Le greffage : tout savoir sur cette technique horticole

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La technique du greffage est, avec celle du bouturage, une des principales techniques de multiplication pour les arbres et arbustes.

En suivant ce guide, vous verrez que réaliser une greffe n’est pas si compliqué et peut être à la portée de tout le monde.

Qu’est-ce que le greffage ?

Définition

Avant de parler plus en détails du greffage, il est important que vous connaissiez quelques termes spécifiques.

  • Sujet ou porte­‑greffe: comme son nom l’indique, il s’agit du végétal qui va servir de support à la greffe. Lorsque cette dernière aura pris, les racines du porte‑greffe fourniront les éléments nutritifs nécessaires au greffon.
  • Greffon: section d’un végétal (souvent un rameau) destinée à être fusionnée avec le porte‑greffe en vue de reproduire l’espèce ou le cultivar dont il est issu.
  • Cambium: tissu végétal placé juste sous l’écorce. On peut l’observer en grattant délicatement l’écorce et en découvrant une fine pellicule vert clair. C’est le cambium qui est à l’origine des racines des boutures et marcottages et qui permet la fusion d’un greffon sur un porte‑greffe.

Vous l’aurez compris, le greffage consiste donc à réunir deux végétaux sains pour n’en faire qu’un seul.

À quoi sert le greffage ?

La greffe est une méthode qui permet de multiplier des végétaux qui sont impossibles à reproduire par semis ou par bouturage. Elle permet également de rajeunir un arbre ou un arbuste qui serait improductif (que ce soit en fruits ou en fleurs).

L’intérêt du greffage est d’allier les avantages des deux éléments : la vigueur et la résistance pour le porte‑greffe et l’esthétisme ou la production de fruits pour le greffon. Par exemple, les rosiers sont greffés sur l’églantier ; le cerisier, quant à lui, est associé au merisier ou au faux‑merisier (Prunus mahaleb).

De quoi ai-je besoin pour un greffage ?

Le matériel nécessaire à la réalisation d’une greffe est assez basique et se trouve dans toutes les jardineries. Vous aurez ainsi besoin :

  • d’un greffoir (sorte de couteau incurvé) bien affûté et désinfecté;
  • de raphia ;
  • de mastic à greffer ou de cire.

Quand effectuer une greffe ?

La période de greffage diffère selon la technique utilisée. Mais d’une manière générale, l’opération s’effectue au printemps.
Pour préparer les porte‑greffes, il convient de prélever les sujets en hiver ; hors périodes de gel. Ils sont ensuite mis en jauge dans un sol frais et idéalement placés le long d’une palissade ou d’un mur exposé au nord. L’objectif est de retarder le plus possible la reprise de la végétation afin de conserver les bourgeons intacts jusqu’au moment du greffage. Ce procédé porte le nom de « stratification ».

Les conditions à respecter pour réussir un greffage

Pour mettre toutes les chances de votre côté et permettre à votre greffe de prendre, il faut respecter certaines règles :

  • Le greffon et le porte‑greffe doivent être sains.
  • Pour éviter d’éventuelles contaminations, le greffoir doit être propre et si possible désinfecté.
  • Les plantes à greffer doivent être compatibles. En général, il vaut mieux choisir des végétaux issus de la même famille ou du même genre botanique.
  • Quelle que soit la technique utilisée, les couches de cambium du greffon et du porte‑greffe doivent être superposées pour que la greffe prenne.
  • Lorsque la greffe a pris, retirez la ligature qui la maintenait. De cette manière, vous éviterez un étranglement de l’écorce qui la ferait grossir.

Quelles sont les techniques de greffage ?

Greffe par approche ou greffe en arc‑boutant

Ce type de greffage consiste à unir deux sujets l’un à l’autre alors qu’ils sont tous les deux en pleine terre (ou en pot). Pour parvenir à réaliser une greffe par approche, vous devez :

greffe par approche ou en arc-boutant

  • Prélever une languette d’écorce sur le greffon et le porte‑greffe. Chacune d’elle doit être de même taille et les deux couches de cambium doivent être découvertes.
  • Appliquer les deux plaies l’une en face de l’autre en faisant bien coïncider les cambiums entre eux.
  • À l’aide du raphia, ligaturer la greffe et la recouvrir avec du mastic à greffer.

La « prise » se fait en général au bout de deux mois. À ce moment‑là, coupez la partie supérieure du sujet au‑dessus du point greffe. Répétez ensuite l’opération pour le greffon, mais en coupant en‑dessous du point de greffe.

Cette technique est à réaliser en juillet, lorsque la circulation de sève est bien active.

Greffage en écusson ou écussonnage

Ce type de greffe est le plus utilisé pour la multiplication des rosiers et des arbustes. L’écussonnage se pratique de juillet jusqu’à août (voire septembre). Pour le réussir, ce greffage s’exécute de la façon suivante :

greffe en écusson ou écussonnage

  • Sur le rameau du greffon, prélevez un œil (bourgeon) avec son écorce et son pétiole. Ensuite, coupez le limbe (partie large et plane de la feuille) et vérifiez qu’il n’y a pas de bois dur sous l’écusson.
  • Sur le porte‑greffe, faites une entaille en forme de « T ».
  • Soulevez l’écorce de chaque côté et insérez l’écusson.
  • Ligaturez l’ensemble à l’aide de raphia ; sans appliquer de mastic à greffer.

Si la greffe est réussie, alors le pétiole doit tomber de lui‑même aux mois d’octobre‑novembre. Au début du printemps suivant, vous pourrez couper le sujet au‑dessus du point de greffe.

En revanche, si le pétiole noircit, se dessèche et ne tombe pas, alors la greffe aura échoué.

Greffage en fente

Cette technique doit être réalisée au début du printemps ; juste avant la reprise de la végétation. Tout comme pour l’écussonnage, la greffe en fente nécessite plusieurs étapes :

greffe en fente

  • Coupez le porte‑greffe à l’horizontale afin de ne conserver que le pied.
  • À l’aide d’une serpette bien aiguisée (et désinfectée), fendez le sujet sur une hauteur de 4 à 5 cm selon son diamètre.
  • Maintenez la fente ouverte en y insérant un coin.
  • Sélectionnez les greffons afin qu’ils mesurent 8 à 12 cm de longueur et surtout qu’ils comportent 3 bourgeons.
  • Biseautez chaque greffon à sa base et des deux côtés.
  • Insérez délicatement les greffons en faisant coïncider les couches de cambium du sujet et des greffons.
  • Retirez le coin et ligaturez la greffe avec du raphia.
  • Appliquez du mastic à greffer sur les parties mises à nu.

Greffe en couronne

Ce type de greffage est surtout utilisé pour régénérer un arbre adulte improductif et permet par la même occasion de reconstituer l’architecture de l’arbre en rajeunissant ses branches charpentières.

greffe en couronne

Pour une meilleure reprise, la greffe en couronne doit être réalisée en avril‑mai ; lorsque le sujet est en pleine sève. Pour parvenir à créer ce greffage, vous devez :

  • Sélectionner des greffons d’environ 10 cm et comportant 3 yeux (ou bourgeons).
  • Réaliser une coupe en biseau de 2,5 cm à la base de chaque greffon.
  • Sur les porte‑greffes, pratiquer des incisions verticales suffisantes pour accueillir les greffons.
  • Insérer délicatement le greffon afin de laisser le temps à l’écorce de se décoller, tout en veillant à faire coïncider les couches de cambium du sujet et du greffon.
  • Il ne reste plus qu’à ligaturer et mastiquer.

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