Sur une terrasse, la plupart des grimpantes ont déjà tiré leur révérence. Le jasmin officinal, lui, continue de sortir des bouquets de fleurs blanches en haut des tiges, et le parfum monte surtout en fin de journée, quand l’air se rafraîchit. Deux pieds bien conduits suffisent à transformer une pergola de 6 m² en plafond fleuri. Et c’est maintenant qu’on les plante.
Le jasmin officinal (Jasminum officinale) fleurit de juin jusqu’aux premières gelées, par vagues successives. Pas une explosion unique comme la glycine. Une production continue, plus discrète, qui s’étale sur près de quatre mois.
La floraison se produit sur les pousses de l’année, celles qui ont poussé depuis le printemps. Tant que la plante allonge ses tiges, elle fabrique des boutons. C’est exactement l’inverse d’une glycine ou d’un chèvrefeuille précoce, qui fleurissent sur le bois formé l’année précédente et s’arrêtent en juillet.
Un détail que peu de fiches mentionnent : les tiges de jasmin officinal sont volubiles, elles s’enroulent seules autour d’un support fin. Sur un montant carré de 9 cm de section, elles patinent.
Sur un fil tendu de 3 mm, elles grimpent sans aucune aide.
Le choix se joue sur trois critères : le feuillage persistant ou non, la rusticité, et la longueur de floraison.
Pour une terrasse utilisée d’avril à octobre, le jasmin officinal gagne. Pour un vis-à-vis à masquer en permanence, prenez le jasmin étoilé, ou mariez les deux sur des montants opposés. Les végétaux résistants au gel restent indispensables au nord de la Loire, où le jasmin officinal peut perdre ses tiges par un hiver rude.
De la mi-septembre à la mi-novembre, la terre est encore tiède et les pluies reviennent. Les racines s’installent pendant tout l’hiver et la plante démarre trois semaines plus tôt au printemps qu’un sujet planté en avril.
Comptez deux pieds espacés de 1,50 m pour couvrir 6 m² de pergola en deux saisons. Creusez un trou de 50 cm de côté, mélangez la terre extraite avec deux pelles de compost, et plantez à 30 cm du pied du montant, jamais collé contre : la fondation assèche le sol.
En bac, tablez sur 50 litres minimum par pied, un terreau plantes fleuries et un drainage de 5 cm au fond. Un apport d’engrais plantes grimpantes NPK 3-6-9 au démarrage de la végétation relance la floraison. Un paillis végétal de 7 cm au pied garde la fraîcheur que le jasmin réclame en été.
Une tige conduite à la verticale fleurit en haut. La même tige couchée à l’horizontale fleurit sur toute sa longueur.
C’est le principe utilisé sur les rosiers grimpants, et il fonctionne exactement pareil ici.
Tendez trois fils inox horizontaux sur le montant, espacés de 40 cm, puis attachez les tiges dessus au fur et à mesure, sans serrer. Oui, il faut y repasser toutes les trois semaines en pleine croissance.
Mais l’écart de floraison la deuxième année est spectaculaire.
Côté taille, intervenez juste après la floraison ou en fin d’hiver : supprimez le bois mort et raccourcissez d’un tiers les tiges qui s’emmêlent. Un jasmin non éclairci devient un paquet de branches sèches à l’intérieur, fleuri seulement en surface.

L’astuce à retenir : palissez les tiges à l’horizontale sur trois fils espacés de 40 cm.
En pleine terre oui, jusqu’à -12 °C environ pour le jasmin officinal, mais en bac les racines gèlent bien plus vite. Entourez le pot d’un voile épais ou plaquez-le contre un mur dès que les nuits descendent sous -3 °C.
Deux saisons complètes avec deux pieds espacés de 1,50 m, à raison de 60 cm à 1 m de croissance par an. La troisième année, la couverture devient dense et il faut commencer à éclaircir.
Soleil le matin et mi-ombre l’après-midi donnent la meilleure floraison, surtout au sud de la Loire où le plein sud brûlant stresse les jeunes pieds. Le pied doit rester frais, la tête au clair.
Oui, un arrosage copieux de 10 litres à la plantation, puis seulement si dix jours passent sans pluie. Reprenez un arrosage suivi au printemps, dès le redémarrage des pousses.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.