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Pommiers anciens : des plantes qui font de la résistance !

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La sélection des variétés fruitières s’est orientée dans l’après-guerre exclusivement en faveur du rendement, de la conservation, de la coloration du fruit et de l’adaptabilité de l’arbre à des milieux variés.

On pensait pouvoir agir efficacement contre les maladies grâce à la chimie, mais la nature en décida autrement…

1- La sélection variétale, une longue histoire

Jusque dans les années quarante, la production fruitière française ne faisait pas l’objet d’une culture spécialisée hormis pour le pêcher dans le Limousin et les Pyrénées. Les éleveurs et agriculteurs possédaient quelques arbres du terroir pour séparer les champs et vendaient leurs récoltes comme revenu d’appoint. Les introductions d’une région ou d’un pays à l’autre n’étaient cependant pas négligeables.

La pénurie d’après-guerre

La pénurie d’après-guerre apporta un élan nouveau à la production fruitière qui se calqua sur le modèle américain orienté vers une production intensive.

  • culture intensive pommierElle se limitait à quelques variétés à fort rendement, de bonne conservation et adaptables à tous les sols et climats.
  • Une coloration attractive des fruits primait sur la saveur.
  • Peu importait le degré de résistance aux maladies de l’arbre du moment que les traitements chimiques étaient capables de résoudre le problème !

Bilan de cette production intensive

  • Trente ans après, les ravageurs et maladies se sont multipliés et sont devenus résistants aux traitements phytosanitaires.
  • Une course contre la montre s’est ainsi engagée pour donner naissance à de nouvelles molécules, sans se soucier de l’impact qu’elles pouvaient avoir sur notre santé.

Des tests sur le rat déterminant la dose létale étaient bien sûr pratiqués. Ils indiquent le minimum de produit ingéré ayant entraîné 50% de mortalité chez une population de rat. Malheureusement ce seuil ne tenait pas compte des dégâts sur l’organisme humain (pourtant connus comme l’a révélé en 1962 Rachel Carson dans son ouvrage Un printemps silencieux), sur la faune et la flore environnante et encore moins sur ce qu’entraîne l’ingestion d’un cocktail de molécules de plus en plus complexe !

Le virage des années 70

Vers les années 70, la sélection opère un virage et s’intéresse aux variétés résistantes aux maladies avec pour principal objectif de diminuer les coûts de production !

  • En vu d’hybridations, on part à la recherche des variétés anciennes présentant une résistance notable aux parasites. Il s’agit cependant d’un travail de longue haleine. En effet, un arbre élevé en haute tige présente moins de risques de contamination qu’une conduite moderne en haie fruitière.

2- Les variétés anciennes plus robustes ?

Des constats mitigés

  • pommier ancien resistant à la tavelureIl existe bel et bien des pommiers anciens plus tolérants. Par exemple, les pommes ‘Le Coudic’, ‘Api Double Rose’ résistent bien à la tavelure du pommier. Ceci n’empêche pas d’autres variétés anciennes comme ‘Belle Fleur Jaune’ d’y être très sensibles.
  • On constate cependant que la cloque du pêcher se montre beaucoup moins virulente sur les variétés anciennes de pêchers que sur les modernes. Même si l’attaque est visible, les feuilles se renouvellent presque aussitôt ou ne sont affectées que partiellement.

Une floraison étalée comme atout

  • pommier ancien floraisonLes floraisons des variétés anciennes de pommiers et poiriers s’étalent sur plus d’un mois et demi contrairement à celles des variétés modernes. Les bourgeons peuvent même éclore de manière échelonnée au sein du même arbre comme chez ‘Pomme d’Anis’ ou ‘Reinette d’Or’. En conséquence, les dégâts induits par les gels tardifs sont considérablement réduits. Face au dérèglement climatique, ce point est sans doute important à considérer.

3- Les efforts des Conservatoires de fruitiers

nouvelle variété pommier résistante aux maladies

Pomme topaz, plus résistante à la tavelure

Les conservatoires de fruitiers s’efforcent aujourd’hui de diffuser des variétés anciennes intéressantes en fonction du terroir. Ils sont souvent relayés par les jardineries.

Cependant il ne faut pas pour autant bouder les nouvelles variétés résistantes notamment à la tavelure et adaptées aux goûts du jour : ‘Ariane’, ‘Topaz’, ‘Ariwa’, ‘Liberty’ (aussi résistant à l’oïdium), ‘Galarina’ (résistant aussi au puceron cendré), ‘Akane’, ‘Melrose’, ‘Florina’…

Ainsi la pomme Ariane reçoit 50% moins de traitements que les autres pommes du commerce.

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©ivonnewierink, ©elenathewise, ©DavidMark, ©MichelViard, ©©AGEphotography


Écrit par Eva Deuffic | Eva est une passionnée de jardins et de jardinage et c'est avec sa plume qu'elle nous emporte et nous fait rêver.
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