Des taches jaunâtres, un peu huileuses, qui apparaissent sur le dessus des feuilles de vos courges. Et dessous, en retournant la feuille tôt le matin, un fin duvet grisâtre.
Voilà le premier signe. À ce stade, vous avez encore une fenêtre pour agir — mais elle se referme vite.
Le mildiou de la courge avance par temps chaud et humide, et il ne pardonne pas l’attentisme.
Tout commence par des taches jaunes pâles sur la face supérieure des feuilles, délimitées par les nervures. Elles forment souvent des angles, comme des petits carrés irréguliers.
Retournez la feuille. C’est là que tout se joue.
Au dos, sous chaque tache, un feutrage gris-violacé apparaît par temps humide — surtout visible le matin, quand la rosée n’est pas encore évaporée. Ce duvet, ce sont les spores qui se préparent à coloniser le reste du pied.
Ne confondez pas avec l’oïdium, qui forme lui un feutrage blanc poudreux sur le dessus des feuilles. Le mildiou attaque par en dessous et provoque un jaunissement net. Les deux peuvent d’ailleurs cohabiter sur un même pied en été.
Le mildiou raffole de la combinaison chaleur + humidité. Des nuits au-dessus de 15°C, de la rosée matinale, un feuillage dense qui sèche mal : le terrain parfait.
En ce moment, les pieds de courge ont atteint leur pleine masse foliaire. Les feuilles se touchent, l’air circule mal, l’humidité stagne. C’est exactement ce que cherche cet organisme proche des phytophthoras — pas un vrai champignon, mais un oomycète qui a besoin d’eau libre sur la feuille pour germer.
Une seule nuit humide peut suffire. C’est pour ça qu’attendre « de voir comment ça évolue » est une erreur.
En 8 à 10 jours, un pied sain peut se retrouver entièrement nécrosé, feuilles brunes et sèches, plus aucune production possible.
Agissez en deux temps : enlever ce qui est atteint, puis protéger le reste.
Le soufre est une bonne option préventive et de contact. Un Spray Anti-Maladies des Feuilles au soufre bio facilite l’application sur les feuilles déjà installées. Côté cuivre, la bouillie bordelaise reste efficace mais s’utilise avec modération.
En préventif, la décoction de prêle renforce les tissus et limite les attaques. Oui, c’est un peu fastidieux à préparer. Mais sur un potager dense, la différence se voit en quelques semaines.
Le mildiou de la courge ne s’arrête pas à un seul pied. Les spores voyagent avec le vent et les éclaboussures d’eau, et peuvent rejoindre vos courgettes, potirons et même certaines voisines sensibles.
Pour la prochaine saison, misez sur des variétés plus résistantes. Le potimarron ‘Red Kuri’ et la courge musquée ‘Butternut Waltham’ tiennent mieux que les courges classiques, sans être invincibles.
Espacez-les d’au moins 1 mètre, voire 1,20 m pour les variétés coureuses.
Un paillage au pied évite que la pluie ne projette les spores du sol vers les feuilles basses. Et pensez à la rotation : ne replantez pas de cucurbitacées au même endroit avant 3 ans. Si vos courgettes ralentissent aussi, vérifiez qu’il ne s’agit pas du même problème.

L’astuce à retenir : Coupez les feuilles tachées dès le matin et arrosez toujours au pied, jamais sur le feuillage.
Oui, les fruits restent comestibles tant qu’ils ne sont pas eux-mêmes pourris. Récoltez-les rapidement si le feuillage dépérit, ils ne grossiront plus.
Non, ce sont des espèces de mildiou différentes. Mais les conditions humides qui favorisent l’un favorisent aussi le mildiou de la tomate, à surveiller en parallèle.
Oui, en préventif et en début d’attaque. Respectez les doses car le cuivre s’accumule dans le sol et peut nuire à sa vie microbienne.
Tous les 7 à 10 jours, et systématiquement après une forte pluie qui lessive le produit. Visez toujours le dessous des feuilles.