frelon asiatique

La légende raconte que le frelon asiatique est apparu dans le Lot-et-Garonne caché dans un chargement de poteries chinoises ou dissimulé dans du bois d’Asie acheminé par bateau en 2004.

Cette histoire est sans certitude et divise. Ce qui est certain c’est que le frelon asiatique a gagné la France et s’y est parfaitement adapté.

Enquête sur un redoutable prédateur qui pourrait bien déséquilibrer l’écosystème…

Reconnaître le frelon asiatique

  • Le frelon asiatique ou Vespa velutina mesure entre 2, 5 cm et 3 cm contrairement au frelon européen qui est beaucoup plus gros (4 cm).
  • Le frelon asiatique est actif de fin mars à décembre selon le temps. Il craint le froid, et la pluie l’empêche de voler.
  • Tête orange, front noir, thorax brun et velu. Son abdomen se compose de segments abdominaux bruns bordés d’une fine bande jaune avec un seul segment jaune orangé. Le bout de ses pattes est jaune.
  • Il possède deux paires d’ailes décollées qui lui permettent de faire « du sur place » sans se fatiguer. Cette technique ingénieuse de vol est redoutable pour chasser.
  • Son nid ressemble à une montgolfière. Il peut atteindre 60 à 90 cm de hauteur et 40 à 70 cm de diamètre. Située près d’un point d’eau permanent, sa population peut atteindre entre 10 000 et 18 000 individus.

Reproduction du frelon asiatique

  • Fécondées par les mâles, les reines stockent les spermatozoïdes dans une poche appelée « spermathèque ».
  • Les reines pondent des œufs fécondés qui donnent naissance à des femelles.
  • Lorsqu’elles n’ont plus de spermatozoïdes en réserve, elles pondent des œufs non fécondés qui deviendront des mâles.

Cycle de vie du frelon asiatique

  • Au printemps, la reine ou femelle fondatrice sort de son hibernation.
  • Elle fabrique un nid primaire de la taille d’une balle de ping-pong avec du bois qu’elle déroule et modèle avec sa salive. Ce nid s’élabore par étape, car elle construit un début d’alvéole chaque jour pour y pondre un œuf.
  • Les œufs donnent naissance à des larves que la reine doit nourrir avec des protéines.
  • Il faut trois semaines à une larve pour atteindre sa taille maximale. Elle tisse alors un cocon autour d’elle pour se transformer en une nymphe. Trois semaines plus tard, un frelon naîtra en sortant de son cocon avec ses mandibules.
  • Les premières naissances sont des ouvrières.
  • Progressivement, la reine délègue et supervise pour se consacrer uniquement à la ponte.
  • À la fin de l’été, la reine pond les premiers mâles et les futures reines.
  • Au début de l’hiver, les reines fécondées quittent le nid et vont se cacher (tas de bois, cachette dans le sol…) en attendant le printemps suivant.

Le rôle essentiel des ouvrières :

Contrairement à la reine qui vit une année, les ouvrières ont une espérance de vie de 20 à 30 jours, car elles sont exposées à une multitude de dangers. Leur rôle est primordial.

  • Elles doivent chasser pour nourrir le couvain (œufs, larves et chrysalide).
  • Trouver de l’eau.
  • Entretenir, agrandir et défendre le nid.

Régime alimentaire du frelon asiatique :

  • 80 % d’abeilles pour les protéines nécessaires à leurs besoins énergétiques. En complément, des chenilles, des mouches, des papillons et des araignées.
  • Des fruits mûrs pour un apport en glucides, primordial pour l’élevage du couvain.

Le frelon asiatique, un redoutable prédateur pour les abeilles

  • Grâce à ses deux paires d’ailes décollées, le frelon asiatique peut guetter et atteindre ses proies en vol stationnaire. Cette technique lui permet de capturer facilement les abeilles qui butinent. Si vous possédez de la lavande dans votre jardin, vous pourrez aisément observer une partie de chasse.
  • De la même manière, les frelons asiatiques se postent devant les ruches. Stressées, les abeilles cessent de se nourrir et la colonie s’affaiblit et développe des maladies. Cinq frelons suffisent pour condamner une ruche. Ils prélèvent les ouvrières, puis rentrent dans la ruche pour manger les abeilles restantes et les larves. Le thorax des abeilles est découpé pour être rapporté dans le nid et nourrir les larves.
  • En s’attaquant autant aux abeilles, le frelon asiatique déséquilibre tout l’écosystème. Savez-vous que l’abeille est le seul insecte à polliniser les orchidées. Ce n’est qu’un exemple qui montre qu’elle est indispensable à notre survie.

À noter que le frelon asiatique fait des ravages dans les vergers, car il se nourrit également de fruits mûrs.

Les prédateurs du frelon asiatiques :

Son principal prédateur est resté en Asie et il faut espérer que jamais il ne se propage en France.

  • Il s’agit du redoutable frelon Vespa Mandarina. Ce géant peut mesurer 4 cm de long avec une envergure de 8 cm et il se régale de miel. Il est capable de manger 300 abeilles en une heure. Ses mandibules sont tranchantes et son venin est capable de brûler la chair humaine. Il s’est révélé mortel dans de nombreux cas.
  • Les mésanges, les pics verts et les geais mangent les larves des frelons asiatiques.

Frelon asiatique et dangers pour l’homme

Le frelon asiatique n’attaque pas l’homme, il est plutôt fuyant. Il représente un danger si vous approchez de son nid. Il attaquera alors en rafales avec acharnement jusqu’à votre éloignement.

  • Attention si vous vous faites piquer plusieurs fois ou si vous êtes allergique à son venin (venin hyménoptère).
  • Sa piqûre est douloureuse.
  • Son dard ne tombe pas, il peut donc piquer tant que sa poche à venin se remplit.
  • Possibilité de choc anaphylactique

Il faut appeler les pompiers en cas de difficultés à respirer ou de malaises.

  • Pour se soulager, laver et désinfecter, puis poser un glaçon à l’endroit de la piqûre.
  • Retirer bagues et bracelets si la piqûre a eu lieu sur une main ou un bras.
  • Prendre du paracétamol si il ne vous est pas contre-indiqué.

Supprimer un nid de frelons asiatique

nid de frelon asiatiqueNe chercher pas à supprimer un nid de frelons asiatiques, c’est très dangereux. C’est l’une des seules raisons qui les poussent à devenir agressifs. Contactez une entreprise ou les pompiers mais leur intervention peut vous être facturée si le nid ne présente pas un danger direct.

  • La capture par piégeage des reines (de février à mai) est la meilleure solution, mais les échecs sont nombreux.
  • La destruction du nid limite la propagation de l’espèce.

Àméditer : « Qui s’y frotte s’y pique » Louis XI

L.D.


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