Vous connaissez certainement la mésange charbonnière (Parus major), ce passereau peu farouche qui investit facilement les mangeoires en hiver et les nichoirs au printemps ? Avec son plumage noir, jaune et vert olive, ce petit oiseau agile est aussi un allié précieux du jardinier. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce compagnon à plumes.
Parmi la grande famille des mésanges, la charbonnière est la plus grande et l’une des plus communes. Son envergure varie de 23 à 26 cm pour un poids entre 14 et 22 g. Elle est reconnaissable à son ventre jaune vif traversé d’une bande noire verticale, plus épaisse chez le mâle, ainsi qu’à sa tête noire et ses joues blanches contrastées.
Le dos vert olive et les ailes bleutées complètent ce plumage élégant. Très expressive, elle émet des cris aigus et des chants variés, utilisés pour communiquer, séduire ou défendre son territoire.
La mésange charbonnière est l’un des passereaux les plus intelligents et adaptables d’Europe. Des études ont démontré qu’elle pouvait résoudre des problèmes complexes, reconnaître des individus, adapter ses techniques de chasse selon les saisons, et même utiliser des outils rudimentaires pour accéder à de la nourriture difficile d’accès.
La mésange charbonnière est un oiseau résident, qui ne migre pas. Elle reste donc présente toute l’année dans nos jardins, forêts, parcs et vergers. Très adaptable, elle colonise aussi les zones urbaines et rurales. On la voit souvent en compagnie d’autres espèces comme la mésange bleue, la sittelle torchepot ou encore le rouge-gorge.
Hors période de reproduction, elle peut former de petits groupes mixtes. Mais au printemps, la mésange devient territoriale. Les couples se forment dès la fin de l’hiver, parfois dès janvier, et défendent vigoureusement leur zone de nidification.
C’est un oiseau cavernicole : elle niche volontiers dans des cavités naturelles, mais accepte très bien les nichoirs artificiels. Le nid est construit par la femelle avec de la mousse, des plumes, des poils, et parfois du fil ou des morceaux de tissu trouvés dans l’environnement.
La ponte comprend entre 5 et 11 œufs, couvés pendant deux semaines. Les oisillons sont nourris intensément pendant environ 3 semaines, avec une quantité impressionnante d’insectes ramenés chaque jour. Deux couvées sont souvent observées chaque année.
Ce petit passereau a un régime alimentaire opportuniste. Au printemps et en été, elle se nourrit principalement d’insectes, de larves, de chenilles, de pucerons et autres invertébrés. Elle chasse en sautillant dans les branches, ou en volant entre les feuillages pour capturer ses proies, parfois dans des positions très acrobatiques.
En hiver, quand les insectes se font rares, elle devient granivore. Elle consomme alors des graines, des baies, des fruits secs ou frais, et fréquente volontiers les mangeoires garnies de tournesol, boules de graisse, ou de cacahuètes non salées.
La mésange charbonnière est une alliée naturelle du jardinier. Elle consomme en masse des ravageurs comme les noctuelles, les chenilles défoliatrices, les pucerons, les psylles, ou encore les tenthrèdes.
Un couple de mésanges peut capturer jusqu’à 500 insectes par jour pour nourrir sa nichée. Elle participe donc activement à la régulation naturelle des populations de parasites dans un jardin ou un verger.
Elle dort dans des cavités naturelles, des nichoirs ou des recoins abrités (boîtes aux lettres, volets). Elle cherche un endroit protégé du froid et du vent.
Non, c’est un oiseau sédentaire. Elle reste sur le même territoire toute l’année, même en hiver, à condition de trouver suffisamment de nourriture.
Oui, elle fréquente souvent les mangeoires avec d’autres mésanges, sittelles, moineaux ou pinsons. Toutefois, elle peut devenir dominante si la nourriture est limitée.
Non, elle est encore bien présente en Europe. Mais la raréfaction des insectes, l’usage de pesticides, et la disparition des haies peuvent affecter sa population à long terme.
Elle peut s’habituer à la présence humaine et venir très près, surtout en hiver. Mais c’est un oiseau sauvage, il ne doit pas être domestiqué.
Nettoyez les nichoirs chaque année à l’automne pour limiter les parasites. Évitez de tailler les haies en période de nidification (mars à juillet) pour ne pas déranger les couvées en cours.
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