Regardez l’extrémité des rameaux de votre noisetier. Les chatons sont déjà là : de petits cylindres verts, raides, longs de 2 à 3 cm, accrochés par paquets de trois ou quatre.
Ils ont été fabriqués en fin d’été. Ils passeront tout l’hiver ainsi, immobiles, avant de s’allonger et de virer au jaune soufre.
Et chez le noisetier tortueux, ce compte à rebours se joue sur une silhouette en tire-bouchon.
Le noisetier a bouclé sa floraison de l’hiver prochain avant même la chute de ses feuilles. C’est ce qui le rend singulier à cette saison.
Les chatons — les fleurs mâles — se forment entre la mi-août et la fin septembre. Touchez-les : ils sont durs, presque cassants, avec un aspect d’écaille sèche.
Rien à voir avec les souples pendeloques de février.
Chez le noisetier tortueux (Corylus avellana ‘Contorta’), l’effet est démultiplié. Chaque rameau part en spirale, se replie sur lui-même, repart. En octobre, quand le feuillage jaunit et tombe, il ne reste que ce lacis de bois vrillé ponctué de chatons. Un arbuste de 3 m devient un objet graphique, surtout en contre-jour vers 17 h, quand le soleil bas passe entre les branches.
Ce qu’il faut savoir : les feuilles du ‘Contorta’ sont gaufrées, ondulées, un peu chiffonnées — elles masquent la structure toute la belle saison. Leur chute est donc une bonne nouvelle.
Le noisetier est pollinisé par le vent, pas par les insectes. Il n’a donc aucun intérêt à attendre les beaux jours : il lui faut au contraire des branches nues, sans feuilles pour freiner les courants d’air.
Les chatons attendent simplement un seuil de température. Dès que les journées passent durablement au-dessus de 8 à 10 °C — souvent entre la mi-janvier et la fin février selon les régions — ils s’allongent jusqu’à 5 à 10 cm, se ramollissent et prennent cette teinte or pâle caractéristique.
Tapez une branche du plat de la main : un nuage de pollen jaune s’en échappe.
Les fleurs femelles, elles, passent presque inaperçues. Cherchez de minuscules pinceaux rouge carmin de 2 à 3 mm sortant directement des bourgeons. Il faut le nez à vingt centimètres pour les voir. C’est la plus discrète des floraisons hivernales, et sans doute la plus précieuse pour les abeilles qui sortent lors des redoux de février.
Le ‘Contorta’ a une histoire courte et amusante : tous les exemplaires vendus descendent d’une seule branche anormale repérée dans une haie anglaise vers 1863. Ce sont des clones, greffés depuis plus de 150 ans.
Un détail : surveillez les rejets droits qui partent du pied greffé, ils n’ont pas la torsion et finissent par dominer la plante.
Coupez trois à cinq rameaux de 60 à 80 cm en plein hiver, au moment où les chatons commencent à pendre. En vase, sans eau ou avec, ils tiennent une vingtaine de jours et continuent de s’allonger dans la chaleur de la pièce.
Posez le vase loin d’un tapis clair : le pollen tombe et laisse une fine poudre jaune.
Dehors, l’effet dépend entièrement du fond. Quelques repères :
Oui, l’arbuste est banal huit mois sur douze. Mais entre novembre et mars, quand le jardin se vide, il porte le regard à lui seul — au même titre qu’un callicarpa couvert de baies violettes ou qu’un liquidambar en fin de saison. Pour tout ce qui touche à sa plantation et à sa conduite, référez-vous à la fiche complète sur le noisetier commun.

L’astuce à retenir : les chatons formés maintenant s’ouvriront en or dès que le thermomètre dépassera 8 à 10 °C.
Oui, mais peu et de petit calibre, souvent cachées dans le lacis de branches. Les écureuils les trouvent généralement avant vous.
Ce sont des rejets issus du porte-greffe, un noisetier commun. Ils poussent plus vite que la variété tordue et finissent par l’étouffer si on les laisse.
Le noisetier fournit du pollen — pas de nectar — lors des redoux de février, une ressource rare à cette période pour les colonies qui redémarrent.
Oui, dans un bac d’au moins 50 cm de côté. Sa croissance lente et sa silhouette graphique en font un bon sujet isolé, spectaculaire une fois les feuilles tombées.
Sous la responsabilité de Rodolphe Decroix, directeur de la publication.