Vous arrosez consciencieusement. Deux fois par semaine, un bon volume au pied. Et pourtant les feuilles de vos courgettes jaunissent, se ramollissent, pendouillent en fin de journée. Le réflexe ? Arroser encore plus. Mauvaise pioche.
Regardez de plus près : si les nervures restent bien vertes alors que le reste de la feuille vire au jaune pâle, ce n’est pas une question d’eau. C’est une carence.
Le coupable le plus fréquent en plein été, c’est le manque de magnésium. Un élément dont la courgette raffole, au même titre que le melon ou la pastèque, tous de gros consommateurs.
Le signe est très caractéristique. Le jaunissement démarre entre les nervures, qui elles restent vertes bien nettes.
On appelle ça la chlorose — un jaunissement de la feuille pendant que les petites veines gardent leur couleur. Et ça commence toujours par les feuilles du bas, les plus vieilles.
Pourquoi le bas d’abord ? Parce que quand le magnésium vient à manquer, la plante le prélève dans ses vieilles feuilles pour nourrir les jeunes pousses.
Elle se sacrifie par étages. En pleine production, une courgette qui fabrique des fruits sans relâche épuise ses réserves à toute vitesse.
Sur le moment, non. Une ou deux feuilles basses jaunes ne condamnent rien.
Mais si vous laissez filer, la carence remonte progressivement vers le haut du pied. Moins de feuilles vertes fonctionnelles, c’est moins de photosynthèse, donc des fruits qui grossissent mal et une plante qui s’essouffle. Vous risquez alors de confondre avec d’autres soucis, comme une courgette qui ne donne plus rien.
Le vrai piège, c’est de mal diagnostiquer. Un jaunissement uniforme de toute la feuille, nervures comprises, pointe plutôt vers un excès d’eau ou un manque d’azote.
Le jaunissement entre les nervures, lui, signe le magnésium. Prenez trente secondes pour observer avant d’agir.
La réponse rapide passe par une pulvérisation foliaire de sulfate de magnésium, aussi appelé sel d’Epsom. Les feuilles l’absorbent directement, l’effet se voit en quelques jours.
Oui, la double action foliaire + sol demande un peu d’organisation. Mais la différence est visible en une semaine : les jeunes feuilles reverdissent et la plante repart. Pensez aussi à pailler le pied pour stabiliser l’humidité et éviter le lessivage des minéraux par les arrosages.
Avant de conclure au magnésium, écartez les faux jumeaux. Chacun a sa signature.
Un dernier point souvent négligé : trop de potassium au sol bloque l’absorption du magnésium, même quand il est présent. Si vous avez forcé sur un engrais riche en potasse pour booster les fruits, vous avez peut-être créé la carence vous-même.
Levez le pied sur les apports jusqu’à ce que le feuillage se stabilise.

L’astuce à retenir : Nervures vertes et reste jaune sur les feuilles basses = manque de magnésium, pas d’eau.
Oui, c’est le même produit, du sulfate de magnésium pur. Vérifiez juste qu’il ne contient aucun additif ni parfum.
Retirez seulement celles qui sont totalement jaunes ou desséchées. Les feuilles encore partiellement vertes continuent de nourrir la plante.
Une pulvérisation, puis une seconde 10 jours après si besoin. Inutile d’insister davantage, l’excès ne sert à rien.
Enrichissez le sol au printemps avec du compost et un engrais contenant du magnésium, et paillez pour limiter le lessivage des minéraux.