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Olivier en hiver : rusticité, protection et conseils d’hivernage

Olivier en hiver

Contrairement aux idées reçues, ce dont souffre le plus l’olivier n’est pas le froid mais l’humidité. Dans de bonnes conditions de froid et d’air sec, l’olivier a une rusticité de l’ordre de -15 à -18°. Mais si l’on mêle ce froid à l’eau et à l’humidité, alors, rien ne va plus.

L’humidité, principal danger en hiver

  • En hiver, l’olivier supporte assez bien le froid si l’air est sec et si ses racines ne baignent pas dans l’eau.
  • Le problème, c’est que le froid + l’humidité combinent plusieurs effets défavorables : asphyxie des racines (sol saturé), ralentissement de l’activité (l’arbre “boit” peu), et bois plus vulnérable au gel lorsque la sève et les tissus sont gorgés d’eau.
  • C’est pour cela qu’un olivier peut tenir -10 °C sans broncher dans un hiver sec, mais souffrir à -5 °C dans un hiver froid et détrempé.

Comment protéger un olivier en hiver

Votre olivier est en terre :

Si vous habitez les régions méridionales, vous ne devriez pas vous faire de souci : un olivier bien installé en pleine terre résistera normalement sans problème aux conditions hivernales, surtout si le sol est drainant.

En revanche, si vous habitez au nord de la Loire et/ou dans une région où il pleut beaucoup en hiver, il va falloir prendre quelques mesures. L’objectif est simple : garder les racines au sec, protéger le collet, et limiter les coups de froid humides.

  • Créer une pente au pied : avec de la terre, formez une légère butte ou une pente qui éloigne l’eau de pluie du tronc et du collet.
  • Évacuer l’eau au plus loin : si votre terrain retient l’eau, aménagez une petite rigole ou un drainage de surface pour que l’eau ne stagne pas près des racines.
  • Pailler le pied : un paillage épais (feuilles mortes, paille, broyat) protège des variations de température et limite le gel superficiel. Évitez de coller le paillis au tronc : laissez 5 à 10 cm libres autour du collet.
  • Protéger du vent : un olivier jeune peut souffrir d’un vent froid et desséchant. Une haie, un brise-vent ou une canisse côté nord peut faire la différence.

Olivier en extérieur : froid, gel, neige et protection

En pleine terre, la protection vise surtout à limiter l’eau stagnante et les vents froids, plus que “l’enfermer”.

Cas à part : jeune olivier ou hiver très rude

  • Voile d’hivernage : utile lors des périodes de gel, mais à poser “en aération” (sur arceaux ou tuteurage), pas plaqué sur le feuillage.
  • Protection du tronc : sur un jeune sujet, une protection légère du tronc (type manchon respirant) peut limiter les dégâts lors d’un gel intense et prolongé.

Votre olivier est en pot :

En pot, l’olivier est plus fragile : la motte refroidit vite et le substrat peut rester humide longtemps. Là encore, l’ennemi n°1 est l’eau froide qui stagne.

Si vous habitez une région méridionale :

  • Placer l’olivier au soleil, à l’abri des vents dominants si possible.
  • Arroser uniquement si la terre est complètement sèche, et de manière limitée.
  • Vérifier l’écoulement : soucoupe et cache-pot sont à éviter en hiver (eau stagnante = racines qui pourrissent).

Si vous vivez plus au nord :

  • L’idéal : installer le pot dans un lieu frais et lumineux, mais hors gel (serre froide lumineuse, véranda non chauffée, garage lumineux, abri aéré).
  • Limiter l’humidité : surélevez le pot (cales, pieds) pour que l’eau s’évacue, et placez-le sous un auvent ou près d’un mur abrité de la pluie.

Si vous ne pouvez pas rentrer votre olivier :

  • Ne rentrez jamais votre olivier à l’intérieur (salon, pièce chauffée) en hiver : air trop chaud et trop sec, manque de lumière, stress important.
  • Dehors, rapprochez-le d’une baie vitrée ou d’un mur exposé au sud pour qu’il profite d’un microclimat plus doux.
  • Pailler le dessus du pot pour protéger la motte du froid (paille, feuilles, copeaux).
  • Isoler le contenant : emmitouflez le pot (carton épais, toile de jute, voile, papier bulle à l’extérieur avec une couche respirante par-dessus). L’objectif est de limiter le gel de la motte.
  • Éviter que le pot ne prenne l’eau : placez-le sous abri, ou protégez le dessus du pot en laissant toutefois respirer le substrat (ne pas “bâcher” hermétiquement).
  • Coiffer d’un voile d’hivernage en le tenant à distance du feuillage (arceaux, tuteurs), pour éviter la condensation et l’humidité piégée.
  • Arroser le strict minimum : uniquement si le substrat est sec en profondeur, et toujours hors période de gel.

Olivier en hiver : protection en pot

En pot, on protège surtout la motte et on évite la pluie directe, sans étouffer le feuillage.

Après un coup de froid : que faire au printemps ?

  • Patience : attendez la reprise (mars-avril selon régions) avant de juger l’état réel de l’arbre. Les dégâts se voient parfois tardivement.
  • Pas de taille immédiate : on élimine d’abord le bois clairement mort au printemps, puis on affine plus tard si nécessaire.
  • Surveillance du drainage : si vous constatez des feuilles qui jaunissent et tombent en masse, un substrat détrempé et une odeur de “terre fermentée”, suspectez un excès d’eau plutôt qu’un simple froid.

Conseils du jardinier – FAQ

  • À partir de quelle température l’olivier gèle-t-il ?
    En air sec et sur un arbre bien installé, il peut supporter ponctuellement des températures autour de -10 °C, parfois plus bas selon les variétés et la durée du froid. Le risque augmente fortement lorsque le froid s’installe durablement et que l’humidité est élevée.
  • Faut-il arroser un olivier en pot en hiver ?
    Oui, mais très peu. On arrose seulement si la motte est sèche, et jamais juste avant ou pendant une période de gel.
  • Le voile d’hivernage suffit-il ?
    Il aide surtout à limiter le froid sur le feuillage, mais il ne remplace pas la protection de la motte (en pot) ni l’amélioration du drainage (en pleine terre). Et il doit être posé sans contact direct prolongé avec les feuilles pour éviter la condensation.
  • Mon olivier perd des feuilles en hiver, est-ce normal ?
    Une légère chute peut arriver (stress, vent, variations). En revanche, une chute importante associée à un substrat humide et froid peut indiquer une asphyxie racinaire.

©Nadtochiy


Écrit par Jardiner Malin | La rédaction vous propose des conseils d'experts, une approche respectueuse de la nature, de beaux jardins et un potager fait de bons petits légumes cultivés au fil des saisons.