12 arbres et arbustes particulièrement mellifères à adopter d’urgence
Aussi décoratives qu’utiles, les essences mellifères sont le fief des insectes pollinisateurs. Ces belles fleurs gorgées de pollen et de nectar participent à la reproduction d’une grande partie des plantes à fleurs. Installer des arbres, arbustes et fruitiers mellifères au jardin, c’est donc agir concrètement pour la biodiversité, tout en profitant d’une floraison souvent spectaculaire. Voici une sélection d’essences mellifères attractives pour les butineurs, à intégrer au jardin, dans une haie, un verger, un massif, ou même en grand bac sur une terrasse.
Des essences mellifères et décoratives
Les plantes mellifères sont des essences attractives pour les insectes pollinisateurs, produisant de bonnes quantités de nectar et de pollen. Souvent, leurs fleurs sont volumineuses ou odorantes, et elles constituent de belles plantes d’ornement pour le jardin. Elles peuvent être installées dans un massif, accompagnées de vivaces et de graminées, en isolé, au sein d’une haie, sur un balcon ou dans un verger pour les fruitiers. Autrement dit, vous leur trouverez forcément une place et aurez tout le loisir d’observer les abeilles, bourdons et syrphes se nourrir et butiner.
Conseil de composition. Pour maximiser l’intérêt mellifère, associez une floraison très précoce (noisetier, saule marsault, amandier) avec des floraisons de fin de printemps (robinier, tilleul) et des floraisons tardives (arbousier, arbre à miel). Ainsi, votre jardin reste nourricier sur une longue période.
Arbres mellifères
Saule marsault :
Chatons précoces du saule marsault : une ressource majeure en fin d’hiver.
Hauteur : 2 m à 3 m.
Feuillage : feuilles caduques étroites lancéolées, vert pâle au-dessus et grises au-dessous.
Floraison : de février à avril, inflorescences en chatons argentés recouverts de poils, laissant apparaître de toutes petites fleurs jaunes.
Emplacement : isolé ou en fond de massif.
Intérêt mellifère : l’un des meilleurs « démarreurs » de saison. Il apporte pollen et nectar quand les colonies reprennent leur activité après l’hiver.
Conseil jardin : si vous disposez d’un sol frais, c’est un excellent choix. Il supporte bien les terres humides, ce qui en fait aussi une bonne essence pour les zones du jardin plus arrosées.
Floraison odorante du robinier : une source de nectar très recherchée.
Hauteur : 15 m.
Feuillage : feuilles caduques composées d’une quinzaine de folioles ovales d’un vert lumineux.
Floraison : fleurs blanches en grappes odorantes en mai-juin, dont le nectar attire les abeilles et les autres pollinisateurs.
Emplacement : isolé, en bosquet ou en bac sur une terrasse ou un balcon.
Intérêt mellifère : très mellifère en nectar. Dans certaines régions, il donne un miel clair et parfumé très apprécié.
À anticiper : c’est un arbre vigoureux, mieux adapté aux jardins ayant de l’espace. Il peut drageonner selon les conditions, d’où l’intérêt de surveiller les rejets.
Sophora : une floraison estivale utile quand d’autres essences marquent une pause.
Hauteur : 20 m à 25 m.
Feuillage : assez semblable à celui du Robinia pseudo acacia, sauf que l’extrémité des folioles du Sophora est pointue. À l’automne, les feuilles passent du vert au jaune.
Floraison : en grappes de fleurs blanc crème de 30 cm très mellifères, en juillet-août.
Emplacement : isolé, en bosquet.
Intérêt mellifère : sa floraison en plein été est précieuse, car certaines périodes estivales peuvent être pauvres en nectar selon les régions.
Conseil jardin : prévoyez de la place. Son port devient majestueux avec l’âge et il structure le jardin en donnant de l’ombre.
Le tilleul en fleurs : une des grandes miellées de début d’été.
Hauteur : 15 m à 40 m selon les variétés.
Feuillage : caduc, de forme arrondie au bout pointu et aux bords légèrement dentés. Vert au printemps, il devient jaune à l’automne.
Floraison : petites fleurs en cimes jaunes ou blanches, odorantes, en juin-juillet, source de nectar de choix pour les pollinisateurs. Attention à ne pas choisir le tilleul argenté dont le nectar est toxique !
Emplacement : isolé, alignement.
Intérêt mellifère : très riche en nectar, il attire massivement abeilles et bourdons lors de la floraison. Son parfum est aussi très agréable près de la maison.
Conseil jardin : c’est un arbre de grande envergure. Dans un petit jardin, privilégiez une variété de développement plus modéré, ou plantez-le en lieu dégagé.
À noter. Cette sélection compte ici une essence « bonus » (l’arbre à miel), tant elle est réputée. L’objectif reste le même : offrir des fleurs nourricières le plus longtemps possible dans l’année.
Fruitiers mellifères
Amandier :
Amandier : une floraison très précoce, précieuse à la sortie de l’hiver.
Hauteur : 6 m à 8 m.
Feuillage : feuilles caduques, vert clair, alternes, allongées et pointues au bout.
Floraison : fleurs précoces apparaissant en février-mars, abondantes, blanches ou roses.
Emplacement : isolé, verger, en bac sur un balcon ou une terrasse.
Intérêt mellifère : floraison très précoce, utile lorsque les ressources sont encore limitées. Il apporte aussi un attrait ornemental fort au jardin.
Conseil jardin : dans les régions aux gelées tardives, protégez si possible les jeunes sujets ou installez-les en situation abritée, car la floraison peut souffrir d’un froid brutal.
Noisetier : des chatons riches en pollen, très utiles en fin d’hiver.
Hauteur : 2 m à 5 m.
Feuillage : feuillage caduc nervuré, denté et vert moyen.
Floraison : fleurs mâles en chatons jaunes très riches en pollen, petites fleurs femelles en petits bourgeons avec des stigmates rouges. Floraison de janvier à mars.
Emplacement : isolé, haie, verger.
Intérêt mellifère : surtout intéressant pour le pollen, ressource indispensable au redémarrage des colonies au sortir de l’hiver.
Conseil jardin : très facile, il s’intègre dans une haie champêtre. Il sert aussi d’abri à la petite faune et à de nombreux oiseaux.
Framboisier : des fleurs généreuses, très attractives pour les butineurs.
Hauteur : 0,60 m à 2 m.
Feuillage : feuille composée de 5 à 7 folioles dentées et nervurées. Elle est vert clair à moyen au recto, blanchâtre au verso.
Floraison : fleurs en panicules blanches en avril-mai et en juillet-août, attractives pour les pollinisateurs.
Emplacement : haie variée, verger, fond de massif, isolé.
Intérêt mellifère : utile sur une longue durée si vous cultivez plusieurs variétés, dont des remontantes. Les fleurs se renouvellent et soutiennent les insectes.
Conseil jardin : installez-le au soleil non brûlant, en sol frais. Un paillage aide à maintenir l’humidité et favorise une floraison régulière.
Arbousier : floraison tardive et fruits décoratifs, très utiles dans un jardin nourricier.
Hauteur : 2 m à 10 m.
Feuillage : feuilles persistantes, vert foncé, dentées et brillantes.
Floraison : fleurs en même temps que les fruits. Les inflorescences ressemblent à celles des bruyères, blanches ou roses, attractives pour les abeilles.
Emplacement : haie, isolé, bosquet ou en bac sur un balcon ou une terrasse.
Intérêt mellifère : floraison tardive souvent en automne. Elle soutient les pollinisateurs quand beaucoup d’autres ressources ont disparu.
Conseil jardin : parfait en climat doux, et très intéressant en haie variée. Il combine intérêt mellifère, décoratif et gourmand (fruits selon maturité et usage).
Comment choisir des plantes mellifères vraiment utiles ? Visez une succession de floraisons : noisetier, saule et amandier pour la fin d’hiver. Puis robinier, prunus et tilleul au printemps. Enfin sophora, arbre à miel et arbousier pour l’été et l’automne.
Peut-on planter des essences mellifères en petit jardin ? Oui. Privilégiez des arbustes (mahonia, laurier tin, arbousier) et des petits fruitiers (framboisier), ou des variétés moins vigoureuses. En bac, certaines essences peuvent aussi se cultiver, à condition d’arroser régulièrement.
Faut-il éviter les pesticides si l’on plante mellifère ? Oui. Même en usage ponctuel, les traitements peuvent impacter les pollinisateurs. Préférez des solutions préventives, la diversité végétale, et des interventions ciblées hors floraison si nécessaire.
Pourquoi voit-on beaucoup d’abeilles sur une plante et presque aucune sur une autre ? Selon les espèces, la fleur produit surtout du nectar ou surtout du pollen. La météo, l’heure de la journée, et la concurrence des floraisons autour peuvent aussi modifier l’attractivité.