humidité à cause de l’évaporation de l’eau en surface ;
  2. le ruissellement qui se produit lorsque la terre est trop sèche et qui empêche l’eau d’aller directement aux racines ;
  3. l’écoulement de l’eau au sol lors de l’irrigation des plantes en pot ; le substrat n’ayant pas le temps d’absorber tout le précieux liquide.

De quoi avez-vous besoin pour fabriquer un oya ?

La fabrication d’un oya nécessite peu de matériel et, avec un peu de chance, vous possédez probablement déjà tout le nécessaire chez vous.

Pour fabriquer un oya, vous aurez ainsi besoin de :

  • materiel pour fabriquer oya2 pots en terre cuite de type Deroma
  • 1 bouchon en liège
  • Du silicone
  • De la colle multi-supports
  • 2 serre-joints

Coût total :

  • pour un oya de 3,4 litres : moins de 10 €.
  • L’équivalent coûte en moyenne 30 € dans le commerce.

Fabriquer un oya en 4 étapes

Obstruez le premier pot

fabriquer oya avec pot en terre cuiteCommencez par boucher le trou d’évacuation du premier pot. Pour cela, le plus simple est probablement de vous servir d’un bouchon en liège. Néanmoins, il est tout à fait possible d’utiliser un tesson de poterie ou un carreau en faïence. Le plus important est de s’assurer que l’eau ne puisse pas s’écouler par cet orifice. À cette fin, l’usage de silicone permet d’assurer une bonne herméticité.

Vérifiez l’étanchéité et la porosité du pot

verifier porosité oyaQue l’eau ne puisse pas s’échapper par le fond du pot est une chose. Encore faut-il qu’elle puisse se répandre autrement. C’est pourquoi il est important de vous assurer que la porosité est suffisante. Comment le savoir ? En remplissant le pot d’eau une fois le silicone sec. En principe, le récipient va tour à tour :

  • changer de couleur pour devenir plus foncé ;
  • se recouvrir d’une fine pellicule humide ;
  • former des gouttes d’eau de plus en plus grosses.

Si ces trois phases se produisent, alors la perméabilité est correcte.

Collez les deux pots ensemble

  • coller pot en terre cuite pour faire un oyaAppliquez de la colle multi-matériaux tout autour du bord d’un des deux pots.
  • Retournez le second pot et positionnez-le sur le premier.
  • Pour assurer une bonne adhésion entre les deux récipients, n’hésitez pas à utiliser deux serre-joints pour les maintenir ensemble.
  • Lorsque la colle a bien séché, étalez une couche de silicone au niveau de la jonction, afin de garantir l’herméticité.

Contrôlez à nouveau l’étanchéité

Dernière étape pour fabriquer un oya, après le séchage du silicone, remplissez votre oya afin de vérifier que l’ensemble des deux pots est bien étanche. À l’instar du bouchon de la première étape, l’important ici est de s’assurer que l’eau ne s’écoule pas trop vite.

Après cet ultime contrôle, votre système d’irrigation est prêt à l’usage.

Comment installer votre oya ?

  • faire un oya maisonCommencez par creuser un trou suffisamment profond.
  • Déposez l’oya de sorte qu’il dépasse légèrement du niveau du sol.
  • Rebouchez le trou en tassant bien, tout en veillant à ne pas casser le récipient.
  • Fermez l’orifice de remplissage avec un couvercle en terre cuite comme un dessous de pot.

Quelques précautions d’usage

  • Paillage autour oyaLa terre cuite étant fragile, faites-en sorte que l’oya soit vide avant l’arrivée des premières gelées. Sinon, l’eau, en gelant, va se dilater et risquer de casser le pot. Ainsi, stoppez le remplissage quelques semaines avant l’hiver.
  • Pensez également à protéger l’orifice au-dessus du sol, en le fermant et en déposant une protection comme un épais paillage.
  • Pour contrôler le volume d’eau dans l’oya, utilisez une baguette de bois sec et plongez-la dans le pot. Vous pouvez aussi vous servir d’une corde lestée.

Vous voilà désormais propriétaire d’un bel oya fait maison, idéal pour contrôler les arrosages. Et pour une gestion encore plus écologique de l’eau, pourquoi ne pas adopter un récupérateur d’eau de pluie ?

Pour aller plus loin :


©OlivierTuffé


Écrit par Christophe Dutertre | Diplômé en aménagement paysager et amoureux des jardins, Christophe vous accompagne dans cette passion qui nous réunit. Découvertes, conseils pratiques et écologie sont au programme.
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Vos réactions
  • Ezzel a écrit le 27 octobre 2023 à 21 h 56 min

    Mot d’origine arabe encore d’usage au Maroc….
    On retrouve la kolla ( à Fès on prononce olla) partout au Maroc profond pour filtrer l’eau de boisson.
    Dans certaines médinas à même la rue pour étancher la soif des passants